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Music Mini Review : OST Godzilla, d’Alexandre Desplat (Sony Classical)

Music Mini Review : OST Godzilla, d’Alexandre Desplat (Sony Classical)

Note de l'auteur

OST GodzillaAlexandre Desplat n’est habituellement pas un compositeur de blockbuster. Son truc à lui, c’est plus les films d’auteur et les rares fois où il s’est essayé à l’exercice, ça nous a donné des scores peu inspirés comme celui d’Harry Potter. Bon évidemment, c’est loin d’être un tocard à la Tyler Bates, mais voir le compositeur français associé à un projet balaise comme Godzilla pouvait soulever quelques craintes.

Sauf que ça, c’était avant. Entre temps Desplat a bouffé du dinosaure et il nous sort là probablement le meilleur score de toute sa carrière. Ça foisonne d’idées et c’est incroyablement maîtrisé de bout en bout. Il retrouve même une certaine complexité harmonique qu’il n’avait pas explorée depuis un petit bout de temps. Chaque morceau est un petit bijou où Desplat réussi à la perfection tout ce qu’il aborde, les morceaux d’action (Muto Hatch) comme son thème romantique qui est tout simplement à tomber par terre (The Power Plant). Et si parfois il donne l’impression de donner dans la facilité, ce n’est que pour mieux rebondir sur quelque chose de parfaitement inattendue.

Si on pense parfois à Danny Elfman, à Jerry Goldsmith ou Bernard Hermann, on repère aussi l’ombre d’Igor Stravinsky. Disney ne s’y était pas trompé sur Fantasia. Dès qu’il s’agit de mettre des dinosaures en musique, rien de tel que le Sacre du printemps. Des titres comme The Wave ou Following Godzilla sont littéralement habités par les harmonies du compositeur russe. La palme revenant à Aiport Attack, où Desplat profite d’être passé par Stravinsky pour nous envoyer les voix tant attendues de Ligeti.

Mais l’idée de génie du score (s’il n’en fallait qu’une), c’est d’avoir rendu au monstre son identité japonaise. Le score entier est ponctué par des phrases de Shakuhachi et rythmé par des Taiko. Desplat l’a bien compris, pas question de faire de Godzilla autre chose que le roi des kaijus. Hommage extraordinaire qui prouve de l’incroyable implication du compositeur dans le projet.

Oui, en vérité, Alexandre Desplat a tout donné sur Godzilla, il s’est surpassé et son travail mérite succès et reconnaissance. Si tout va bien, il est fort possible que Desplat se propulse dans la cours des patrons de la musique de film. C’est tout le bien qu’on lui souhaite, surtout s’il nous pond encore des scores de ce niveau-là. Personnellement, je ne serais pas contre un petit Star Trek, car en écoutant le dernier morceau, Back To The Ocean, quelque chose me dit qu’il est fin prêt à aller dans l’espace.

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