Music Mini Review : OST Inside Llewyn Davis (Nonesuch Variete)

Music Mini Review : OST Inside Llewyn Davis (Nonesuch Variete)

Note de l'auteur


Le problème de ce genre de BO, c’est qu’on tombe facilement dans l’exercice de style sans grand intérêt. Alors même si reprendre des morceaux de Dave Van Ronk pouvait sembler être une bonne idée au départ (ne serait-ce que pour le faire découvrir à la « jeune » génération), la production très appliquée de l’ensemble du disque enlève malheureusement un élément pourtant essentiel à la musique folk, l’authenticité. Pourtant toutes les conditions étaient réunies pour livrer un album au plus près des enregistrements de l’époque. Le producteur T-Bone Burnett est un spécialiste du genre et la présence des groupes néo-folk Mumford & Sons et Punch Brothers peut paraître comme un gage de qualité. Mais le souci c’est qu’on a affaire à des musiciens techniquement plus accomplis que la plupart des chanteurs de Greenwich Village, dont la connaissance musicale s’arrêtait souvent à quelques gimmicks et des textes chantés « à l’arrache ». Sans compter que leurs guitares étaient loin d’être flambantes neuves et parfaitement accordées. Tout cela nous donne donc un côté folk « propre sur lui » qui saute aux yeux lorsque l’on écoute le Farewell de Bob Dylan. Un comble pour un film qui parle de loser de se payer un son meilleur que les stars de l’époque.

Mais plus encore que le son, c’est surtout le manque d’authenticité des interprètes qui dérangent. Oscar Isaac a beau faire ce qu’il peut, il ne parvient jamais à retranscrire toute la détresse d’un titre comme Hang Me, Oh Hang Me. La comparaison avec la reprise finale de Dave Von Ronk et sa voix éraillée et flinguée par l’alcool et la drogue, est sans appel. Le premier fait semblant, tandis que l’autre a vécu. Et lorsque l’on n’a que sa trogne et sa vieille guitare en guise d’accompagnement, le vécu est probablement ce qu’il y a de plus important.

 

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