MUSIC MINI REVIEW : OST IT FOLLOWS DE DISASTERPEACE (MILAN MUSIC)

MUSIC MINI REVIEW : OST IT FOLLOWS DE DISASTERPEACE (MILAN MUSIC)

Note de l'auteur

It Follows Soundtrack C’est Disaterpeace, Rich Vreeland de son vrai nom, qu’a choisi David Robert Mitchell en tant que compositeur pour illustrer son film qui fait peur et qui a grandement fait parlé de lui dans un bon paquet de festivals aux quatre coins de la planète. Perso, je n’ai pas encore vu la bête, mais après écoute de cette bande originale, force est de constater qu’en effet, on est dans le glauque. Je suppose que, si les gens de la post-prod ont bien fait leur job, la musique fait corps avec le film et se pose là pour installer le malaise.

Mais au fait, qui est Disasterpeace doudou didon ? Je l’ai pour ma part découvert grâce à son excellent travail sur l’OST du jeu vidéo indé ultra hypé Fez, sorti en 2013. Un univers sonore lo-fi très original, créé avec beaucoup de goût par le monsieur et qui nous gratifiait de passages ambient ponctués de mélodies bien senties.

J’avais donc hâte d’écouter son nouvel effort, qui plus est pour un film.

Eh bien, oublions tout de suite les couleurs vives et chatoyantes de Fez, là on est dans le craspec. Ça rigole pas !

Le nom de John Carpenter est souvent cité pour décrire cette BO et il est vrai qu’on sent bien son influence sur quelques titres comme ce Title en particulier. Là on y entend un thème que le réalisateur/compositeur aurait pu pondre tant l’harmonie et l’ambiance synthétique sont proches de son travail. Et en parlant de thème, profitons-en bien, car ils sont bien rares ici ! L’excellent Pool nous en proposera d’ailleurs un autre, que l’on pourra qualifier de « joyeux » (en gros les guillemets, en gros !) et noyé dans une eau bien sombre.

Disasterpeace

Disasterpeace

Mais pour rester dans les influences, Rich Vreeland avoue que c’est plutôt vers la musique contemporaine expérimentale de John Cage ainsi que de la période atonale et sérielle du Polonais Krzysztof Penderecki qu’il s’est tourné pour faire son score.

Il est tout à fait clair que l’ombre stylistique de ces deux compositeurs plane sur ses morceaux souvent très courts et répétitifs. Mais ici c’est plutôt la matière sonore synthétique qui remplace les instruments classiques comme dans Company, Detritus ou Doppel. On est dérangé par cette ambiance anxiogène et perturbée où des sons viennent tout à coup nous percer les oreilles avec des rythmiques très souvent inexistantes ou réduites à leur plus simple appareil.

Ça fait peeeeuuuur !!

Mais fort heureusement, des titres sympathiques tels que Detroit ou Jay sont là avec leur côté 8-bits et coloré nous rappelant ce bon vieux Fez.

Je préfère te le dire franchement, toi qui lis ces quelques lignes, cette bande originale n’est franchement pas évidente à écouter. Un bon casque audio sur les oreilles et assis bien peinard dans son canapé histoire de se détendre…après écoute de ces 18 morceaux on a mal au ventre, on a la tête en vrac et un malaise bizarre pointe en nous.

La mission de Disasterpeace semble donc être accomplie car cette partition est destinée à un film sombre et dérangeant.

Dur, dur, quand même.

Bon c’est pas tout mais je vais prendre un peu l’air moi. Ce sera bien mérité.

Deux ou trois meurtres, un pipi et au lit !! 

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