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Music Mini Review : OST Jupiter Ascending, de Michael Giacchino (Sony Classical)

Music Mini Review : OST Jupiter Ascending, de Michael Giacchino (Sony Classical)

Note de l'auteur

jupiter-ascending-ost.jpgProverbe du jour : Qui voit les choses en grand finit parfois par trop en faire.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Michael Giacchino a vu les choses en grand sur le score de Jupiter Ascending. En énorme même. Prés de 2 heures de musique, une ouverture en quatre mouvements, un orchestre symphonique au grand complet, des chœurs, des percussions à tire larigot, le gars a mis le paquet et il faut bien avouer que ça envoie du bois.

Rien qu’au son colossal des premières mesures du premier mouvement de Jupiter Ascending, on se dit qu’on est peut-être parti pour le chef d’œuvre tant attendu du compositeur, le truc qui va faire tout basculer. Giacchino donne dans le score épique au foisonnement harmonique impressionnant et joue constamment entre la tension et le dynamisme, le solennel et l’inquiétant.

Malheureusement, en faisant le choix constant de la puissance et de la richesse de son orchestre, il ne parvient pas à palier à une certaine lourdeur typique d’un Howard Shore en mode LOTR. On sort de l’écoute du premier CD un brin fatigué, victime d’une petite indigestion musicale, comme si on venait de se bouffer un gros gâteau à la crème que l’on aurait du mal à faire passer… C’est bon mais beurp.

Fort heureusement, le début du second CD va nous offrir un peu de répit. C’est d’ailleurs sur ce disque là que l’on va trouver les réelles pépites du score de Jupiter Ascending. On commence avec Digging Up the Flirt, un thème romantique dans le plus pur style Giacchino, pour suivre sur A Wedding Darker, l’une des premières pépites de ce score qui montre ô combien le compositeur désire se renouveler. La juxtaposition de ces deux morceaux est à ce sujet très intéressante, car elle fait état des progrès parcourus par Giacchino en terme de composition pure.

D’une manière étrange, l’orchestration semble plus épurée que sur le premier disque. On ne mesure jamais assez suffisamment l’effet bénéfique d’une respiration sur une BO. Là où le premier disque pèche par un rythme trop tonitruant, le second profite d’un équilibre quasi parfait et révèle encore plus l’incroyable richesse de la partition.

Et puis on arrive au tube : Flying Dinosaur Fight. Partagé entre l’influence d’un Williams au meilleur de sa forme et d’un Stravinsky qui serait venu là pour rigoler un peu, Giacchino passe du rang de très grand compositeur à celui presque d’intouchable au même titre que ses pères. Si là était son but, il est atteint. D’ailleurs, il ne s’y trompe pas puisqu’il nous offre une seconde version …With Guts en bonus.

Nul doute que nous avons affaire à un score charnière dans la carrière du compositeur (encore un) qui même s’il peut décevoir par son trop plein et un poil de lourdeur, flotte tellement au dessus de l’ensemble de ses contemporains, qu’on ne va pas non plus cracher dans la soupe.

 

 

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