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Music Mini Review : OST Out of the Furnace, de Dickon Hinchliffe (Sony Classical)

Music Mini Review : OST Out of the Furnace, de Dickon Hinchliffe (Sony Classical)

Note de l'auteur


Une bonne bande originale raconte plus qu’elle n’accompagne. Et lorsqu’il s’agit de mettre en musique le cœur de l’Amérique, soit on part sur un truc traditionnel, soit on se focalise sur un détail. Par exemple, Jóhann Jóhannsson a préféré partir de la dimension religieuse de Prisoners pour livrer un score d’inspiration liturgique. De même Danny Elfman pour A Simple Plan, part d’une orchestration quasi similaire à celle de Out of the Furnace, mais il y introduit un élément perturbateur. Une flûte qui, comme le sac à 4 millions, va venir gentiment foutre par terre l’équilibre apparent de l’univers présenté. Loin de moi l’idée de vouloir comparer ces 3 films même s’ils ont tous en commun le fait de présenté une Amérique en col bleu. Cela dit, les scores de Prisoners et A Simple Plan de sont tous deux des exemples flagrants de symbolisme musical, ou comment par le simple biais de l’orchestration, on peut raconter l’histoire d’un film.

Or le score de Out of the Furnace ne raconte rien. Il se contente d’accompagner, il reste en retrait sur un film qui est déjà en retrait par rapport à son sujet. Il part d’une instrumentation très convenue (banjo, guitare, batterie, cordes) pour aller vers l’évident. Une sorte de musique passe partout qui pourrait aussi bien coller à un road movie qu’à un documentaire. Le cœur de l’Amérique est là, certes, mais il n’y a rien d’autres. Il se passe parfois des choses intéressantes, notamment du côté des cordes. Mais c’est systématiquement nivelé par le retour tout en lourdeur d’une batterie ou d’une guitare bluesy, comme s’il s’agissait là du son définitif de l’Amérique profonde. Sur les 35 minutes que dure le score, nous n’aurons pas l’ombre d’un soubresaut qui dépasse la vingtaine de secondes, pas même la satisfaction de réécouter Release de Pearl Jam, puisque le morceau ne figure pas sur le disque.

Au final, la musique de Dickon Hinchliffe est comme le film qu’elle accompagne. Sous ses airs soignée et sa production léchée, elle ne fait que gratter la surface de son sujet, sans jamais aller plus loin. Du coup, on va lui filer la même note.

 

 

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