Music Mini Review : OST Philomena, d’Alexandre Desplat (Decca)

Music Mini Review : OST Philomena, d’Alexandre Desplat (Decca)

Note de l'auteur


Alexandre Desplat
est un monsieur très appliqué, trop appliqué même, et c’est probablement son plus gros défaut. On sent le bon élève, le gars qui a tout appris, tout compris et tout retenu. Celui qui veut bien faire, très bien faire même, mieux que tous les autres, qui en est capable et qui rend une copie nette et sans bavure. Les influences sont là, on voit Williams, on entend très clairement Richard Robbins, Bernard Hermann aussi. Il possède ses classiques, il les connaît sur le bout des doigts. La musique ne serait que mathématique qu’on lui filerait un A+ avec une mention d’excellence sans hésiter. Mais voilà, la musique n’est pas que mathématique et il manque à Philomena ce petit quelque chose, cette petite note d’inattendu qui fait qu’un score s’accroche à vous.

Et pourtant, on se dit à l’écoute du thème qu’il aurait pu en être autrement. Car il a quelque chose de redoutable. Une mélodie simple qui vous rentre dans le crâne aussi facilement qu’une balle. Plus encore, les variations sombres et amples (Reminiscence, Discovering Michael) qu’offre le compositeur montre à quel point il possède son sujet. Mais Desplat est trop sérieux pour s’amuser avec. Il semble consciencieusement plongé dans sa partition, trop à l’affût du moindre faux-pas pour, ne serait-ce que l’espace d’un instant, se laisser aller à la surprise, à la liberté.

Philomena n’est pas un mauvais score, loin de là, mais il est à l’image des autres scores de son compositeur : incroyablement lisse. Rien n’accroche si ce n’est les nombreuse reprises du thème principal décidément très efficace et peut-être No Thought Of Ireland, le morceau le plus sombre du disque et sans doute aussi le plus réussi. Deux exceptions à une partition trop appliquée qui passe sans vraiment laisser de trace.

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