Music Mini Review : OST The Double, d’Andrew Hewitt (Milan)

Music Mini Review : OST The Double, d’Andrew Hewitt (Milan)

Note de l'auteur

The Double OSTAndrew Hewitt est un musicien émérite, il est diplômé des plus grandes écoles anglaises, il joue avec les plus grands orchestres, tourne dans le monde entier, on l’a vu sur les scores de Star Wars, Lord of The Rings, Harry Potter et Pirates des Caraïbes. Bref, le gars est une pointure, un premier de la classe.

Sauf que voilà, si les premiers de la classe sont impeccables pour ce qui est de l’interprétation, ça laisse souvent à désirer du côté de la composition. Quelque part, le score de The Double en est l’exemple parfait.

Malgré un certain effort harmonique et une orchestration « baroque » parfois très efficace (The Double Theme), on tourne quand même passablement en rond. C’est l’inconvénient des musiciens bardés de diplôme, ils ont souvent du mal à se laisser aller et à sortir du carcan propret du conservatoire. L’exemple de la « cascade » de violon sur A Boy Help Up By String ou sur la deuxième version du thème, est à ce titre assez parlant. Hewitt se contente de donner dans le répétitif plat, le Philip Glass bas de gamme, là où Elliott Goldenthal prend le temps de s’amuser avec et dit plus en quelques secondes (The Entrapment, Alien 3) que Hewitt sur tout son score . Même si c’est ce que le compositeur fait de mieux, ça reste tout de même très sage et les bonnes idées ne sont jamais exploitées en totalité.

Mais c’est vraiment lorsqu’on arrive sur les passages électroniques que The Double montre à quel point Andrew Hewitt devrait peut-être lever plus souvent le nez de son pupitre. Car des titres comme Mr. Papadopoulos, ou les titres en bonus proprement insupportables, donnent foncièrement l’impression que le gars vient de découvrir le sample et le synthétiseur. Du coup, ça nous fait des « poing poing » sur un fond de machine à écrire. Dis donc, c’est fou ce qu’on peut faire de nos jours, tout de même, pfiouuu…

Le score de The Double n’est pas pour ainsi dire complètement nul, mais il traîne malheureusement avec lui une sorte de rectitude académique qui plonge dans le ridicule du moment où il veut paraître « dans le coup ».

Partager