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Music Mini Review : OST The Fifth Estate, de Carter Burwell (Lakeshore Records)

Music Mini Review : OST The Fifth Estate, de Carter Burwell (Lakeshore Records)

Note de l'auteur


Lorsqu’il n’est pas le compositeur attitré des frères Coen, Carter Burwell est un compositeur assez versatile, capable de passer de Kalifornia à Blair Witch 2, de Conspiracy à Being John Malkovich, ou d’Alamo (le remake) à Where The Wild Things Are. Rarement génial, Burwell est tout de même un compositeur suffisamment intéressant pour que l’on s’y attarde et c’est exactement ce qu’on va faire avec le score de The Fifth Estate.

Le truc qui frappe chez Burwell, c’est que malgré la diversité des sujets qu’il aborde dans ses scores, il a quelque chose d’immédiatement reconnaissable. Un style qui frise avec des sons dangereusement ringards mais qui, sous sa coupe, ne le sont jamais tout à fait. Ainsi toute la première moitié du score de The Fifth Estate navigue sur des sonorités tout droits sorties de la fin des années 90 et qui ne sont pas sans faire penser aux joyeux débuts de la « techno », à l’époque où The Orb, Future Sound of London ou Orbital sortaient leurs premiers albums et que le score de Wipe Out 2097 étaient sur toutes les platines.

Ce qui ne me surprendrait pas, c’est que cette direction soit totalement intentionnelle, car on assiste à un changement de ton radical, pile poil à la moitié du disque. Collateral Murder sonne apparemment le début des emmerdes. Terminé l’hommage aux nineties, on entre de plein pied dans le score et l’ambiance devient tout de suite nettement plus inquiétante. Forcément, la musique électronique n’est jamais bien loin, mais alors qu’elle semblait victorieuse sur les premiers morceaux, elle devient ici de plus en plus triste. Le morceau le plus parlant là-dessus est probablement We Promise to Publish In Full, dans lequel les violons recouvrent pratiquement la totalité des sons synthétiques. Jadis au premier rang, ils sont maintenant relégués au fond, comme un lointain vestige des jours heureux et de l’insouciance.

Mais malgré ce changement de ton, la fâcheuse tendance de Burwell à toujours naviguer pas loin du ringard, rend malheureusement quelques morceaux comme Extraction assez vains. Et puis les interruptions incessantes des morceaux « pop » cassent définitivement trop souvent la structure pour que l’on soit totalement plongé dedans. C’est d’ailleurs sans doute ce qu’il y a de plus dommageable, car la construction de The Fifth Estate est loin d’être idiote et son final en total opposition avec le début montre bien à quel point le personnage d’Assange peut être complexe. Comme souvent, un score plus ramassé aurait été sans doute plus efficace.

 

 

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