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Music Mini Review : OST The Monuments Men, d’Alexandre Desplat (Sony Classical)

Music Mini Review : OST The Monuments Men, d’Alexandre Desplat (Sony Classical)

Note de l'auteur


Avec Alexandre Desplat, tout est affaire de direction. Son manque de personnalité propre l’a rendu maître dans l’art de la malléabilité musicale. Rarement un compositeur n’avait abordé autant de genres cinématographiques différents en changeant aussi radicalement de style. D’une certaine manière, c’est le compositeur parfait, car il peut s’adapter à n’importe quel type de film et qu’il connaît son boulot sur le bout des doigts. Même lorsque la direction fait fausse route, le score, lui, reste relativement honorable (Harry Potter). A contrario, ce manque de personnalité propre peut être un handicap lorsqu’il s’agit d’avoir un score jouant uniquement sur l’émotif (Philomena).

En revanche, lorsqu’il s’agit de pondre une partition sur un style maintes et maintes fois rabâché, Desplat est votre homme. Clairement, la musique de The Monuments Men ne révolutionnera pas le genre, mais c’est tout de même vachement bien foutu. Totalement habité par l’esprit de John Williams (1941), Desplat nous balance exactement ce qu’il faut. Le thème principal est d’une efficacité redoutable et les variations qu’il en donne sont toutes aussi intéressantes (Sniper). Tout le disque se déroule sans une seule faute de goût et il s’offre même une dérive vers Henry Mancini (Claire & Granger) de toute beauté. On pense même parfois à Joe Hisaichi et on se dit que Desplat pourrait aussi parfaitement signer la musique d’un anime. L’hommage à Malcolm Arnold et au Pont de la rivière Kwaï était peut être dispensable. Mais bon, ce n’est pas arrivé au End Credits qu’on va commencer à jeter des pierres et la reprise de Have Yourself A Merry Little Christmas chanté a cappella par Nora Sagal saura calmer direct les plus énervés.

Tout est affaire de direction, et celle de The Monuments Men est de tout évidence la bonne. Primo parce que Desplat n’est jamais aussi bon que lorsqu’il donne dans la musique purement hollywoodienne, et secundo parce que Papy Williams n’est pas éternel et que la musique de film a cruellement besoin de ce type de compositeur pour faire face au nivellement imbécile actuel.

 

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