Music Mini Review : Sia, 1, 000 Forms Of Fear (RCA)

Music Mini Review : Sia, 1, 000 Forms Of Fear (RCA)

Note de l'auteur

sia-1000-coverSia Furler est une anomalie. En un peu plus de dix ans de carrière, elle est passée d’atmosphères électro travaillées sur ses deux premiers albums à une pop-rock beaucoup plus guillerette. Et dans l’intérim, son travail avec le gotha des quelques superstars que compte la pop internationale lui a fait engendrer d’hymnes comme le Diamonds de Rihanna ou le Pretty Hurts de Beyoncé. C’est donc une Sia totalement transformée que l’on retrouve avec ce nouvel album.

Même si son songwriting lui a fait prendre de l’assurance dans une power-pop sculpturale taillée pour les stades, comme en témoigne le titre d’ouverture « Chandelier » (probablement l’appât du grand public vers l’album, ndr), 1, 000 Forms Of Fear n’assume qu’à moitié ce souffle grandiloquent. Sia trouve un certain confort dans son association avec le producteur Greg Kurstin, déjà à l’oeuvre sur We Are Born et qui fournit l’essentiel des lignes rythmiques sous stéroïdes de « Burn The Pages », ou « Fire Meet Gasoline ». Une corde à son arc très vendeuse que Furler et Kurstin ne se privent pas d’exploiter jusqu’à la moelle. A ceci près que la performance vocale de Sia les sort du territoire racoleur de « démos pour d’autres artistes rejetées ».

Sia superstar donc…. mais superstar de studio. A l’image de sa voix, entre fulgurances diva-esques et susurrements maugrées sous sa tignasse blonde, 1, 000 Forms Of Fear est à son paroxysme lorsqu’elle s’autorise à prendre des risques. Ici, des incursions lounge sur fond de froissements de plastique (« Cellophane »), là, une ballade autodestructrice dépassionnée (« Straight For The Knife »)… C’est là où sa nature de caméléon fait surface. On a même droit à un titre proto-trap sous le patronage de Diplo, résolument un des pics de l’album. Mais elle fuit les clips, la surexposition, la scène, rendant l’album potentiellement en 2D.

Alors, à l’image de la jaquette, y a-t-il une Furler derrière tous ces arrangements rutilants et hollywoodiens (l’album a été entièrement réalisé à Los Angeles)? Un peu que oui. Sia semble même s’amuser et se repaître de cette triche : « I never played a fair game/I always had the upper hand ». Si cette conquête des charts se fait masquée, elle n’est certainement pas dans une main de velours. Il en reste un des albums pop les plus agréables et équilibrés de 2014. Finalement la crainte de la déception était mal fondée.

Play It : Straight For The Knife, Elastic Heart

Skip It : Burn The Pages, Free The Animal

 

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