Music Mini Review : The Chemical Brothers, Born in the echoes

Music Mini Review : The Chemical Brothers, Born in the echoes

Note de l'auteur

 

Chemicals pochetteAvec leur huitième album, The Chemical Brothers montrent qu’ils ont encore du répondant. L’auditeur est en terrain connu, voire archibalisé : des invités éclectiques, des mélodies accrocheuses, du gros son, quelques titres bien dansants. Ce n’est pas une raison pour ne pas céder aux sirènes d’Ed Simons et Tom Rowlands, surtout en plein été.

On ne sait pas à quoi ils carburent exactement, mais ils sont encore d’attaque. The Chemical Brothers frappent de nouveau cet été avec Born in the Echoes, leur huitième album studio, vingt ans après Exit Planet Dust qui les voyait apparaître en gros sur tous les radars. Ils étaient alors emblématiques des années 1990 et d’une musique totalement décloisonnée. Rock, techno, hip-hop… Ed Simons et Tom Rowlands mélangeaient furieusement les genres avec un gros son. Big beat qu’on disait à l’époque… Sur Born in The Echoes, les deux faux-frères chimiques anglais reviennent à une formule bien rodée. Une équation qui, au fond, n’a rien de sorcier, mais qu’ils maîtrisent diaboliquement bien : des invités piochés dans différents courants musicaux, des rythmes dansants, des sons stridents, des mélodies sommaires, une plage plus calme en fin de disque. Bref, l’efficacité selon The Chemical Brothers.

Après un disque sans guest-stars sorti en 2010, Further, le duo rameute de nouveaux de nombreux complices. Sont crédités au générique de ce huitième opus : Q-Tip (rappeur de A Tribe Called Quest), St. Vincent, Beck ou encore Alela Diane, pour ne citer que les noms les plus connus. Ah, a aussi été enrôlé le saxophoniste Colin Stetson. Le protégé du label Constellation enrichit ainsi un peu plus son CV après avoir collaboré avec Arcade Fire ou encore Timber Timbre (il faudra un jour que quelqu’un nous dise comment ça se prononce). Tous ces collaborateurs éclectiques se fondent bien dans l’univers du groupe qui arrive à éviter l’effet défilé dans lesquels d’autres ont pu tomber (oui Gorillaz, c’est à toi qu’on pense).

S’ils ne renouvellent pas leur fonds de commerce, The Chemical Brothers s’y entendent pour fabriquer des chansons avec un entrain qui sonne intact malgré les années qui passent. L’énergie est bien là et il est difficile de résister à des titres dansants comme Go ou Sometimes I feel so deserted. Le début de I’ll see you there n’est pas sans rappeler un de leurs grands classiques, le tubesque Setting Sun. C’est la touche psychédélique de cet album qui évite la monotonie. Car s’il est bien une qualité qu’il faut reconnaître aux deux acolytes, c’est de varier les plaisirs. Beck hérite du très techno-pop et gentiment mélancolique Wide Open. Un morceau chanté par un Beck à contre-emploi pour ceux qui n’ont suivi l’auteur de Loser que sur ses premiers pas discographiques. Comment ça, mièvre ? Mais non, doux et entêtant.

Au final, si Born in the Echoes ne rivalise pas avec les sommets passés (Dig Your Own Hole et Surrender, certainement les deux meilleurs albums du groupe), il n’en reste pas moins hautement recommandable et se révèle une parfaite sortie estivale.

Born in the Echoes, The Chemical Brothers, Virgin EMI. En concert au festival Rock en Seine le 30 août.

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