MUSIC MINI REVIEW : WAVVES x CLOUD NOTHINGS, NO LIFE FOR ME

MUSIC MINI REVIEW : WAVVES x CLOUD NOTHINGS, NO LIFE FOR ME

Note de l'auteur

C’est un album collaboratif qui va nous accompagner au moins durant un été, celui de Wavves & Cloud Nothings, deux tenants d’un rock indé US empreints d’une ardeur juvénile. Nathan Williams et Dylan Baldi, maîtres d’équipage des deux groupes sus-cités, sortent No Life for Me, gorgé d’airs accrocheurs et de guitares jouées à fond la caisse. 

On tient notre tube de l’été, et c’est How It’s Gonna Go. Un titre qui débarque sans prévenir. Faut dire que j’avais raté l’annonce, celle d’une collaboration entre Wavves (oui avec deux « v », le groupe californien de Nathan Williams) et Cloud Nothings (le projet de Dylan Baldi, originaire de l’Ohio, au nord-est des Etats-Unis). Plus qu’un titre, c’est un album tout entier, répondant au nom de No Life for Me, que les deux jeunes chanteurs-compositeurs aux dégaines d’éternel ado ont enregistré ensemble, chez Nathan Williams. C’est ce dernier qui a proposé à Dylan Baldi une collaboration, en lui balançant un simple SMS, l’an dernier, si l’on en croit les propos du leader de Cloud Nothings.

D’un côté donc, l’exubérance garage tendance pop et surf de Nathan Williams, qui cultive son image de branleur-Cloud Nothings photodoué-gentiment-jemenfoutiste-fumeur-de-joints. De l’autre, l’univers plus sombre et bruitiste de Dylan Baldi, pas moins doué pour la mélodie et le chant à tue-tête, produit par Steve Albini pour son très recommandable deuxième album, Attack on Memory. Bon, Dylan Baldi est loin d’en faire des gorges chaudes et épingle même le mythique fondateur de Big Black et Shellac qui aurait passé davantage de temps à jouer au Scrabble en ligne que se préoccuper de l’enregistrement.

Le pari est réussi. Les styles des deux chanteurs-compositeurs s’entremêlent à la perfection. Ils jouent à la fois de leurs points communs (une approche juvénile et sans fioritures de la musique) et de leurs différences. How It’s Gonna Go est à ce titre emblématique. La chanson démarre pied au plancher. Voix et guitare luttent pied à pied, puis cèdent devant un refrain très pop et irrésistible, chanté d’une voix claire. Le titre poursuit sur ce registre, avant de s’engouffrer dans un final bruyant et chaotique du meilleur aloi. L’alchimie prend aussi bien sur les autres morceaux (tous signés à quatre mains, à l’exception de Such a Drag, où seul Nathan Williams est crédité). Les deux acolytes s’y entendent pour les refrains et couplets qu’on aura envie de reprendre en chœur. C’est le cas de chaque seconde chantée du plutôt insouciant et joyeux Come Down, qu’on se passera en boucle à égalité avec How It’s Gonna Go. Davantage imbibés d’une certaine mélancolie sont Nothing Hurts (balade sur fond de guitares saturées) et Nervous, dans ses premières mesures.

On ne peut reprocher finalement à ce No Life for Me que sa brièveté : neuf morceaux, dont deux instrus très courts sans nom. Les autres durent entre 1’48 et 3’28. Au moins, pas de remplissage sur ce disque qui nous accompagnera à coup sûr au moins durant tout l’été, et c’est déjà pas mal. Et c’est presque un paradoxe, car si les chansons nous donnent envie de monter le son de l’autoradio et de les faire connaître à la cantonade, les titres et les textes ne transpirent pas l’optimisme.

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