Music Mini Review: WhoMadeWho – Dreams (Darup Associates)

Music Mini Review: WhoMadeWho – Dreams (Darup Associates)

Note de l'auteur

Whomadewho-DreamsLe trio danois est de retour avec leur cinquième album, Dreams. Débarqué avec leur premier opus en 2005, le groupe s’était illustré jusqu’ici à travers un cocktail énergisant à base de rock indé, de disco-pop et d’éléctro. A l’aube de leurs 10 ans de carrière, que reste t-il de ce groupe venu du froid? Écoute et critique.

 

Premier constat, les trois trublions qui aimaient dynamiter leurs morceaux à grands coups de beats saccadés et de lignes de basse furieusement funky, semblent s’être assagis. Peut-on dire que Dreams est l’album de la maturité? Je ne sais pas et honnêtement, ce genre d’affirmation ne veut aujourd’hui plus dire grand chose… Mais une chose est sûre, Dreams se veut plus construit, plus travaillé et plus cohérent dans son ensemble. Jeppe Kjellberg, un des deux chanteurs et guitariste du groupe a affirmé qu’il voulait être plus qu’un groupe pop indé et décalé et qu’il souhaitait aller plus loin dans la composition et la manière de penser cet album. Résolument plus 80’s qu’à son habitude, WhoMadeWho fait la part belle aux nappes de synthé et risque de décontenancer son auditoire. A l’écoute des premiers morceaux, on s’imagine au volant d’une décapotable, des Ray-Ban modèle Wayfarer sur le nez, les cheveux au vent, filant le long de la côte californienne, sur une route reliant San Francisco à Los Angeles. Dreams est une compilation intelligente et maîtrisée de morceaux électro-pop, délicats et sophistiqués.

 

La voix de Jeppe Kjellberg est ici plus présente, plus posée, plus mélodieuse. Face à une basse relativement anguleuse, elle enrobe les morceaux et apporte une certaine rondeur à l’ensemble. Dans un même élan, les cordes soutiennent le tout et déploient des mélodies finement ciselées. Pour autant, Dreams risque d’en laisser certains sur le carreau car il est évident que le tournant que prend WhoMadeWho ne ravira pas tout le monde. Exit les morceaux disco-punk taillés pour le dancefloor, bonjour la pop synthétique lancinante et entêtante. L’album ne s’apprivoise pas si facilement et je dois vous avouer que moi-même, j’ai été quelque peu déstabilisé à la première écoute. Alors que sur les précédents opus, comme The Plot, se détachaient clairement des singles tubesques à souhait, ici, on cherche, on tâtonne et on se dit qu’effectivement, le groupe a pris des risques. Il faut prendre son temps, décortiquer et prêter l’oreille pour réellement apprécier Dreams.

 

Finalement, au bout de quelques écoutes, certains morceaux se détachent de cet écrin musical, au rang desquels figure Another Day. Un petit bijou de pop ensoleillé, soutenu par une belle harmonie entre guitare et basse. A cela, il faut ajouter les vocals légères et éthérées de Kjellberg et vous obtenez un morceau qui risque de vous coller au crâne un petit moment. Autre moment d’apesanteur musicale avec le titre Heads Above et son groove discret. Là encore, le groupe fait preuve de minutie pour instiller sa science de l’efficacité minimaliste. On enchaîne directement sur New Beginning (titre assez révélateur) et sa guitare brumeuse et cotonneuse. On se laisse couler et on rêvasse à des envies d’ailleurs avant de se faire saisir par les dissonances de l’électrisant Hiding in Darkness. De l’électro-pop ouatée où la voix du chanteur sonne presque comme une sorte de mantra. En définitif, Dreams porte bien son nom et nous convie à une rêverie synthétique mais pas dénuée de sentiments, un ailleurs d’un autre temps, la tête dans les nuages et les pieds dans le sable.

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