Music Mini Review : Wish I Was Here Soundtrack (Columbia)

Music Mini Review : Wish I Was Here Soundtrack (Columbia)

Note de l'auteur

wish i was hereEn tant que réalisateur et un des auteurs indie américains les plus remarqués par le public ces dernières années avec son « Garden State », Zach Braff met un point d’honneur à mettre la musique au centre de ses séquences. Et comme une mansarde fraîchement rénovée à la sueur du front, on a une certaine sensation de confort en rentrant dans la BO de son prochain film (partiellement financé via Kickstarter) Wish I Was Here (Le rôle de ma vie).

On a ses repères, en démarrant avec les Shins, sorte de porte-manteau de l’intérieur : un single efficace de la bande de James Mercer, pas forcément inoubliable mais en flottaison (« So Now What »). Dans un commentaire enregistré pour Entertainment Weekly, Braff expliquait qu’il puise souvent parmi des centaines de titres et choisit avec son monteur lequel les fait frissonner le plus.

Et aucun mystère sur ce qui décroche le point Frisson chez Braff : les ballades folk intimiste guitare-voix. Une unité sonore qui sert les nuances d’une Allie Moss dans un élan d’après-rupture « Wait It Out »), ou de la voix chargée de Gary Jules pour (probablement) illustrer les dysfonctionnements familiaux du film (« Broken Windows »).

Avec deux placements signés Bon Iver, « Wish I Was Here » pourrait très vite devenir un gadget emo forçant sur la saccharine. Mais c’est sans compter sur la finesse de la sélection du Monsieur, qui est au-dessus de tout reproche, et propose un des meilleurs échantillons des artistes sélectionnés, comme la longue balade élégante « The Shining » de Badly Drawn Boy, et ses cordes âpres. Ou encore cette mini chanson tendue sur 2 minutes signée Aaron Embry (« Raven’s Song »). Mais le miracle vient de la collaboration Cat Power/Coldplay, homonyme du titre du film. Loin d’être un pétard mouillé, Cat Power sait habiter la mélancolie propre au titre, et Chris Martin reste en arrière-plan, se contentant d’un seul piano. Comme quoi Coldplay sait arrêter la soupe FM et les hymnes pour stade lorsqu’on leur fournit un bon écrin. Qui l’eût cru?

Et classe ultime, Braff exhume « The Obvious Child » de Paul Simon, récréation pétaradante en deux parties sur fond de percussions de fanfare made in Bahia. Une chronique de rebéllion adolescente qui fait mouche, et donne envie de streamer toute la discographie du bonhomme, en ayant eu un aperçu par le petit bout de la lorgnette. Et c’est ce genre d’initiative qui place cette BOF au-dessus de la mêlée des autres compilations polies d’indés US. « Wish I Was Here » ne sort qu’en août, mais sa BOF est une des plus élégantes de l’été. Welcome back, Zach.

Play It : « Wish I Was Here », Coldplay/Cat Power, « The Obvious Child », Paul Simon

Skip It : non, rien en fait.

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