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Music Mini Review : Yuna, Nocturnal (Verve/Universal Classics & Jazz)

Music Mini Review : Yuna, Nocturnal (Verve/Universal Classics & Jazz)

Note de l'auteur

Yuna-NocturnalYuna est une anomalie. Non pas à cause de son parcours, qui l’a amené en à peine 7 ans de sa Malaisie natale aux Etats-Unis, où elle a bossé avec Pharrell Williams (entre autre sur le groovy « Live Your Life », au firmament des meilleures collaborations de l’omniprésent Neptunes de ces dernières années) et collaboré avec classe et bon goût aux bandes originales des « Croods » (oubliable) et du raté « Savages » où elle reprenait le « Here Comes The Sun » des Beach Boys. Un EP plus tard, son deuxième album Nocturnal étend la palette de son éponyme avec des chansons moins acoustiques et bien plus taillées pour la pop et la FM. Car, malgré la signature chez Verve et son timbre de voix riche, Yuna a trouvé sa niche et n’a que faire des ritournelles jazzy ou des attentes d’une prochaine Norah Jones qui est déjà artistiquement bien loin de « Come Away With Me ». Et surtout, elle n’a que faire de l’interchangeable son pop-rock.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle sait s’entourer. Nocturnal s’offre ainsi les services de Robin Hannibal, dont les arrangements vont comme un gant à la chanteuse. Le premier single « Falling » n’a rien d’une face B de Quadron, et fait swinguer des cordes élégantes sur un midtempo quasiment disco, tandis que « Lovely Intermission » la trouve en territoire quasiment soft-rock 70s. La progression des titres la voit s’illuminer, de confessions en trompe-l’ennui (« I’ve been really uninspired ») aux affirmations de soi doucereuses mais fermes, chantées à la troisième personne (« Rescue »). L’interprétation en demi-teinte et le contrôle de Yuna sur son phrasé arrivent à donner du relief  à un songwriting qui a ses limites (« I Want You Back »). La distanciation et le minaudage n’empêchent pas une sincérité non feinte dans ses compositions, largement autobiographiques. L’album est ainsi absolument homogène en termes de tempo et d’arrangement, ce qui laisse le temps à Yuna d’installer confortablement sa voix sur des compositions taillées sur pièce par des faiseurs pop routards comme Chris Braide. L’autre moitié des Neptunes, Chad Hugo, sait se fondre dans le moule et donne plus de tonus et une infrabasse plus house à « Someone Who Can », sorte de réplique à « Someone Like You » d’Adele ; même chose avec Om’Mas Keith des SA-RA Creative Partners. Mais aussi polies et raffinées que soient les incartades de Yuna, la magie a du mal à tenir le coup sur un album, et on a du mal à se ne pas se laisser bercer par les derniers titres, « I Wanna Go » et « Escape », sortes de mélopées proto-Sade qu’elle avait su éviter jusqu’ici. Ce qui n’empêche pas Nocturnal de se hisser bien au-dessus de son précédent album, et apporter une certaine confiance dans son éclectisme. Si « Nocturnal » est à la croisée des chemins, Yuna semble avoir trouvé sa voix et sa niche sonore. Ne lui reste plus qu’à composer des choses accrocheuses dans la mouvance de « Falling ».

Sortie française le 24 mars.

Play It : Falling, Someone Who Can

Skip It : Escape, Come Back

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