MUSIC MINI REVIEWS : Mai / Juin 2013

MUSIC MINI REVIEWS : Mai / Juin 2013

Du lourd ce mois-ci dans la MMR, et dans tous les sens du terme ! Du Star Trek, du Man of Steel, du Last of Us côté jeu. Notre FilInfo Man est même venu donner un coup de main pour nous chroniquer le Boards of Canada et le Sigur Ros. Des MMR comme ça, vous n’en aurez pas tous les mois, je vous…
– Euh… Scuze d’interrompre, mais justement t’avais pas dit que la MMR, c’était tous les 15 jours ?
– … Alors non… Pas du tout, tu vois. Si tu fais référence au chapô de la dernière MMR et ben… et ben je ne sais pas qui l’a écrite. Et… et je n’ai rien à voir là dedans… Et d’abord, c’est quoi la MMR ? Et Howard Hunt n’a jamais emprunté de livre à la bibliothèque du Congrès. Et puis je ne connais pas Howard Hunt ! Je… je ne sais pas qui c’est… Voilà…
Hum… Donc, sans plus attendre, on commence tout de suite avec la BO du mois. En joie !

 


Michael Giacchino – OST Star Trek Into Darkness (Varèse Sarabande)

Je vais vous raconter ma vie, un peu. J’ai découvert Giacchino en 1997, au moment où il venait de jeter un gros pavé dans la marre du jeu vidéo avec la musique de Lost World sur PSOne. C’est simple, le gars avait réussi là où tout le monde avait échoué. C’est-à-dire à nous composer une bande véritablement originale et avec du style. Seize ans plus tard (putain, 16 ans !!!), Michael Giacchino est devenu non seulement le compositeur le plus doué de sa génération, mais aussi l’un des rares qui continue à créer plutôt que d’empiler des couches de sons les unes par-dessus les autres. Et je me surprends à attendre son nouveau disque comme à l’époque où je guettais fébrilement le nouveau Williams. L’attente est d’autant plus décuplée qu’il s’agit d’un Star Trek. Bon, tout ça, c’est très joli mon gars, mais cette B.O., elle est comment ? Eh bien, elle est ju-bi-la-toire ! C’est une juxtaposition impressionnante de morceaux tonitruants, millimétrés à la mesure près et qui finit en apothéose. Si jusqu’à présent, Giacchino semblait peut-être avoir un peu de mal à saisir toute la puissance d’un orchestre symphonique, c’est désormais chose faite. Star Trek Into Darkness bastonne comme aucune autre de ses partitions (à part peut-être celle de John Carter), tout en étant d’une finesse magnifique. Le gars a atteint un très, très haut niveau. Les ronchons diront que ça reste très « clâââssique ». Eh ben moi, je dis que ça vaut carrément mieux que toutes les arnaques en forme de banque de sons à la con qu’on tente de nous refourguer depuis des années. Giacchino a gagné son ticket vers la gloire. Et rien que de penser que c’est lui qui va nous imaginer la B.O. de Star Wars VII (déconnez pas les mecs, c’est forcément lui, ça DOIT être lui), je suis en joie ! Sheppard http://www.michaelgiacchinomusic.com

 

 

Cliff Martinez – OST Only God Forgives (Idol)

Un peu d’histoire : à un mois de la présentation de Drive au Festival de Cannes, Nicolas Winding Refn n’avait toujours pas de musique originale à coller à son film. C’est donc en urgence que Cliff Martinez composa la musique de ce film. Bien qu’il s’en soit tiré avec les honneurs, il n’avait malheureusement pas eu le temps de se familiariser avec l’univers si particulier du réalisateur et sa composition est restée bloquée au stade d’une imitation de l’Apollo de Brian Eno, musique sur laquelle Refn fit son premier montage (vous savez, celui avec Badalamenti crédité au générique). Only God Forgives est donc la première réelle collaboration entre Martinez et Refn. Entre temps, les deux hommes ont appris à se connaître et ça s’entend. Le premier batteur des Red Hot Chili Peppers (si, si) nous balance une partition sous tension qui n’est pas sans rappeler celle de David Mansfield pour Year of the Dragon. Un mélange des genres, entre percussions traditionnelles et sons électroniques, parsemé de chansons asiatiques qui peuvent sonner comme des ovnis pour ceux qui n’ont pas vu le film. Pour les autres, ça fait carrément froid dans le dos (bon là, je ne parle qu’aux gens qui comme moi, ont aimé le film. On doit être à peu près une vingtaine). Film ou pas film, Martinez nous signe là une excellente bande originale, bien meilleure que celle de Drive, car plus personnelle, et qui laisse présager le meilleur pour l’avenir. Sheppard

 

 

Boards of Canada – Tomorrow’s Harvest (Warp)

Autant vous prévenir tout de suite, si vous ne connaissez pas Boards of Canada, il va falloir faire un petit effort les gars (et les filles). Entre musique expérimentale, électro et ambient, l’œuvre des deux p’tits Écossais est exigeante et nécessite une écoute active… en position passive, casque sur les oreilles, tranquille sur votre fauteuil préféré (ou nue sous vos draps de satin…Hum, je m’égare). L’album commence sur Gemini qui vous donnera le la pour ce trip électro-analogique avant de vous embarquer dans une B.O. d’un film imaginaire que John Carpenter ne renierait pas (Rich for the Dead, White Cyclosa). Avec Jacques Causeway, on attaque dans le dur (là, je vais en perdre quelques uns), tout en loops destructurés. Après l’interlude Telepath, Cold Earth vous refera plonger vers notre B.O. Carpenterienne toujours aussi tripante. Sick Times et Palace Possy cassent le rythme en rajoutant basses et percussions avant un Nothing Real et surtout un Come to Dust impeccables… si vous avez tenu jusque là. Les habitués ne seront pas dépaysés par ce nouveau voyage hanthologique (on fait du neuf avec du vieux), même si, avouons-le, ce n’est pas le meilleur album de notre duo scottish. Pour les nouveaux venus à BoC, laissez la musique s’infiltrer et tentez plusieurs écoutes… Au pire, si vous n’accrochez pas, vous pourrez toujours dire que vous avez tenté l’expérience. In The Blix www.boardsofcanada.com

 

 

Sigur Ros – Kveikur (Beggars)

Bienvenue en Islande ! Terre de volcans, geysers et autres noms imprononçables qui rendraient chèvre un vendeur de chez Ikea à Stockholm. Jusqu’ici connu pour ses compositions éthérées, le groupe semble prendre une autre direction, plus rock goth voire pop (Isjaki) par instant, mais toujours assez anxiogène, je vous rassure. Finis les confettis de Með suð í eyrum við spilum endalaust ! Le départ du fondateur Kjartan Sveinsson semble avoir donné un coup de boost aux compositions de Sigur Ros et un coup de saturation bienvenu à leurs guitares. La voix aérienne de Jónsi, toujours présente, est l’instrument d’un dessein résolument plus sombre, pour notre plus grand bonheur. Assurément un bon album. Penchez-vous sur Brennisteinn ou Kveikur pour vous faire une idée. In The Blix www.sigur-ros.co.uk

 

 

Hans Zimmer – OST Man of Steel (Sony Music Classique)

Ça lui pendait au nez depuis un moment, ayant usé jusqu’à la moelle ce qu’il avait appris sur sa collaboration/renaissance avec James Newton Howard : le père Zimmer tombe dans la redite. Pas très finaud, voire même plutôt lourdingue, il abandonne un moment son goût de l’expérimental pour nous livrer une B.O. qui lorgne plus du côté de l’ersatz à la Iron Man 3 ou Transformers que du real deal façon Dark Knight ou Inception. Malgré quelques bonnes idées ici et là, et des suites d’accords parfois intéressantes, le tout est noyé dans un arrangement véritablement assourdissant et sans intérêt. Zimmer nous ressort tous les clichés de son genre et ose même, le temps d’un instant, pomper le score de John Ottman sur Superman Returns. Un comble ! Le truc qui me chagrine le plus dans cette histoire, c’est que tout le monde va trouver ça génial – la plupart des oreilles ayant perdu tout recul face au colossal pouvoir de persuasion et de nivellement vers le bas du bonhomme – et qu’on va se manger du Man of Steel pendant des lustres. Ça, ou bien c’est la fin d’un règne… Mais je n’y crois malheureusement pas trop. Sheppard www.hans-zimmer.com

 

 

Jon Hopkins – Immunity (Domino)

Après un doublé presque parfait (le magnifique score du crétinissime Monsters et son album solo précédent Insides), Hopkins était bien parti pour intégrer le club de ces musiciens qui, une fois les bases posées, partent vers d’autres sphères afin d’étendre le plus possible leur expérience musicale. Pas de bol, Immunity reste sur des fondamentaux dance floor binaire sans grand intérêt. Même si l’album s’arrange un peu sur la fin, et que l’influence du Jelly Tones de Ken Ishii devient de plus en plus évidente, on est tout de même très loin de la qualité de composition des deux opus suscités. Bon, on va dire que celui-ci compte pour du beurre et que le prochain, c’est le bon. Sheppard www.jonhopkins.co.uk

 

 

 

Baths – Obsidian (Anticon)

Dernière signature du prestigieux label Anticon, Baths se situe plus sur les sages versants de Why ? que sur le gros foutraque hyper stimulant de Subtle. Même si on reste sur un album malin, à la production élaborée et intelligente, le truc tourne tout de même un peu en rond au bout d’un moment. Mais quelque part, je fais aussi le même reproche à Why ?, lui préférant de loin le foisonnement incroyable de ses collègues subtils. Malgré cela, Obsidian mérite que l’on s’y attarde, même si au final, on s’en lasse relativement vite. Bon, et sinon, le nouveau Subtle les gars, il sort quand ?

 

 

Gustavo Santaolalla – OST The Last of Us (Sony Music Classique)

Quand une B.O. fait 55 minutes et qu’elle vous paraît durer une éternité, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Pourtant, il faut saluer le travail du compositeur argentin Gustavo Santaolalla, qui nous livre probablement l’une des partitions les plus travaillées pour un jeu vidéo depuis bien longtemps. Principalement composée pour guitares et percussions, la musique de The Last of Us oscille entre blues acoustique, musique traditionnelle et ambient. Là-dessus, on reconnaît carrément la patte de Santaolalla qui nous avait déjà fait le coup sur les films de Walter Salles. The Last of Us étant un road game, j’imagine que ça va coller à l’univers sans problème. Mais sur album, on s’emmerde un peu, car une fois les bases posées, Santaolalla tourne un poil en rond et n’essaye jamais vraiment d’aller plus loin, ni même de montrer une sorte d’évolution dans son propos. Sauf peut-être celle de virer neuneu spécial violoncelle qui geint vers la vingtième plage, mais je suis pas sûr qu’on puisse appeler ça une évolution. Il aurait sans doute mieux valu sortir une version « orchestrée », retravaillée spécialement pour le format CD comme cela se fait couramment pour le film, plutôt que de nous présenter un export à la con direct de la galette du jeu. Ça aurait eu le mérite de noyer le « pas terrible » dans la masse du « plutôt pas mal ». Reste un travail louable dans l’ensemble mais qui souffre encore trop du format « jeu » pour vraiment s’exprimer en toute liberté. Sheppard

 

 

Austra – Olympia (Domino)

Quel dommage d’entendre une aussi jolie voix que celle de Katie Stelmanis ruinée par la rectitude d’une production qui confine carrément au ringard sur certains morceaux. C’est un peu comme si le spectre d’Abba, ou pire, ceux de Stock Aitken et Waterman, étaient volontairement venus pourrir un album de Kate Bush. C’est d’autant plus rageant que l’on sent bien que, sous toute cette production à deux balles, se cachent des morceaux qui avaient de quoi être audibles. Mais voilà, Austra a choisi la carte à la con du vintage et du coup, ben c’est moche. Sheppard www.austramusic.com

 

 

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