MUSIC MINI REVIEWS : Mars / Avril 2013

MUSIC MINI REVIEWS : Mars / Avril 2013

Et maintenant un message de John Plissken :  « Oyez, oh yeah, bonnes gens ! Sheppard, grand manitou présidant aux destinées musicales du Daily Mars, poursuit sa grande oeuvre en ce jour béni du mardi 7 mai de l’an de grâce deux mille treize !  Après la rubrique des Mixtapes inaugurée vendredi dernier, voici un cahier critique à base de mini reviews (on a payé un copyright grassouillet au Dr No) qui passera au crible, chaque mois, une poignée de disques « Daily Mars compatibles ». Les Music Mini Reviews du Daily Mars, ce sera le mardi, une fois par mois généralement en début/milieu de mois et bordel de décibels, vous allez lire ce que vous allez entendre ! Sheppard mon petit c’est à vous, le conseil central du praesidium suprême vous confie les clé, soyez en digne mon vieux. Et rendez-vous dans un mois pour un prochain numéro des MMR, auquel d’autres membres de la rédaction seront libres de participer si ça les chante. Haha ! »

 

 

The Knife – Shaking The Habitual (Rabid)

En voilà un que j’ai pas venu venir au tournant. Pour tout vous dire, j’en avais même jamais entendu parler, ou alors il y a longtemps, ou il sentait pas bon… Je vous en avais touché un mot lors de la dernière Séance du Père Sheppard (comment ça, vous ne l’avez pas lue ?!!!). Shaking The Habitual est un album pas super évident d’accès, mais qui fait un bien fou en cette période d’uniformisation systématique de la musique. Le duo suédois n’en a cure, ils vous balancent un de ces trucs délicieusement foutraques avec tout plein de sons dedans et détruisent allègrement les règles bien établies de l’album, au sens commercial du terme. On pourrait croire à un best of, mais il n’en est rien, mise à part que c’est de loin leur meilleur album à ce jour. Car mine de rien, sous cet aspect foutraque ressort une cohérence dans le propos, une révolte vis-à-vis du système, qui n’est pas sans rappeler les beaux jours d’une époque où l’on n’hésitait pas à casser l’ambiance d’un disque pour pouvoir mieux y retourner par la suite. J’en veux pour preuve cette instrumental ambient de 20 minutes qui vient clôturer le premier disque, pour ouvrir le second, bille en tête, avec un titre qui fleure bon le Siouxsie & The Banshees, le magnifique Raging Lung. Même si le second disque est un ton en dessous du premier, Shaking The Habitual reste tout de même un très bon album et ce serait dommage de ne pas en parler. C’est désormais chose faite. (dispo depuis le 8 avril 2013)

http://theknife.net/

 

M83 – OST Oblivion (Backlot Music)

Citoyens, citoyennes, l’heure est grave ! Non content d’avoir une main mise quasi absolue sur le monde de la bande originale de film, voici que le HZBKK (Hans Zimmer Büro auf Kunst und Kultur) vise maintenant à détruire la réputation de nos artistes. Après avoir ruiné la crédibilité musicale des rois du poum poum disco, Daft Punk, avec l’étron qu’on appelle Tron Legacy, voici qu’il s’attaque aux pompeurs de pop molle, M83. La stratégie du HZBKK est simple : faire une bande originale qui ressemble en tout point à du Hans Zimmer coincé au lit avec 40 de fièvre, puis prendre le nom d’un groupe français afin de mieux détruire sa réputation. Oui, le procédé est abject et il faut le dénoncer. C’est la raison pour laquelle nous, au Daily Mars, nous avons décidé de parler ! Malgré les menaces, malgré les tensions diplomatiques entre Paris et Hollywood, nous accusons ! J’accuse ! Oui, vous les ronds de cuir ! Honte à vous, messieurs du HZBKK ! Laissez nos artistes en paix ! Ils n’avaient pas besoin de vous pour s’autodétruire ! Ils le faisaient déjà très bien tout seul !Il ne tient maintenant à nous, martiens, martiennes, français, françaises de tout pays, de veiller aux grains. D’après mes informations, Phoenix devrait être les prochains sur la liste… (dipso depuis le 9 avril 2013)

https://soundcloud.com/backlotmusic

 

David Bowie – The Next Day (Columbia)

On a gentiment laissé passer quelques semaines avant de vous parler du nouveau Bowie. Déjà parce qu’on bien failli saturer à force d’avis contraires, et ensuite parce qu’on avait pas envie de vous gonfler en jouant les spécialistes et de se lancer dans une analyse de surdingo des morceaux et de la couvrante pleine de mystères et d’interrogations. On est comme ça au Daily Mars, on prend soin de nos lecteurs. Mais alors, quid du nouveau Dawid Bovie ? Et bien force est de constater qu’à 66 piges, le bonhomme a encore de beaux restes. Bien sûr ce n’est pas un grââânnd Bowie, ce n’est pas non plus son album le plus avant-gardiste, mais je ne connais pas beaucoup de gens qui à l’heure actuelle sont capables d’aligner 14 titres (17 sur la version extended) sans qu’aucun ne soit à jeter aux orties. Certains pourront dire que c’est du Bowie sans effort, ils auront sans doute raison. Mais compte tenu de sa carrière, je ne suis pas sûr que ce soit à lui d’en faire. (dispo depuis le 11 mars 2013)

http://www.davidbowie.com/

 

 

Depeche Mode – Delta Machine (Columbia / Sony)

Chose curieuse, le dernier Depeche Mode commence au 5ème morceaux. Avant, je ne sais pas qui c’est. Il y a bien un gars dont la voix ressemble à celle de David Gahan, mais c’est tellement poussif et peu inspiré que j’ai du mal à croire que c’est le même bonhomme. D’autant que passé les 4 premiers morceaux, ça devient très bien. Depeche Mode continue sa descente aux enfers minimalistes et bluesy pour notre plus grand plaisir. Alors, qu’ils aient laissé les 4 premières plages à un petit groupe de jeunes qui en veulent, ma foi, c’est tout à leur honneur, mais ça fout tout de même passablement l’album par terre. Dommage. (dispo depuis le 25 mars 2011)

 http://www.depechemode.com/

 

Mike Patton – OST Places Beyond The Pines (Milan)

Ça aurait été sympa de lui payer un petit orchestre à Mike, plutôt que de le laisser tout seul dans sa chambre avec son Mac et Garage Band. Parce qu’on sent bien que le père Patton voulait faire un truc intéressant, qui sort de l’ordinaire. Mais les chœurs synthés, non c’est pas possible, sauf chez les Residents et encore, pas tout le temps. A ce sujet, l’influence est d’autant plus claire ici que les sons se ressemblent, sauf que chez les Residents il y a ce petit truc qui fait que ça marche, et là, pas. Bon, tout n’est quand même pas à jeter dans cette BO. Y’a tout de même des titres qui fonctionnent bien, malgré le côté cheap de la prod. A vrai dire, c’est quand elle se fait le plus minimaliste que ça fonctionne le mieux, ce qui n’est pas du tout surprenant, sachant qu’il y a toujours comme arrière goût de plastique mou qui traîne dès qu’on veut faire du forte avec un synthé. Toujours est-il que compte tenu du bonhomme, je m’attendais à mieux. (dispo depuis le 18 mars 2013)

http://www.milanrecords.com/releases/releases.php?release_name=THE_PLACE_BEYOND_THE_PINES

 

Dirty Beaches – OST Water Park (Cargo)

Il commence à me courir sur le haricot Alex Zhang Hungtai à faire que des EP. C’est rigolo, mais à un moment va bien falloir qu’il me dépasse le cap des 30 minutes, tout de même. Bon, là forcément, vu qu’il s’agit de la musique d’un trip visuel (comprendre documentaire arty), on peut pas non plus lui en vouloir de ne pas en avoir mis des tartines. D’autant que des tartines comme celles-ci, je suis pas sûr d’être preneur. Ne me méprenez pas, il y a des trucs très bien là dedans, mais ça tourne rapidement en rond. Le problème c’est qu’il est pas le premier à donner dans ce genre d’expérimentation musicale, et que c’est pas le meilleur non plus. Cela dit, ça vaut le coup que vous alliez y jeter un coup d’oreille, et tant qu’à faire, si vous ne connaissez pas, allez donc voir ces autres EP (grrr), notamment Badlands, pour les fans de David Lynch.

http://dirtybeaches.bandcamp.com/album/water-park-ost

 

 

Danny Elfman – OST The Promised Land (Sony Music Classique)

Ce disque, c’est un peu L’ABC de l’OST pour film indé. Y’a tout ce qu’il faut, le petit orchestre, le piano, le glockenspiel et autres vibraphones, tout est très jolie, bien foutu, mais il y a un je ne sais quoi qui fait que ça coince. Ça ne décolle vraiment jamais (un peu comme le film), on l’écoute de bout en bout sans fléchir, mais sans vraiment frémir non plus. C’est bien fait mais on est loin (hyper loin) des envolées d’un Mychael Danna par exemple (Le Stratège, Truman Capote). C’est dommage, parce que ça fait toujours du bien quand Elfman arrête de faire son Elfman pour proposer autre chose. Petite parenthèse, cela dit, pour le titre N° 8, Turn Around, qui est un collage de différentes prises et qui du coup est le plus intéressant de l’album. Rien que pour ça, ça vaut quand même le coup de l’écouter.

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