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Music Review : Oasis, (What’s The Story) Morning Glory (Remastered- Deluxe Edition) (Big Brother/PIAS)

Music Review : Oasis, (What’s The Story) Morning Glory (Remastered- Deluxe Edition) (Big Brother/PIAS)

Note de l'auteur

oasisDans la guerre de la brit-pop, Parklife et (What’s The Story) Morning Glory sont des chevaux de bataille qui s’écoutent encore à moitié comme des artefacts, qui pourraient être des reliquats d’une certaine idée du pop-rock anglais des 90’s qui est, contre toute attente, partie à la conquête du monde. Alors que Pulp s’en foutait éperdument et que Blur et Damon Albarn souhaitaient à peine participer à des quolibets par médias interposés (les médias en question étant assez souvent Q et le NME), les frères Gallagher se sont emparé de la compétition : cette Brit-pop War c’était le vent qu’il leur fallait pour mettre les voiles. Ou, de manière plus terre-à-terre le coup de Stetson au cul qui leur a évité le coup de barre de deuxième album.

Morning Glory, c’est d’abord « Wonderwall », chanson associée à jamais à Oasis dans l’inconscient collectif (et les FM qui ne passent presque plus de titres du groupe. Ou de Blur d’ailleurs). Un titre calme, pop, soutenu par un cello, et le phrasé punk aux inflexions si chargées en mépris de Liam Gallagher. Une baudruche interplanétaire, un hymne à bar, un karaoké que tout le monde (même tes grands-parents. Si, demande-leur) peut entonner avec joie et voix cassée. Il est peu étonnant, et même très intelligent, que la réédition ne mette pas en lumière CE titre outre-mesure dans des versions live, tellement ce titre appartient moins à Oasis qu’au public.

Morning Glory, ça énerve, ça divise mais c’est de la pop-rock de stade, bâtie autour de rengaines imparables, de citations sans honte (non sérieux, « Imagine » quoi…. Voire plus loin, « Uptight » de Stevie Wonder sur  « Step Out » ), et un grand sens de la grandiloquence. Oasis s’y croit, ils le prouvent, et ils bâtissent un mur sonique pour la balancer à la gueule des FM bien avant un Matthew Bellamy. Morning Glory, contrairement à son successeur Be Here Now, c’est aussi de la retenue, de la concision : le seul « jam » à prolongation est gardé pour le final, avec une apparition de Paul Weller présenté comme un pape à harmonica et riff de guitar hero.

L’arme fatale de Morning Glory, c’est surtout Liam, qui n’a jamais été aussi bien utilisé pour amener un uppercut frontal à certaines des compositions de son frangin Liam. Même si la guerre fratricide qui a fait Oasis plus de 15 ans durant ne cessait pas, elle trouve ici une forme de détente. Créativement, malgré tous ses airs racoleurs, Morning Glory était le sésame pour accéder à la visibilité internationale, comme les Stone Roses s’autoproclamant « best band around » (une autre histoire intrinsèquement Mancunienne). Avant une descente hardcore (nous nous ferons un plaisir de disséquer Be Here Now si une réédition parvient dans les bacs), le songwriting de Noel n’a jamais été aussi aguicheur, adolescent……. Et bon. Surtout bon.

Point de DVD pour cette réédition deluxe de Morning Glory, mais 2 CD de plus remplis jusqu’à ras-bord du matériel des sessions. Une version démo de « She’s Electric » est une des principales attractions du troisième CD, mais c’est surtout un écrin à faces B, celles-là même qui composaient la majeure partie de « The Masterplan », sorti en 1998. On trouve également des titres qui dépassent en énergie la douzaine de titres présents sur l’album, comme « Round Our Way », ses cuivres élégiaques et son harmonica déchaîné qui dépotent encore plus sur la version live en MTV Unplugged. Ajoutons à ça une interprétation proprette par Noel de « Some Might Say », beaucoup moins portée sur l’hymne extraverti et tous crocs dehors de la version studio (et du live à Roskilde au Danemark circa 1996).

Urgent, racoleur, festif, grandiloquent, spontané, important, teigneux : autant d’adjectifs qui s’appliquent à la majorité des titres présents sur cette orgiaque réédition. Aussi calorique qu’un menu fast-food? Un songwriting qui reste en-deçà d’un Richard Ashcroft, Jarvis Cocker et autres auteurs-phares de la décennie 1990? Bien sûr. Mais ce deuxième Oasis c’est surtout une décharge d’énergie qui colle le sourire aux lèvres et qui est accueillante sous ses airs de vouloir en découdre. Et ça, ça ne peut pas vieillir.

 

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