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Music Reviews : Prince- Art-Official Age & 3rd Eye Girl – PLECTRUMELECTRUM (NPG/Warner Bros.)

Music Reviews : Prince- Art-Official Age & 3rd Eye Girl – PLECTRUMELECTRUM (NPG/Warner Bros.)

Note de l'auteur

princeCe coquin de Prince avait un peu disparu des projecteurs depuis 2010. Et lentement, depuis 1 an, entre des apparitions chez Jimmy Fallon, ou encore un titre sur le dernier album de Janelle Monae – des apparitions chez d’autres artistes qui se sont amenuisées depuis 15 ans au moins -, il a laissé poindre une certaine réinvention. Sauf qu’elle n’était pas forcément musicale, mais plus une tentative de s’approprier la culture Internet après l’avoir rejetée, voire combattue (les performances live retirées de YouTube et autres injonctions d’avocats à l’encontre de gros fansites). Certes, ça donnait du r&b moelleux façon Diamonds & Pearls surgonflé aux 808, mais le choix de jaquettes ou l’extension pince-sans-rire de memes bien connus (« This Could Be Us ») ne laissait aucun doute : Prince voulait vraiment succomber à l’ère de la communication digitale. Comment, dès lors, traduire ce pérenne souci de modernité de la part de l’artiste précédemment connu sous le nom de The Artist?

Réponse avec Art Official Age, qui marque un nouvel album résolument pop chez celui qui a resigné un contrat de distribution chez Warner Bros. Egalement pour réexploiter ses albums les plus connus à la manière d’autres légendes du rock (mais là encore, mystère et boule de gomme, la réédition de Purple Rain promise se faisant désirer). Si on sait quelque chose de Prince Rogers c’est qu’il n’a pas peur d’être radical dans ses tentatives, quitte à se planter dans les grandes largeurs. Et, pour une frange de mélomanes, l’écoute des titres de Art Official Age risque bien d’être l’éternel recommencement des albums du début des 90s, Love Symbol et autres. L’intro, « ART OFFICIAL CAGE », mélange serpentins de guitare façon « Let’s Go Crazy » au pire de la dance music de stade façon Avicii ou David Guetta. L’effet produit sur l’auditeur est le suivant :

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Heureusement, le reste de l’album se rattrape très vite. La voix de Prince est délivrée avec l’assurance d’un pro qui sait pousser son registre ce qu’il faut, et donner de l’émotion là où il faut : mention spéciale aux râles vintage du blues-funk de « BREAKDOWN », servis avec Mellotron pour appâter le chaland. On pardonne ces errements qui sonnent comme des répétitions (« The Gold Standard » qui est devenu bronze tellement le Prince des années 2000 a épuisé ce créneau) tant les idées Princières brillent par leur exécution impeccable sur d’autres titres : « FUNKNROLL » est un mélange de beat hyphy, d’hymne dévergondé rappelant « Housequake » et d’accents juke. Ailleurs, un sample du jeune talent du r&b Mila J et un piano espacé et aguicheur rythment « U KNOW », à peine agrémenté de quelques arpèges électroniques. On se dit que ça y est, en cédant au sampling mais en restant lui-même, Prince peut enfin rentrer en radio sans trop céder au racolage (encore une fois, « ART OFFICIAL CAGE »). Ajoutons des collaborations bien mises en valeur avec Lianne La Havas, et on obtient une des cures de jouvence les plus réussies de Prince depuis Musicology. Pourra-t-il reconquérir la FM et un public plus jeune? En tout cas, le mixage de l’album stéroïdé et hollywoodien n’a rien à envier au tout-venant pop des majors. C’est donc la perspective, et un peu d’ouverture semi-autobiographique (« WAY BACK HOME ») qui rendent ce Prince 2014 intéressant.

Hélas, il en profite aussi pour sortir PLECTRUM ELECTRUM le même jour, appendice funk-rock mutin de son nouveau (pardon, son énième) groupe de scène, le trio féminin 3rdEyeGirl (il est le leader mais n’apparaît pas sur la pochette). A savoir Hannah, Ida et Donna, soit les trois filles du Docteur Prince. Qui, là où il laissait Lianne La Havas compléter ses compositions et la mettait en valeur, vampirise totalement ses ouailles sur la quasi-intégralité des 40 minutes du disque. Si les apparitions live de 3rdEyeGirl sont assez compétentes, le fun assumé de PLECTRUM ELECTRUM ressemble à une autre visite supplémentaire à Paisley Park. L’intention du disque est d’offrir le revers de la médaille au souvent langoureux Art Official Age, mais provoque l’ennui et une vacuité dans l’identité du groupe indéniable. Des riffs passe-partout, des rockers qui prennent plus la pose qu’ils ne restent en mémoire (merci à « MARZ » qui a le bon goût de faire 2 minutes). Finalement, hormis le groove métronomique de « STOPTHISTRAIN », la reprise compétente de Alice Smith « ANOTHERLOVE », et une version acoustique de « FUNKNROLL », cet opus de 3rdEyeGirl sonne comme un caprice des di…. du Prince, à qui il manquerait l’expérimentation et la provocation d’un Vanity 6 ou Madhouse. Bref, s’il évolue en bien et sait tirer parti de l’intérêt renouvelé d’une nouvelle génération d’artistes, Prince ne change pas. Y compris ses mauvaises manières. L’exemple le plus probant est PLECTRUM ELECTRUM.

ART OFFICIAL AGE : 3,5/5.

PLECTRUM ELECTRUM : 2/5.

 

 

 

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