Musique de jeu vidéo : Hyper Light Drifter de Disasterpeace

Musique de jeu vidéo : Hyper Light Drifter de Disasterpeace

Note de l'auteur

Disasterpeace fait partie de ces compositeurs au son immédiatement reconnaissable. Il a fait une incursion remarquée au cinéma avec It Follows et a déjà bon nombre de jeux vidéo à son actif. Fez, un jeu indépendant qui a eu son heure de gloire en 2012 l’a révélé aux yeux du monde. Il revient ici avec une nouvelle production vidéoludique. Son style si particulier est-il toujours au rendez-vous ou va-t-il voguer vers de nouveaux territoires sonores ?

Nous avions quitté Rich Vreeland, alias Disasterpeace, l’année dernière dans la noirceur de la BO du film de David Robert Mitchell, It Follows. Il avait alors effectué un travail très intéressant, inspiré par la musique des longs métrages de John Carpenter, aussi compositeur pour ses propres œuvres. À vous glacer le sang ! L’article du Daily Mars est disponible ici.

Disasterpeace-FEZ-Demo-Gamers-RhapsodyDisasterpeace revient ici au jeu vidéo, le média qui l’a fait connaître. Il utilise la formule qui a fait son succès, en faisant plonger l’auditeur dans un monde musical lo-fi (technique stylistique de production consistant à créer un son de basse qualité afin de le salir) où le synthétiseur est roi.

Mais au fait, Hyper Light Drifter, c’est quoi au juste ? Eh bien cher lecteur, ce jeu mêle l’exploration « à la Zelda », la rigueur d’un Dark Souls et des graphismes rétros 8 et 16-bits, en référence aux consoles et ordinateurs des années 80/90. L’engouement autour de ce titre d’action-aventure du studio indépendant Heart Machine va croissant depuis sa sortie. Il faut dire qu’il propose une atmosphère très particulière, entre ses couleurs saturées et son ambiance très mélancolique, elle-même sublimée par la musique de Disasterpeace.

Ceux qui suivent de près le compositeur se sentiront à coup sûr en territoire connu car l’artiste défini lui-même le jeu et sa musique comme « les successeurs spirituels de Fez ». Au moins, c’est clair.

Petite précision. Si vous êtes largués et que les histoires de consoles, PC et autres manettes à l’ergonomie révolutionnaire vous passent au dessus du joystick, ici nous parlerons musique. Donc ne fuyez pas et… détendez-vous. Allez, on y retourne !

Des sons électroniques trafiqués dépeignent un univers sombre où les notes de musique prennent le temps de s’étirer dans des mélodies minimalistes aux harmonies peu communes et originales.

Dans le très beau Flock, un panorama sonore se construit en exploitant au mieux la stéréo afin de donner un sentiment d’immensité. L’arpège entêtant et étrange de The Midnight Wood oscille à gauche, à droite puis s’en va pour ressurgir enfin jusqu’à terminer seul le morceau.

L’aspect contemplatif de la musique est parfois agrémenté de rythmiques désarticulées et programmées avec des bouts de sons triturés faisant souvent penser aux productions d’un certain Aphex Twin. Un compliment, cela va s’en dire ! Ainsi, Vignette: Corruption et The Sentients s’en donnent à cœur joie en déroulant leurs rythmes hypnotiques évoluant dans des saccades synthétiques du plus bel effet.

Une des différences avec Fez est l’utilisation (assez rare il est vrai) du piano qui ouvre les hostilités et ferme la marche avec Panacea, une très belle pièce jouée exclusivement avec l’instrument. Notons aussi qu’une guitare acoustique fait une unique apparition dans Seeds of the Crown.

Disasterpeace livre ici une bande originale qui ravira ses fans et plongera les curieux dans un monde sonore des plus originaux. L’utilisation de rythmiques électroniques complexes, travaillées et toujours efficaces est un des points forts de son travail pour Hyper Light Drifter. On sent que le monsieur essaie de se renouveler en ajoutant de nouveaux éléments à ses compositions. Originalité et bon goût se côtoient dans une ambiance sombre, souvent expérimentale et très particulière.

La musique de Hyper Light Drifter est disponible en écoute et à la vente sur le site de Disasterpeace en cliquant sur ce lien.

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