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Mutants au shaker, pas à la cuillère : Critique de X-Men : First Class, de Matthew Vaughn

Mutants au shaker, pas à la cuillère : Critique de X-Men : First Class, de Matthew Vaughn

Note de l'auteur

La loi de l’univers lucratif du blockbuster, analogue aux célèbres matriochkas, veut qu’un premier succès engendre fatalement des petits clones cupides. Et si seule la taille des poupées russes diminue au fur et à mesure qu’on les ouvre, c’est la qualité des films qui elle décline d’une suite à l’autre. Seulement parfois, ô miracle, il arrive qu’un mouton noir déjoue tous les pronostics et s’illustre à tel point qu’il surpasse tous les membres de sa fratrie, aîné compris. C’est tout à fait le cas d’X-Men : First Class qui, dans la saga mutante, est pris en sandwich entre deux Bryan Singer et un gros raté de Brett Ratner d’un côté, puis par les deux dernières Syngeries de l’autre (très mal habillés les Synges).

 

Après trois volets, c’est donc à Matthew Vaughn, auréolé par la réussite explosive de Kickass (2010), que revient l’illustre honneur de mettre à bas ce fantastique préquel. À l’épicentre : la rencontre dans les sixties, en pleine guerre froide, entre les futurs frères ennemis Charles “Professeur X” Xavier et Eric “Magnéto” Lensher, qui déboulera sur la création de l’équipe de super-héros la plus persécutée de tous les temps. Les deux big boss (joués par James McAvoy et Michael Fassbender au top de leur forme) jouissent d’arcs narratifs captivants, dans leur relation respective comme dans leurs objectifs personnels. Michael “Magnéto” Fassbender en tête, dont le passé dans les camps de la mort, ébauché dans le premier X-Men, est ici creusé pour forger un homme en perpétuelle quête de vengeance, obsédé par la traque impitoyable de hauts dignitaires nazis.

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Mais la véritable force d’X-Men : Le Commencement réside dans l’angle adopté par Matthew Vaughn. Plus qu’un énième blockbuster, il est un vibrant hommage aux James Bond des années 60. Un film d’époque donc, aux décors dépaysants et costumes léchés (qui réinventent avec brio le look des premiers X-Men dessinés par Jack Kirby, la seule vraie réussite de la saga à cet étage). En guise de vilain excentrique, c’est un Kevin Bacon aux petits oignons, digne du célèbre Dr No (pas le nôtre), qui affiche des ambitions démesurées : ho, rien de moins qu’orchestrer en sous-marin, au propre comme au figuré, la célèbre crise des missiles de Cuba pour pousser notre espèce sous-développée à la troisième guerre mondiale. Une trame de fond humaniste qui fleure bon l’espionnage, les rencontres insolites et le voyage intercontinental. Côté gadget, les mutants, avec leurs pouvoirs, sont naturellement équipés. Du James Bond on vous dit. Et ce n’est pas le générique de fin, clairement inspiré par ceux de Maurice Binder aux débuts de la franchise 007, qui viendra contredire cette impression. Ni le fait que Matthew Vaughn enchaîne après sur la réalisation de Kingsman : Services secrets.
Alors oui, on pourra reprocher à X-Men : First Class de négliger quelques seconds couteaux parfois ridicules au demeurant (une fée qui crache des boulettes de viande suédoise), mais c’est souvent le lot de tout super-héros choral. Et ce n’est pas si gênant ici tant l’aventure et son intrigue futée apportent leur lot d’action bien rythmée, de thèmes musicaux inédits dantesques (Henry Jackman), de scènes iconiques (l’avènement de Magnéto qui n’a rien à envier à un « Luke je suis ton père »), de fun et autres caméos inattendus. Du cinoche de genre efficace et des mutants surpuissants : que demande le peuple ?

2011. USA. Réalisé par Matthew Vaughn. Avec James McAvoy, Michael Fassbender, Kevin Bacon, Jennifer Lawrence…

Votre séances au cinéma Les Fauvettes :

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