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Nanarland, Le Livre des Mauvais Films Sympathiques (Episode 2)

Nanarland, Le Livre des Mauvais Films Sympathiques (Episode 2)

Note de l'auteur

Nous l’attendions avec impatience, le second épisode du Livre des mauvais films sympathiques de l’équipe de Nanarland est sorti. On ne prend pas les mêmes mais on recommence, découverte de curiosités toujours plus surprenantes dans un ensemble qui se structure.

nanarlandtome2_largeLa précédente anthologie ne finissait pas sur un cliffhanger, pouvait même se suffire à elle-même mais invitait à un second épisode. On y découvrait les films matriciels d’une culture nanar porte d’entrée impeccable pour pénétrer une cinématographie parallèle, faite de mimétismes tordus, de miroirs déformants et de suiveurs opportunistes. Un guide parfait qui vous tenait par la main avant de vous lâcher dans l’immensité des mauvais films sympathiques. On ressentait autant d’excitation que d’appréhension à déambuler dans ce palais des glaces où le risque de tomber sur le frère ennemi (le navet) pouvait survenir à chaque instant.

S’il y a une chose que l’on ne peut enlever aux nanars, c’est leur générosité. Et ça tombe bien, c’est aussi ce qui qualifie les rédacteurs de Nanarland. Dans sa belle reproduction d’une VHS (rouge, cette fois-ci) magnifiquement illustré par Melki, le second épisode vient compléter la précédente aventure d’un nouveau découpage thématique : le cinéma d’anticipation, militant, les mâles alpha, les films jeune public et les comédies (musicales ou non). L’occasion de se rendre compte que les nanars ne sont pas réservés aux étagères poussiéreuses d’obscurs vidéoclubs mais se sont également invités sur le grand écran (Battlefield Earth avec John Travolta et Forest Whitaker ; Beowulf avec notre Totophe Lambert national ; L’Âme sœur de Jean-Marie Bigard) ; que la France possédait un rare talent pour les titres de ses comédies ( Mon curé chez les Thaïlandaises, Le Congrès des belle-mères) ; de repérer des visages familiers qui ne vous laissent rarement tomber (Chuck Norris, Steven Seagal, Charles Bronson, Jean-Claude Van Damme, Fred Williamson…) ; que l’on peut toujours compter sur les Italiens (merci à Enzo G. Castellari, Bruno Mattei, Ruggero Deodato, Luigi Cozzi…) ; et que les nanars ne sont pas qu’un plaisir d’adultes (de Ratanouilles à Karaté Dog).

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Mad Foxes

Un peu comme Mad Foxes, c’est quand on estime avoir atteint les sommets du ridicule que les auteurs nous prennent par surprise et dégotent un improbable spécimen dont le résumé provoque une hilarité apathique. De scenarii kamoulox en plagiat éhonté et piteux, la liste des nanars s’agrandit, s’organise, se décline et donne la possibilité de s’improviser programmateur de festival en sélectionnant une poignée d’élus. Nanarland, Le Livre des mauvais films sympathiques (épisode 2) ne fournit pas seulement une nouvelle occasion de rigoler du septième art mais de consolider une culture en lui donnant une forme. Deux volumes aussi récréatifs qu’instructifs qui permettent de briller en société quand la conversation s’achemine vers un silence embarrassant. Vous pourrez ainsi mentionner un film de propagande de l’ex-URSS qui réécrit l’histoire soviétique et la seconde Guerre Mondiale (La Chute de Berlin) ; Salman Rushdie en Batman (International Guerillas) ; que les belle-mères françaises savent se défendre en chanson (Le Congrès des belle-mères) ; que Mister T a fait dans la vidéo éducative (Be Somebody… Or Be Somebody’s Fool), ou encore réciter quelques beaux moments de poésie.

Nanarland est le genre de livre qu’on aime laisser traîner sur le coin d’une table. Parce qu’on aime le feuilleter, l’ouvrir à n’importe quelle page et se plonger dans la découverte d’un film invraisemblable. Mais aussi parce qu’il se prête à l’invitation. Le placer à la vue de tous, c’est savoir qu’il ne restera pas orphelin très longtemps. L’objet attire l’œil et sa lecture vous absorbe. Le nanar est, par sa nature, un film convivial. Le Livre des mauvais films sympathiques l’est tout autant.

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