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Les Neiges de l’éternel : quand un fantôme hante le Japon médiéval

Les Neiges de l’éternel : quand un fantôme hante le Japon médiéval

Note de l'auteur

Dans un Japon médiéval fantasmé, cinq personnes vont se croiser, s’aimer, se sauver. Une histoire de famille, une histoire de frère et sœur, une histoire d’espoir en hiver.

Claire Kurst.

Claire Krust.

L’histoire : Yuki est la fille d’un aristocrate, le Daimyo. Un grand Seigneur. Elle vit, isolée, avec sa mère et son frère, tombé gravement malade. Or, elle le sait, il existe un herboriste, pas si loin, là-bas, dans la montagne. À elle de le trouver.

Mon avis : Les Neiges de l’éternel est un roman qui se prête bien à la saison. Froid et enneigé. Ce n’est pas un roman d’aventure, ou de passage de l’âge adulte. C’est un roman sur la famille, et les liens que l’on peut tisser avec des inconnus. C’est un roman sur l’espoir et l’esprit d’aventure, où se croisent un fils d’herboriste, une jeune geisha, une fille de seigneur… Mais si l’histoire se passe dans le Japon médiéval, point trop d’exotisme. Ce pays sert plus de cadre, avec ses temples et ses tenues, légères et belles. Point trop non plus de clichés, sur la nourriture, les habitudes, les comportements. Le Japon est un cadre qui se prête à cette rêverie.

Il s’agit du premier roman de Claire Krust, et si cela se sent dans une certaine naïveté et un manque de profondeur à certains moments, il en reste un roman léger, et un peu triste. Une histoire aussi, qui ne donnera pas réponse à toutes les questions. Si chaque personnage a son identité propre, ils ont tous en commun la volonté de se débattre contre le destin. Qu’il s’agisse de la maladie, du passé, de sa situation ou de sa famille. Ce sont leurs débats intérieurs qui sont mis en avant. Bref, une jeune auteure à suivre, qui sait manier la poésie de la neige.

"Reconstitution du ponton de Sano dans la province de Kozuke", Hokusai Katsushika

« Reconstitution du ponton de Sano dans la province de Kozuke », Hokusai Katsushika

Un roman tout particulièrement conseillé à un lectorat peut-être jeune ou adolescent. Les phrases sont courtes, ciselées et directes. Le cadre permettra sans doute facilement de s’évader. Les histoires de frères, de famille feront ainsi écho. Le thème et le phrasé, le rythme du roman divisé en cinq parties, chacun présentant un regard différent, permettront au moins de s’attacher à un des personnages. Bref, conseillé aux personnes qui n’aiment peut-être pas lire, mais ne sont pas encore tombés sur le bon roman. Une belle histoire de fantôme, ça marche toujours, surtout s’il est mélancolique, non ?

Autour du livre : Comme d’habitude chez ActuSF, une petite interview de Claire Krust à la fin du roman. Et cette dernière a sa page facebook, par ici.

Extrait : « Pour son frère, la calligraphie était plus qu’une passion, elle était l’essence même de la vie. Souvent, le soir venu, Yuki s’accroupissait dans un coin pour le regarder faire, fascinée par l’habileté de son poignet et intimidée par le sérieux de son visage. C’était un garçon minutieux et perfectionniste. Alors que son pinceau aux poils longs glissait sur le papier traditionnel, son bâton d’encre était soigneusement déposé près de la pierre à broyer où l’encre se diluait lentement dans de l’eau pure.
Yuki rêva de lui cette nuit encore. Son visage restait plongé dans une ombre inconnue et seule sa main, vivace, traçait ces signes inlassablement. »

Sortie : août 2015, éditions ActuSF, 344 pages, 18 euros.

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