Nestor Burma, corrida aux Champs-Élysées de Malet et Barral

Nestor Burma, corrida aux Champs-Élysées de Malet et Barral

Note de l'auteur

Douzième opus en BD pour un Nestor Burma plus que jamais taureau dans les arènes cinématographiques. Il rue et met des coups de corne pour tenter de percer les mystères d’un milieu peu fréquentable. Pas sûr que cela suffise à éviter les cadavres mais assez pour nous fournir une aventure réussie en tout point.

L’histoire : Nestor Burma fréquente le VIIIe arrondissement et le milieu du cinéma. Après avoir joué les bodyguards pour une starlette écervelée, le détective de choc se trouve confronté à des entrepreneurs un peu trop entreprenants et un peu trop louches. Le milieu a gangréné le 7e art et « Dynamite » Burma va tenter de survivre et de démêler le vrai du faux dans une fange assez nauséabonde.

Mon avis : On passe un sacré bon et long moment en dévorant cette douzième adaptation des Nouveaux mystères de Paris de ce bon Léo Malet. L’intrigue est compliquée à souhait, les rebondissements nombreux et le rythme très vif en dépit des 96 pages de ce récit.

Pas grand-chose à reprocher, plutôt beaucoup à applaudir des deux mains pour cette troisième signature de Nicolas Barral dans l’univers du détective qui met le mystère K.O. On retrouve aussi beaucoup d’éléments de l’adaptation télévisuelle et particulièrement les grivoiseries de Burma. À la Guy Marchand, l’homme est séducteur et croise des nymphettes plutôt délurées et frivoles. Ah, le décolleté vertigineux et dangereux de Denis Falaise… Ce qui ne gâche rien.

Pas plus que le clin d’œil à Robert Dalban, pittoresque majordome des Tontons flingueurs, magnifiquement dessiné sous les traits d’un larbin d’un gros ponte du cinéma. Pas plus non plus que les petites anecdotes sur Paris qui parsèment cette BD (type le panneau sur le pont Alexandre III qui indique qu’il est interdit de battre les tapis sous le pont…)

Cette BD a également le mérite de dépeindre un milieu, le cinéma, qui frayait sans peine avec le milieu dans les années 50. Des relations interlopes dans un domaine qui ne l’est pas moins.

Même la mise en couleur ne choque pas. C’est dire.

Bref, à lire et à relire.

En accompagnement : Cigarettes, whisky et p’tites pépées de Guy Marchand, himself. Crooner.

Si vous aimez : Le très chic VIIIe arrondissement de la capitale même s’il est désormais et depuis quelques semaines moins paisible le samedi.

Autour de la BD : Après Boulevard… ossements et Micmac moche au Boul’mich, Barral, qui alterne avec Moynot, perpétue les aventures du célèbre détective. Toujours une adaptation des romans de Malet et de l’univers graphique de Tardi ; toujours une réussite.

Extraits : Commissaire Florimond Faroux : « Vous recueillez le dernier soupir d’une actrice qui se suicide à l’opium. Un de vos copains se fait décerveler… Votre chignole sert de corbillard, et cette nuit, vous vous faites tabasser pour protéger mademoiselle. Oui, elle a prononcé votre nom, Burma, en alertant les collègues. Alors quelle place occupez-vous dans tout ça ? »

Nestor Burma, Corrida aux Champs-Élysées
Écrit par Léo Malet
Dessiné par Nicolas Barral
Édité par Casterman

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