Nick Waterhouse – Holly (Because Music)

Nick Waterhouse – Holly (Because Music)

Note de l'auteur

nick_waterhouse_91Nick Waterhouse n’a peut-être pas la voix la plus expressive du monde, mais pallie tout ça par un arsenal d’arrangements et puise dans un repertoire bien balisé à faire pâlir un Blues Brother. Holly est un disque absolument rétro, non pas dans le sens racoleur du terme, mais dans le sens ludique. La première moitié du disque met en avant le rockabilly le plus caractériel avec le r&b le plus sauvage, Jerry Lee Lewis-style, tandis que la deuxième moitié est plus axée sur du r&b façon Stax et du blues-rock, notamment avec la reprise de « Ain’t There Something Money Can’t Buy » de Young Holt Unlimited. Et Waterhouse n’a pas son pareil pour faire vivre son amoncellement de personnages : de Holly, personnage-titre, fille en sortie de route aux joueurs de poker compulsifs (« This is a game »), on peut faire le tour de Los Angeles sans peine. Et ici et là, quelques refrains accrocheurs persistent, chantés par des choeurs féminins au poil et désabusés (« Sleeping Pills », « Dead Room »).

Accompagné par Kevin Augunas (producteur de récentes galettes de Cold War Kids et Edward Sharpe & The Magnetic Zeros), Holly se joue tout seul, avec une certaine générosité chez les zicos, comme un solo d’orgue sur « This is A Game », ou encore sax et piano électrique qui viennent compléter « Dead Room ». Waterhouse sait aussi brasser plus loin que son sérail habituel avec le jazzy « Well It’s Fine ». Mais il se dégage quand même de Holly une sensation d’académisme et de mimétisme qui rend certains titres oubliables et poussiéreux. Le « It #3 » n’arrive jamais vraiment à décoller, et « This Is A Game » a un riff de cuivres qui est censé agripper l’auditeur, mais finit par tourner en rond. Quand on sait que les titres sont placés en début de disque, Waterhouse est loin de faire une entrée en matière réussie. On peut inputer cela à certaines limites dans la voix de Waterhouse, qui, malgré un bon songwriting, n’arrive pas à engager assez l’auditeur. Holly reste ainsi statique dans sa volonté de rénovation du genre et de spontanéité, malgré de belles tranches de rock et soul servies avec la passion de l’orfèvre. Ce tour de manège a beau être complet, il lui manque un supplément de pep’s pour se hisser au-dessus de la mêlée.

Play It : Sleeping Pills, Dead Room

Skip It : Well It’s Fine, This Is A Game

 

 

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