Nobody, saison 2, L’Agneau de Christian de Metter

Nobody, saison 2, L’Agneau de Christian de Metter

Note de l'auteur

Noir, c’est noir, il n’y a plus beaucoup d’espoir. Si ce n’est celui de vivre une nouvelle saison palpitante de Nobody. On a quitté le huis-clos américain entêtant du début du siècle pour un retour dans l’Italie des années troubles à la fin du XXe siècle. Celles où les deux extrêmes jouaient des coudes pour déstabiliser un État pas sûr de ses bases. Attentats et séquestrations sont alors de mise dans un maelström où police, justice, politique et presse sont méchamment entremêlées. Cela donne le premier opus de ce polar intense.

L’histoire : au milieu des Années de plomb en Italie, Gloria, fille et petite-fille d’une famille patricienne, se fait enlever pour faire pression sur son papa de juge. Sauf que le plan ne se déroule pas sans accroc. Il prend même un malin plaisir à ne pas se passer comme prévu. Question commanditaire, difficile également d’en savoir davantage, si ce n’est qu’un M. Nobody serait de la partie. Comme ces policiers en guerre et en concurrence qui lancent de belle manière la deuxième saison de ce polar bien noir.

Mon avis : rare sont les objets culturels qui parviennent à réconcilier deux mondes relativement antinomiques. Souvent, chacun excelle dans sa spécialité mais les ponts entre les deux sont très vite coupés. Là, on est au milieu du gué qui relie bande dessinée et littérature. En plein équilibre. Certes, nous avons a bien dans les mains des planches illustrées mais, nous dirait-on que nous sommes en train de dévorer un bouquin de  la collection La noire de Gallimard que nous ne serions pas plus surpris que ça. Nous sommes dans un entre-deux où l’imagination n’a même pas besoin de prendre le pouvoir car nous avons bien le côté roman noir et en même temps la traduction via le dessin.

La première saison nous avait épatés, cette entame de deuxième reste dans la même veine. L’intrigue y est de nouveau complexe. Un entrelacs de relations entre milieux opposés voyoucratie, police , football… Pour cette ouverture, on pouvait s’attendre à du plan-plan, histoire d’installer les personnages et le scénario, sauf que nous partons sur les chapeaux de roues. C’est de suite haletant, très noir et garni de suspense. Des débuts prometteurs qui donnent très envie d’en savoir plus.

Si vous aimez : Cadavres exquis de Francesco Rosi avec le grand Lino Ventura en vedette.

En accompagnement : un (ou deux) petits verres de Grappa bien au chaud un dimanche après-midi de ce mois de novembre dans un fauteuil confortable avec une chaude couverture sur les épaules.

Autour de la BD : Christiane de Metter est un alchimiste de génie. Tout ce qu’il produit se change en or. Il ne cesse d’empiler les récompenses depuis ses débuts en la matière au début du XXIe siècle. Prix du public à Angoulême pour Le sang des Valentines, prix des librairies de bandes dessinées pour Shutter Island, prix Mor Vran de la BD pour le même ouvrage… j’en passe et des meilleurs.  C’est un également un auteur complet capable de tout faire dans ses réalisations avec un trait délavé et proche du fusain qui sied parfaitement à son univers. On est parti pour un triptyque.

Extraits : « ‘Tain la salope. »

« Elle est où ? »

« Je sais pas, putain ! C’est une malade ! Elle m’a planté ! »

« Merde ! »

« Elle est dehors. Dans les bois. Remettez vos masques et attrapez-la ! »

« Hey ! Attends. Aidez-moi à bander mon bras ! »

« Qu’est-ce qui brille là-bas ? »

« Hey, c’est sa croix. »

Écrit et dessiné par Christian de Metter
Édité par Soleil / Noctambule

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