Nordic Noir en plein Jour Polaire (Séries Mania)

Nordic Noir en plein Jour Polaire (Séries Mania)

Note de l'auteur

Du 15 au 24 avril se déroule la septième saison de Séries Mania à Paris, et comme chaque année, le Daily Mars vous offre une couverture du festival. Au programme, critiques, bilans de conférences et autres surprises…

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Un ressortissant français est retrouvé mort dans la région de Kiruna, située en Laponie suédoise, à l’extrême nord du pays. En plein solstice d’été, alors que le soleil ne se couche pas, une enquête conjointe débute entre un procureur suédois et une inspectrice en provenance de Paris…

Le Nordic Noir ne laisse plus personne indifférent. Séries Mania a d’ailleurs largement contribué à accompagner nos regards latins sur les séries scandinaves.
Aujourd’hui, les grands auteurs des pays du Nord sont très demandés. ARTE coproduit la prochaine série d’Adam Price (Borgen). En Angleterre, ITV diffuse actuellement Marcella, créée par Hans Rosenfeldt (Bron). Et Canal+ montrait pour la première fois Jour polaire ce mardi dans le cadre de la compétition internationale du festival, une coproduction franco-suédoise que l’on doit à Måns Mårlind et Björn Stein (Bron).

Le spectre de Bron (aussi connue sous le nom de The Bridge chez nous) ne quitte justement pas l’esprit du téléspectateur. Mårlind et Stein ne sont pas à l’origine de l’idée de départ mais il est difficile de faire abstraction des similitudes émanant des deux séries. En effet, il est encore question d’un couple d’enquêteurs binational, constitué d’une femme et d’un homme aux sensibilités opposées et d’une affaire qui se nourrit d’un contexte social saillant.

C’est pourtant justement sur ce dernier point que l’on succombe à nouveau. Malgré la luminosité perpétuelle, Jour polaire embrasse les codes du thriller noir. Mais le caractère sordide du crime ne masque pas des enjeux sous-jacents importants (ici la culture lapone). Tout comme Bron, le suspens de l’enquête est savamment orchestré mais il n’a de sens que parce que les motivations du (ou des) tueur(s) sont patiemment introduites.

À ce titre, le premier épisode souffre d’une mise en place dense et indolente. Mais cette perte de rythme permet de profiter amplement d’une distribution parfaite et notamment de seconds rôles qui louvoient souvent sur un registre cocasse.
On retrouve avec plaisir l’excellent Peter Stormare (Fargo, le film) associé avec Leïla Bekhti (Un prophète, Tout ce qui brille). Elle élève un rôle pas forcément très équilibré entre une profession qu’elle semble maîtriser et un bagage familial complexe.

Le téléspectateur ne devra pourtant pas trop s’attacher au personnage de Kahina Zadi (Bekhti) car l’équipe venue débattre après la projection ne semblait pas vouloir maintenir l’illusion d’une suite. Reste néanmoins un récit bouclé, certes classique, mais exécuté de fort belle manière.

JOUR POLAIRE / MIDNIGHT SUN / MIDNATTSSOL saison en 8 ép. (52 min) qui seront diffusés à partir du 28 novembre sur Canal+.
D’après une idée des producteurs Henrik Jansson-Schweizer (Nice Drama) et Patrick Nebout (Atlantique Productions).
Écrite et réalisée par : Måns Mårlind et Björn Stein
Avec : Leïla Bekhti, Gustaf Hammarsten, Jakob Hultcrantz Hansson, Denis Lavant, Peter Stormare et Oscar Skagerberg.
Musique originale de : Nathaniel Méchaly.

Visuel : Jour Polaire © Ulrika Malm / Atlantique Productions & Nice Drama

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