Norskov, Apathie Générale (Séries Mania)

Norskov, Apathie Générale (Séries Mania)

Note de l'auteur

Du 15 au 24 avril se déroule la septième saison de Séries Mania à Paris, et comme chaque année, le Daily Mars vous offre une couverture du festival. Au programme, critiques, bilans de conférences et autres surprises…

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Alors que le maire de Norskov (Danemark) tente d’attirer de nouveaux investisseurs pour relancer l’économie de la ville, son plan est entravé par des problèmes de drogue récurrents. Il décide de faire appel à l’inspecteur Tom Noack, son beau-frère, de retour dans la ville.

Appeler sa série par le nom d’un lieu, c’est faire de ce dernier le personnage principal. Un sentiment que l’on éprouve devant Norskov. Mais un sentiment pas tout à fait accompli. La ville ne semble posséder aucune personnalité. Ses jeunes, son équipe de hockey, sa police… un portrait très sage que la drogue vient troubler sans pour autant ressentir de secousses.

Il est là le principal problème de Norskov : une retenue permanente qui nivelle le résultat jusqu’à lui faire perdre tout éclat. Un traitement à distance du deuil, de la drogue chez les jeunes, des secrets de famille, dans un ensemble un peu terne, un peu froid, comme si les émotions devaient être contenues. L’introduction de la série nous avait menti : une séquence pré-générique énergique, presque m’as-tu-vu, une chanson pop, dans un style très américain. On voyait déjà Norskov chercher l’international, gratter sur les terres yankee. Ce sera tout le contraire. Le dynamisme laisse place à une apathie générale.

NORSKOV-3La série semble se refuser à toute émotion, claudicant comme un mort vivant, tout aussi inexpressive dans le regard et lente dans la démarche. Norskov donne l’impression de manger du papier, ce n’est pas foncièrement mauvais, mais cela n’a aucun goût. On aimerait que la série lâche la bride, qu’elle se laisse aller, qu’elle cesse de se retenir pour assumer sa sauvagerie, son désespoir, sa frustration. Elle se contente d’allumer des mèches qu’elle éteint au dernier moment par peur de l’explosion avec en exergue, le pétard mouillé au terme du troisième épisode, sursaut soap impromptu et maladroit.

Norskov est une série pleine de frustration que l’on voudrait prendre par les épaules et lui crier au visage de se réveiller. Une série dont la nonchalance finit par énerver. C’est bien la seule émotion que l’on peut retirer. Et c’est bien peu…

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