Obscuritas (PC) : Horreur, malheur…..

Obscuritas (PC) : Horreur, malheur…..

Note de l'auteur

Surfant sur la vague des jeux narratifs d’horreur à énigmes (voir : Layers of Fear), Ravenscourt et VIS games nous présente Obscuritas, le jeu où vous devrez affronter vos plus grandes peurs. Pari réussi, le jeu fait peur à voir et à jouer.

Quand on recherche des jeux intéressants qui sortent de l’ordinaire, on trouve parfois des pépites mais aussi des vieux clous rouillés. C’est l’impression que donne Obscuritas dès la première minute de jeu. Un personnage vu de dos, assis, lisant une lettre, et une voix sans expression vous faisant la lecture du pitch du jeu. Une entrée en matière quelque peu déroutante, digne des années 80, en total décalage des introductions donnant le ton général du titre. Fort heureusement, on échappe au menu déroulant. Mais rassurez-vous le pire reste à venir.

Vous êtes donc l’unique héritière d’un manoir qu’il vous faudra explorer (pourquoi ?) et dans lequel vous devrez résoudre des énigmes. On vous le dit dans le jeu textuellement, au travers des lettres que vous trouverez : « vous devez résoudre les énigmes ». La première étant de rentrer dans le manoir dont vous êtes propriétaire. Bien sûr, vous n’avez pas la clé (???) car elle est cachée dans un pot dans le jardin (1ère énigme résolue Yeahhhhh !!!!!). À l’intérieur du manoir, vous devrez trouver d’autres clés pour ouvrir les portes, car oui perdre ses clés fait certainement partie de nos plus grandes peurs. Exploration obligatoire, on voit des statues recouvertes d’un drap dans une salle, on trouve des allumettes dans une autre, on allume des bougies, et hop une statue disparaît laissant sur le drap une clé : 2ème énigme résolue. On vous indique bien que certains indices sont cachés dans la maison et ne peuvent être vus qu’à la lueur d’une bougie, comme le code du coffre que vous trouverez directement dans l’entrée. Fin du premier chapitre… ouvrant sur une autre partie du manoir. Ce qui ressort de cette première demi-heure de jeu, c’est le classicisme suranné du titre, digne d’un Alone in the Dark de la grande époque, l’action en moins. Du déjà-vu/déjà joué, le tout dans un environnement qui n’inspire aucune terreur mais plutôt la sensation désagréable d’entrer dans un lieu vieillot, sentant le salpêtre, qui mériterait qu’on ouvre les fenêtres pour aérer et faire rentrer un peu de lumière.

La suite, pour celui qui ne craint pas l’ennui, sera de parcourir les ailes du manoir dans une obscurité plus gênante qu’effrayante, trouver des clés pour ouvrir des portes et résoudre des énigmes. Mais attention, cela ne sera pas facile car il faut ajouter une maniabilité relativement faible, l’absence de joypad, l’obligation de pointer du regard les objets pour les activer (les poignées de portes ne sont pas toujours facilement sélectionnables). Graphiquement, malgré la présence de textures, on frôle le rédhibitoire, ça rame en configuration intermédiaire, c’est plutôt moche et sans âme. De plus, cela n’aide pas à la résolution des énigmes. Entre l’obscurité et la définition parfois floue des indices, vous comprendrez la difficulté de positionner des objets dans un ordre précis quand on a déjà du mal à définir quels sont les objets à récupérer. Ne pensez pas qu’une lampe ou des bougies vous aideront à y voir plus clair. Non, les piles ont une durée de 2 minutes, et les bougies éclairent 10cm² ! Bref, une visibilité quasi nulle vous accompagnera la plupart du temps, ce qui au bout des quelques dizaines de minutes de jeu devient à la limite du supportable.

À la vue du trailer, on pouvait s’attendre à un titre certes peu novateur mais qui tiendrait la comparaison avec les productions actuelles. Il n’en est rien. Le jeu est proche d’une démo d’étudiant. Aucune narration ne vient supporter le gameplay. Les énigmes sont basiques à souhait et l’avancée dans le manoir est fastidieuse, éprouvante pour les yeux et sans intérêt pour le joueur. Un jeu qui démontre donc qu’un trailer présentant des images bien choisies ne fait pas la qualité d’un titre à moins de 20 euros.

Obscuritas

Ravenscourt  

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