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Oiseau de bon augure (Critique de Drôles d’oiseaux de Wayne Thornley)

Oiseau de bon augure (Critique de Drôles d’oiseaux de Wayne Thornley)

Note de l'auteur

Destiné plutôt aux enfants, Drôles d’oiseaux ne fera pas fuir (ou dormir) leurs parents. L’animation est de qualité et le film est bien mené même si le scénario est un poil (une plume) convenu.

Synopsis :
Au cœur de l’Afrique, au bord des majestueuses chutes Victoria, se dresse l’étonnante Cité des Oiseaux, Zambezia, perchée sur un baobab géant. C’est là que se rend Kai, un jeune faucon qui vit isolé avec son père dans la brousse et rêve de connaitre la ville. Débarquant en pleine effervescence des préparatifs de la Fête du printemps, il rencontre entre autres Jed, un oiseau oisif et farceur ainsi que la belle Zoe. À eux trois, ils vont découvrir que la cité est sous la menace d’une attaque et qu’ils sont les seuls à pouvoir en sauver les habitants.

« Here comes a new challenger. » Dans la bataille qui oppose les grands studios d’animation (Pixar versus Dreamworks versus Blue Sky versus…), un nouveau joueur devrait rapidement apparaître : les studios Triggerfish. Basés en Afrique du Sud, ils connaissent un développement « à la Pixar » (vous allez en manger de la comparaison, je vous préviens) en ayant commencé par la publicité jusqu’à arriver au long métrage, et cela leur réussit plutôt pas mal.

Que les choses soient claires dès le début, le public visé est plutôt jeune (dans sa tête ou dans son corps), le scénario est assez simpliste et n’offre pas vraiment de surprises pour le spectateur aguerri. Kai, le jeune ado faucon, orphelin de mère et surprotégé par son père, veut découvrir le monde et quitte son nid familial…(ça ne vous rappelle rien ? Je vous avais prévenus, smells like Pixar spirit). Il se rend à Zambezia, la cité des oiseaux nichée sur les chutes Victoria. Associé à un âne, hum non pardon, à un engoulevent (c’est un oiseau) très facétieux et bavard, il va tenter d’intégrer la patrouille d’élite protégeant la cité, les Ouragans, et conquérir le cœur de Zoe, un milan femelle (c’est aussi un oiseau). Take my breath away…Je ne vais pas vous gâcher le suspense mais de méchants marabouts (toujours des oiseaux, hein) et un gros varan bien badass (ça, c’est un reptile) vont venir semer la zizanie dans ce paradis ornithologique. Rien de bien original et on voit venir le happy end dès la fin de l’exposition des personnages.

Depuis Pixar, on attend du film d’animation, destiné initialement aux enfants, une double lecture et des références qui permettent aux adultes non seulement de ne pas s’ennuyer ferme devant l’écran, mais aussi et surtout de se sentir émotionnellement investis dans le film. C’est dans cette attente que le bât blesse.

Malgré cela on se laisse paresseusement embarquer dans ce trip africain avec des paysages magnifiquement restitués et des oiseaux aux couleurs chamarrées. L’anthropomorphisme des animaux est impeccable et l’animation très soignée. Les p’tits gars de chez Triggerfish ont indéniablement du talent graphique, même s’il reste une classe d’écart, dans le rendu, avec le photo-réalisme de Pixar. Mais on sent le souci du détail dans la variété et les us des volatiles comme l’avaient si bien fait leurs homologues lampistes (lampe-Luxo-Pixar…faut suivre les gars) avec les poissons du Monde de Nemo. Cerise sur le gâteau, le relief est bien exploité et donne lieu à de magnifiques scènes de vol.

Techniquement prometteur, Drôles d’oiseaux pêche sur le scénario trop prévisible pour les adultes. Les enfants, eux, seront ravis à coup sûr.

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