On a fait le tri – Décembre 2014

On a fait le tri – Décembre 2014

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, ‘On a fait le tri’ revient sur les dernières sorties sur la planète Comics.

 

 

 

Forever Evil

Forever Evil

Forever Evil

Après des années où la figure du super-vilains fut totalement mise à la trappe en ce qui concerne les gros projets éditoriaux (bien que cela soit plus explicite chez Marvel que chez DC), Forever Evil sonnait comme la promesse du grand retour d’un élément primordial du genre. Ce qu’on appréciera dans Forever Evil (et par ricochet dans la mini-série consacrée aux Lascars, personnages parfaits dans le cadre de ce renversement) c’est le choix et l’évolution naturel des personnages de vilains mis en avant et confrontés au Syndicat du Crime avec au premier plan Lex Luthor. Le grand ennemi de Superman retrouve enfin une posture et une aura qui lui avait bien fait défaut depuis le début des New 52. Dès que l’intrigue était focalisée sur lui on pouvait discerner le propos qui intéresse Geoff Johns et on espère une exploitation de tout cela après la fin de cette saga.

 

Une saga construite comme un event classique. Des combats à foison, un cador (du moins considéré comme tel) au dessin et…………..c’est tout. Si on accepte la nature de blockbuster de Forever Evil, on regrettera par contre la qualité médiocre du dessin de David Finch, la violence poussée à l’excès qui en devient d’autant plus ridicule que cela semble être une marotte chez Johns et, surtout, une mauvaise gestion du rythme au sein de l’event et, au delà, dans la gestion éditoriale des titres touchés par la saga. Un démarrage tonitruant suivi d’épisode de remplissage dans lesquels il ne se passe rien pour conclure sur un final tellement explosif qu’il en devient parfois incompréhensible (notamment avec Owlman)

 

Si l’image de fin titille le fan (surtout avec ce trait très « Perezien ») on ne peut pas dire que cela soit particulièrement bien amené (de même qu’en ce qui concerne la révélation liée à Superwoman). L’autre déception c’est la gestion des titres liés à Forever Evil avec en premier lieu Justice League et Justice League of America. Passe encore que l’idée de mettre en retrait la Ligue de Justice (en dehors de Cyborg et, o surprise, Batman) soit un choix osé, il n’en reste pas moins que cette mise à l’écart est bien trop longue et que les récits liés à leur délivrance sont bien trop ennuyant et touffu que ce soit dans la série Justice League of America ou bien dans la mini-série liés à Steve Trevor. L’arc consacré à Cyborg dans les pages de Justice League est par contre enthousiasmant d’autant plus que les Metalmen y font leurs débuts dans  cet univers. Même si Forever Evil fait le job, les tics habituels de Johns et le dessin de Finch plombe une saga offrant pourtant des trucs qui font plaisir à voir (sans être original pour autant). Johns arrive même à toucher le coeur de ce qui fait la richesse du vilain dans une dernière scène avec un Lex Luthor très juste. Clairement c’est ce dernier qui sort grandit de la saga (ainsi que Les Lascars) et on espère qu’il continuera à être aussi bien écrit dans l’avenir.

 

Forever Evil #1 à #7 – Ecrit par Geoff Johns et dessiné par David Finch

 

 

RASL - Tome 2

RASL – Tome 2

RASL – Tome 2 : Uma

Si nous émettions des réserves quand au premier tome de la nouvelle série de Jeff Smith, force est de reconnaître que ce nouveau volume nous a totalement emballé. La lourdeur du récit que nous évoquions dans notre précédente chronique a laissé la place à une narration beaucoup plus fluide. Une fluidité d’autant plus appréciable que Smith n’hésite pas à éclater son récit et parsème les épisodes de plusieurs flash-backs permettant au lecteur de découvrir petit à petit tous les événements qui ont conduit Rasl au point où il en est actuellement. Avec une menace de plus en plus tangible et un adversaire redoutable, les personnages nous apparaissent également plus fort et plus intéressant. Le troisième tome étant la conclusion de la série on est très curieux de voir comment tout cela se finira.

 

Comprends les épisodes US de Rasl #5 à #11 – Ecrit et dessiné par Jef Smith

 

 

The Sword - Tome 2

The Sword – Tome 2

The Sword – Tome 2 : L’eau

Ayant vu toute sa famille tuée par trois immortels à la recherche d’une épée qui représente le seul obstacle à leur désir de dominer les humains, Dana Brigthon est bien décidé à se venger après avoir appris les origines de l’épée qu’elle possède et de ceux qui veulent la lui dérober. Si le premier tome de la nouvelle série des frangins Luna nous avaient paru sympathique, ce deuxième tome est par contre assez affligeant. Passe encore que le dessin ne soit pas le point fort de la série notamment par son découpage statique et des visages assez vilains mais l’étirement à l’extrême et à l’absurde de l’intrigue (quatre épisodes pour un combat !) a eu raison de notre patience. Soyons optimiste et attendons la suite avant de ranger la série dans un carton tout au fond de la cave.

 

Comprends les épisodes US de The Sword #7 à #12 – Ecrit par Jusha Luna et dessiné par Jonathan Luna

 

 

The Creep

The Creep

The Creep

Cette enquête suite au suicide d’un adolescent mené par un détective difforme est, autant le dire, une déception. L’histoire est classique mais bien menée, on reste dans un coté très intime et la résurgence du passé d’Oxel sur l’affaire qu’il tente de résoudre est bien faite. On pense notamment aux liens qu’il entretient avec la mère de la victime. Toutefois en dehors de ça Arcudi et Case ont échoué dans leur envie de créer un personnage inspirant à la fois peur et pitié. On n’y croit jamais. Le dessin ou la manière de raconter sont peut-être en cause mais quoiqu’il en soit jamais Oxel nous apparaît comme moche ou horrible. Malgré la présence de scènes où son corps le trahit ou de passages comme celui où les gosses se moquent de lui nous avons du mal croire à sa condition. Le personnage est trop bien fait pour croire aux problèmes liés à sa maladie et nous avons, au mieux l’impression de voir un homme un peu rustre, un peu gauche mais guère plus. Personnage créé par Arcudi il y a une vingtaine d’année dans les pages de Dark Horse Presents, le lecteur aurait sûrement gagné à découvrir les aventures d’Oxel à travers ces récits avant d’entamer cette ouvrage.

 

Comprend les épisodes US de The Creep #1 à #4 et #0 – Ecrit par John Arcudi et dessiné par Jonathan Case

 

 

Original Sin

Original Sin

Original Sin

Le nouvel event de Marvel qui a débarqué en France au début du mois de décembre propose un pitch suffisamment fort pour titiller notre curiosité. Le Gardien, ce personnage énigmatique qui observe la galaxie et plus particulièrement la Terre, est retrouvé mort. L’enquête pour retrouver le coupable débute alors est on appréciera la mise en avant de personnages secondaires et la création de duos improbables (tel le Punisher et le Docteur Strange). La fin du deuxième épisode lance une idée forte (la révélation de secret concernant les protagonistes) dont la gestion permet à chaque auteur de faire sa propre tambouille sur leurs séries régulières. Les ties-in (ces histoires annexes à la saga principale publiés généralement dans les séries régulières) ne sont donc ni des histoires secondaires sans intérêts, ni des récits indispensables à lire si on veut suivre la saga principale. On peut d’ailleurs en voir un aperçu de ce traitement avec l’épisode des Avengers de Jonathan Hickman publié dans la revue éponyme.

Le mécanisme d’Original Sin est suffisamment astucieux pour voir deux lectures à l’épisode de The Avengers. Si on ne suit que cette série on arrive à un moment attendu : Cap découvre que ses amis (Red Richard, le Fauve, le Docteur Strange, Namor, Tony Stark et la Panthère noire) lui ont effacé la mémoire et que Stark a reformé les Illuminatis. Le lecteur qui suit le fantastique run de Jonathan Hickman connaît ces faits. La confrontation était attendu sachant que Captain America commençait à avoir des brides de souvenirs qui lui revenait. Toutefois si on lit Original Sin, la scène prend une autre dimension car on sait que la découverte de Cap est une des conséquences de la fin du deuxième épisode de l’event. Voilà donc une excellente gestion donc de l’event. On est maintenant très curieux de découvrir les autres secret et les conséquences qu’ils auront sur les personnages que l’ont connaît. Cela même si les conséquences de la stratégie de communication de Marvel et le buzz médiatique font qu’on connaît déjà certains changements.

 

Original Sin #1 et #2 – Ecrit par Jason Aaron et dessiné par Mike Deodato Jr.

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