On a fait le tri (n°10)

On a fait le tri (n°10)

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, ‘On a fait le tri’ revient sur les dernières sorties de la planète Comics.

 

Bloodshot Reborn T1Bloodshot Reborn

Après l’excellente porte d’entrée The Valiant et avant le fun Quantum & Woody, Bliss nous offre Bloodshot Reborn qui réussit l’exploit d’intéresser et de plaire à ceux qui avaient boudé la précédente série Bloodshot, l’auteur de ces lignes inclus. Il faut dire que le nouveau statut du guerrier surpuissant suite aux événements contés dans The Valiant confère au personnage une plus grande profondeur et une approche plus intimiste. Confiée au bon soin de Jeff Lemire (Green Arrow, Hawkeye, Descender), cette nouvelle série s’adresse tout autant aux amateurs du personnage qu’aux néophytes. Bloodshot tente de redéfinir sa vie à travers la traque morbide d’individus semblant utiliser la même technologie que lui afin de tuer un maximum d’innocents. Amoureux des personnages décalés, Lemire confère au récit une certaine poésie notamment à travers une figure imaginaire servant de bouffons et de garde-fous au personnage dans le même esprit du Bat-Mite tel que Grant Morrison l’utilisait dans son cycle sur Batman. Ça devient une bonne habitude, encore un excellent récit chez Valiant.

Comprend les épisodes US de Bloodshot Reborn #1 à #5. Écrit par Jeff Lemire et dessiné par Mico Suayan et Raul Allen

 

Je suis Captain AmericaJe suis Captain America

En parlant de bonne habitude, voilà la dernière anthologie en date de chez Panini Comics. Profitant de la sortie de Captain America: Civil War, l’éditeur nous propose un recueil consacré au super-héros à la bannière étoilée. Je suis Captain America se place dans la lignée des autres volumes de la collection en proposant des récits de qualités accompagnés d’articles intéressants. Même si l’ensemble paraît un peu mécanique ou froid et qu’on retrouve de nouveaux quelques redondances dans les articles, il n’empêche que la qualité des épisodes et la présence de nombreux inédits font plaisir à voir. Entre la beauté et la puissance explosive des épisodes de Jack Kirby (dont le magnifique Tales of Suspense #80 et son duel contre un Crane Rouge délirant avec son cube cosmique), l’ode politique des épisodes de Steve Englehart et de Roger Stern, on appréciera de retrouver le trop souvent oublié cycle de Mark Waid et Ron Garney ainsi que des épisodes de Mark Gruenwald, auteur emblématique de la série dont Nick Spencer, l’actuel scénariste de Captain America, est clairement fan à la lecture de son travail. Un ouvrage bien équilibré entre ancien et moderne et qui en remet une belle couche quand aux idées reçues sur le personnage. Et maintenant une demande : éditez le run de Waid boudiou !

Comprend les épisodes US de Captain America Comics #1, Avengers (1963) #4, Tales of Suspense (1959) #63, #80 et #81, Captain America (1968) #111, #132, #180, #200, #250, #300, #350, #454 et #600, Captain America (2005) #25 et Captain America (2013) #1

 

GonersGoners

Les héros meurent. Mais les légendes sont éternelles.
De la colonisation de l’île de Roanoke jusqu’à la guerre froide, la célèbre famille Latimer a été l’ultime rempart de l’humanité contre les horreurs paranormales. Cette lutte a duré des siècles… mais s’interrompt cette nuit. Un frère et une sœur mal préparés vont devoir élucider le meurtre de leurs parents tout en tentant d’échapper aux implacables abominations qui les traquent sans relâche.

 

Alors qu’on attend toujours que le très beau et passionnant Shutter de Joe Keatinge soit traduit en France, Glénat Comics nous propose sur la même thématique de la famille d’aventuriers le très sympathique Goners. À travers une course-poursuite trépidante qui ne s’arrête pratiquement jamais, le lecteur suit les aventures de Zoe et Josiah, les enfants de la famille Latimer, confrontés non seulement à la mort soudaine de leurs parents mais également à la menace d’entité diabolique désirant leurs morts. Même si Jorge Corona semble être un disciple un peu trop appliqué d’Humberto Ramos, il apporte suffisamment de dynamisme et d’énergie pour qu’on lise d’une seule traite le volume.

Comprend les épisodes US de Goners #1 à 6. Écrit par Jacob Semahn et dessiné par Jorge Corona

 

Batman & Robin Eternal T1Batman et Robin Eternal – Tome 1

Il y a cinq ans, Batman et Robin mettaient un terme aux agissements de Mother, une redoutable trafiquante. Aujourd’hui, les séquelles de cette affaire refont surface, mais les deux justiciers ont, depuis, bien changé. Dick Grayson est devenu Nightwing, puis l’Agent 37 de Spyral. Quant à Bruce Wayne, il a disparu suite au dernier assaut du Joker. Dick Grayson et les autres acolytes du justicier vont devoir se charger de reprendre le flambeau.

 

Prenez une ou deux bonnes idées parfaites pour un arc de trois ou quatre épisodes d’une série régulière et étalez-les bien comme il faut sur une longue série hebdomadaire.

Astuce : surtout ne prenez pas le temps de développer. Restez à la surface des choses. Le résultat : un récit soporifique à ne surtout pas servir quand vous recevez des amis.

Comprend les épisodes US de Batman & Robin Eternal #1 à #12

 

Rumble T1Rumble

Prêts pour le grand carnage ?
Ok, par où commencer ? C’est l’histoire d’un épouvantail qui rentre dans un bar… et qui plonge une ville américaine moderne dans un conflit mythique et plurimillénaire ! Après une longue absence, Rathraq est de retour – et il n’est pas content du tout. Mauvaise nouvelle pour ses vieux ennemis, certes, mais pire encore pour tous les autres !

 

Tant qu’on est dans le traitement parfait pour l’insomnie, penchons-nous deux minutes sur Rumble que le résumé de quatrième de couverture nous vend comme la rencontre de Preacher et Hellboy dans les rues de Sin City. Ben mon cochon, rien que ça ! Le problème avec ces formules toutes faites, c’est que l’œuvre doit alors en avoir sous le capot. Ho cruel poids de la responsabilité face à la charge de succéder aux pairs suscités (c’est de la poésie cong !). Rumble tient-il les promesses que le rédacteur du résumé énonce ? Non. La qualité d’un dessin jouant savamment sur les ombres et silhouettes tout en proposant un visuel intéressant ne peut rehausser une histoire difficilement compréhensible dans son premier épisode et ennuyante par la suite. On ne se prend jamais d’intérêt pour ce guerrier vieux de plusieurs milliers d’années revenant sur Terre et désirant se venger. Compte tenu de la quantité importante de sorties comics, rendez-vous service et ne perdez pas de temps avec quelque chose qui n’en vaut pas la peine, malgré les gesticulations de la promotion.

Comprend les épisodes US de Rumble #1 à #5. Écrit par John Arcudi et dessiné par James Harren

 

Day Men T2Day Men – Tome 2 : Tempus Vestigium

Pour sauver Azalea mettre un terme à la guerre entre les clans Virgo et Ramses, David Reid propose la solution de la Justice du Jour : une ancienne tradition qui voit s’affronter en combat singulier les meilleurs Day Men des deux familles en litige. Pendant ce temps, le Fléau, une organisation d’hybrides vampires/humains que l’on croyait appartenir aux légendes, prend de l’ampleur et cherche à prendre le pouvoir.

 

Heureusement, Glénat Comics a dans son panier d’autres séries bien plus intéressantes. On se demande d’ailleurs pourquoi autant de moyens sont consacrés à la promotion d’œuvre médiocre (Bitch Planet sérieusement ?) quand les vraies perles sont remisées aux seconds plans (Lazarus les mecs ! Lazarus !). Avec le deuxième et dernier tome de Day Men, Matt Gagnon, Michael Alan Nelson et Brian Stelfreeze concluent une saga vampirique passionnante dont la beauté des dessins n’a d’égal que l’originalité de l’approche. Après une première salve d’épisodes confrontant David Reid à une nouvelle race de vampire, la suite le place dans une position guère enviable en devant combattre un guerrier redoutable pour une famille de saigneurs qui n’hésiteraient pas à le bouffer au besoin. À bien y réfléchir, le seul défaut de Day Men est de ne faire que deux tomes. L’histoire ayant un potentiel énorme, il faut l’avouer on en voulait plus. Beaucoup plus. Ceci étant dit, il faut savoir apprécier ce qu’on a, et cette « petite » série risque de rester longtemps dans les cœurs.

Comprend les épisodes US de Day Men #5 à #8. Écrit par Matt Gagnon et Michael Nelson et dessiné par Brian Stelfreeze

 

FMSEL045_cover.inddJessica Jones : Alias – Tome 2

On termine avec l’amour de notre vie. La sublime Jessica Jones dont Panini réédite enfin les derniers épisodes de la série Alias. À la croisée de l’underground et du mainstream, la série de Brian Bendis et Michael Gaydos se bonifie de plus en plus avec le temps pour se poser sans conteste comme le meilleur travail d’un auteur dont on n’attend plus grand-chose aujourd’hui. Tout en continuant son travail de résilience, Jessica Jones va se retrouver confrontée à une sordide affaire, dont la victime n’est autre que la fille adoptive de J. Jonah Jameson, avant de devoir affronter son plus grand ennemi. Conclusion d’une série dont les répercussions sur la manière de traiter l’univers Marvel peuvent encore s’observer aujourd’hui, le duel entre Jessica et l’homme pourpre (alias Killgrave) reste un grand moment dans lequel Bendis arrive à briser le quatrième mur de façon remarquable.

Comprend les épisodes US d’Alias #16 à #28 et What If (2005) #1. Écrit par Michael Bendis et dessiné par Michael Gaydos et Mark Bagley

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