On a fait le tri n°41

On a fait le tri n°41

Note de l'auteur

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les dernières sorties de la planète BD.

LES REINES DE SANG – CATHERINE DE MEDICIS, LA REINE MAUDITE (VOL. 1)

Série vraiment intéressante que cette initiative sur les femmes qui ont fait et défait des royaumes. On analyse souvent l’Histoire à travers le prisme masculin, cela fait du bien de constater que dans toute grande femme, il y a une grande… femme derrière. Et pour régner, elles sont prêtes à tout. En l’espèce, il s’agit de la « Medici », issue d’une très riche famille florentine. Milieu du XVIe siècle, la petite duchesse est confrontée à l’extrême violence dans sa cité État. Charles-Quint organise le fameux sac de Rome pour faire plier le pape Clément VII, les Républicains toscans en profitent pour prendre le pouvoir à Florence. Passée à deux doigts de la mort, Catherine est évacuée au Vatican par ses alliés où elle retrouve son cousin (Jules de Medicis), premier évêque de Rome. Sauf que son destin va l’emmener à la cour de France pour renforcer l’alliance avec les États pontificaux avec son mariage avec Henri duc d’Orléans. Mais chut, ce n’est que le premier épisode du triptyque.

Écrit par Simona Mogavino et Arnaud Delalande
Dessiné par Carlos Gomez
Édité par Delcourt

JOUR J – LES FANTÔMES D’HISPANIOLA (T.35)

Promis aux gémonies par la France, Toussaint de Breda, futur Louverture, est libéré de son navire prison par un drôle d’Écossais. Sur son île d’Haïti à la fin du XVIIIe siècle, l’anticolonialiste et abolitionniste veut libérer ses frères esclaves. Pour ce faire, le libérateur réussit à adjoindre et à s’adjoindre les Indiens, séminoles et creeks mais reçoit aussi la bénédiction des loas, ces esprits vaudous souvent retors. Sauf que le succès aidant, c’est à l’Amérique du Nord et par le Sud qu’il s’attaqua et comme les Anglais envahirent également les états américains mais par le Canada, Washington fut bien vite réduite en cendres. Mais ces succès peuvent-ils être pérennes ?
Récit d’uchronie savoureux que ce nouveau rendez-vous de la série Jour J qui vise à partir de faits réels avant de dériver sur une autre réalité que nous connaissons. On ne se lasse guère de l’imagination et de l’inventivité du duo DuvalPécau.

Écrit par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessiné par Dim. D
Édité par Delcourt

LE TROISIÈME FILS DE ROME – T.4 : CÉSAR ET VERCINGÉTORIX

Quatrième tome d’une série prévue en cinq, ce récit nous plonge en 52 av. J.-C. entre histoire officielle et officieuse. Dans la forêt des Carnutes, les Gaulois tentent de se libérer du joug romain. Ce, alors que César est contraint de retourner à Rome en pleine guerre civile après l’échec du triumvirat que Jules a constitué avec Pompée et Crassus. C’est à ce moment-là que Vercingétorix réussit à allier toutes les tribus celtes à quelques exceptions près (Trévides, Rèmes, Lingons). En sous-main, la secte du troisième fils de Rome agit pour renverser l’Empire romain. Mais cette alliance de circonstance sera-t-elle suffisante pour terrasser l’imperator ?
Revisiter l’histoire par un biais surprenant, c’est le pari réussi de cette série, pari confirmé par ce quatrième volet avant la conclusion avec le duo épicé, et qui ne manque pas de nez, constitué par Marc Antoine et Cléopâtre.

Écrit par Laurent Moënard
Dessiné par Manuel Garcia
Édité par Soleil

WUNDERWAFFEN – T.14 : LE FEU DU CIEL

Uchronique et fantastique sont des adjectifs qui vont si bien ensemble. Bon là, on est en 1946, et le Débarquement en Normandie a piteusement échoué. En vrai, les Allemands ont dû leur salut à une puissance immanente et à un Visiteur un peu particulier. Toujours est-il que la Deuxième Guerre mondiale est loin d’être terminée. Elle est même repartie de plus belle avec le redressement de l’État nazi et du premier de celui-ci, Hitler, mutilé cependant. Truman et les USA sont bien décidés à dire stop et fomentent l’envoi d’une meuf pas très sympa, aka Little girl, pour charmer le Reich. Rien de plus qu’une bombe atomique tactique géante. Mais Murnau et ses acolytes, Rudel et Reitsch, se chargent de fendre l’« Heimat ».
Suspense garanti avec ces virtuoses du ciel.

Écrit par Richard D. Nolane
Dessiné par Maza
Édité par Soleil

M.O.R.I.A.R.T.Y. – EMPIRE MÉCANIQUE

Élémentaire mon cher lecteur que cette aventure du locataire de Baker street. Sherlock Holmes livre un nouveau combat contre son meilleur ennemi le professeur Moriarty. À la base, une partie de poker où l’honorable Gibbs fait les poches de la gentry britannique. Souci, ce n’est pas un homme mais un automate. Un automate fruit de l’esprit torturé de Moriarty. Holmes, qui a levé très vite la supercherie, sent bien que cette bravade est le prélude d’événements beaucoup plus graves. Avec ses amis, le docteur Watson et Winston Churchill, ils vont tenter de mettre à bas ce complot potentiel. Avec des guests sympas, tel le frère de Sherlock ou la jeune épouse un brin terrorisante de feu Alfred Nobel.

Tout ce petit monde nous offre un premier acte prometteur, un peu foutraque mais agréable.

Écrit par Fred Duval et Jean-Pierre Pécau
Dessiné par Subic.
Édité par Delcourt

PRENDRE REFUGE

Celle-là, on l’avait cochée dès qu’on a su son existence. Pensez donc associer Mathias Enard, écrivain au talent reconnu de tous, primé à de multiples reprises, et Zeina Abirached, dessinatrice et illustratrice adoubée par la profession, on en avait les babines toutes asséchées à force de les avoir léchées. Surtout avec leur orientalisme en bandoulière, les deux se sont rencontrés à Beyrouth et partagent la même culture ; la même double culture. Surtout avec cette première incursion de l’auteur de Zone dans la bande dessinée. Le thème nous avait aussi intrigués : deux histoires d’amour en Allemagne et en Afghanistan, deux époques l’entre-deux-guerres et aujourd’hui, entre des êtres qui n’auraient jamais dû se croiser.

Avec tant de talent et un pitch aussi prometteur, on allait passer un sacré moment, c’était écrit. Oui, sauf qu’on a complètement déchanté. On s’est ennuyé à mourir dans un récit bancal et un dessin confinant à un simplisme déconcertant. Le tout mâtiné d’un manque de rythme qui fit que le livre nous tomba littéralement des mains. On est allé jusqu’au bout mais on aurait souhaité prendre refuge bien plus tôt et bien plus loin de cet ouvrage par ailleurs très volumineux. On se perd dans ce labyrinthe où les dialogues sont parfois d’un conformisme de mauvais aloi. C’est un vrai fourre-tout où nous nous sommes complètement enlisés. Une énorme claque dans notre gueule mais pas dans le bon sens.

En revanche, le papier cadeau est très joli. À prendre en main, cette BD donne envie. Envie vite tarie à l’ouverture.

Écrit par Mathias Enard
Dessiné par Zeina Abirached
Édité par Casterman

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