On a fait le tri n°55

On a fait le tri n°55

Note de l'auteur

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, « On a fait le tri » revient sur les sorties de la planète BD.

PIONNIÈRES –
VALENTINA TERECHKOVA COSMONAUTE

Ou quand la méritocratie pouvait s’instiller dans le monde soviétique… Le destin de cette jeune femme de la campagne est littéralement exceptionnelle. Rien ne la prédisposait à sortir de son milieu pour embrasser la carrière de cosmonaute. Elle ne le doit qu’à son talent et, aussi et surtout, à son acharnement qui la firent sortir du lot devant plus de 400 consœurs. Si bien qu’elle est devenue, deux ans après Yuri Gagarine, en 1963, la première femme dans l’espace. Un véritable flambeau pour l’URSS. Pour tout savoir d’elle, c’est ici.

On a déjà eu l’occasion de dire tout le bien que l’on pensait de cette série avec les deux premiers épisodes (Anita Conti et Nellie Bly). Ce troisième rendez-vous est de la même veine. Mettre en avant le destin de femmes, pas spécialement connues du grand public, qui ont ouvert des voies dans des professions réservées aux hommes avant qu’elles ne fassent leur place.

Écrit par Djian et Nathaniel Legendre
Dessiné par Mattia Crotti
Édité par Soleil

LA COURONNE DE VERRE –
T.1 : PLUS PEINE QUE GLOIRE

Direction le XIVe siècle pour cette série historique qui nous emmène au moment de l’agonie de Charles V le sage. L’avènement sur le trône du fils, qu’il a eu avec Jeanne de Bourbon, Charles VI, attise les convoitises des frères de feu le roi. Le tout quasi en plein milieu de la Guerre de cent ans. Bref, c’est le souk dans le royaume. On suit le destin du jeune roi, qui sait trouver des alliés, pour ne pas se faire avaler tout cru par l’inexorable. Sauf que tout ne va pas aller comme il l’entend.

Cette série est prévue en cinq tomes et se passe juste avant Le Trône d’argile, dont l’ultime opus, le septième, est prévu pour 2022. Le parti pris de regarder l’Histoire par le biais du jeune roi et plus généralement par le prisme de l’enfance fonctionne à plein.

Écrit par France Richemond
Dessiné par Tommaso Bennato
Édité par Delcourt

ORCS & COBELINS – T.10 : DUNNRAK

Voici venu le temps des rires et des chants, des monstres gentil et tutti quanti… Pour ce dixième opus d’héroic fantasy, on part à la découverte de Dunnrak qui nous livre un long récit autobiographique. Capturé par des têtes d’hommes, le géant vert narre par le menu sa vie et son œuvre. On y apprend qu’il préférait le calme et la pêche à la barbarie et à la fureur. Sauf que, comme les hommes de la Veuve noire ont éradiqué sa famille, le cul-vert est devenu un redoutable guerrier.

Une pause bienvenue dans cet univers qui se situent sur les terres d’Arran. Cette série protéiforme prend davantage de profondeur et se complexifie. Pas fan du genre, je me prends à m’intéresser à son développement car c’est franchement bien foutu, très rythmé et bien écrit. Témoin, la conclusion inattendue de ce dixième rendez-vous.

Écrit par Jean-Luc Istin
Dessiné par Alex Sierra
Édité par Soleil

ELFES – T.28 : AU ROYAUME DES AVEUGLES

Cela commence à chauffer méchant pour Alyana. La fille de Fall et de Tenashep est convoquée par le conseil des vénérables anciens. C’est un piège. Et l’instance décide en scred de la faire tuer. Protégée par La Poisse, un orc redoutable, elle découvre l’existence d’un grand-père et de son redoutable marteau. C’est une chasse à la donzelle qui s’opère devant nos yeux. Avec force combats et tâches d’hémoglobine. La destin de la jeune elfe s’annonce périlleux. Arrivera-t-elle à déjouer cette conspiration ? Pas sûr. Ou pas complètement.

Les auteurs de ces séries, qui vivent dans le même monde (Orcs & gobelins, Nains), sont propres à chaque titre mais l’esprit commun est bel et bien partagé. Un petit regret sur ce 28e opus d’Elfes, on ne distingue pas toujours qui fait quoi dans les combats rapprochés. C’est un peu confus pour un œil non aiguisé ; pour les spécialistes du genre et aficionados depuis longtemps, ce ne doit pas être le cas.

Écrit par Olivier Peru
Dessiné par Stéphane Bileau
Édité par Soleil

LES NAUFRAGÉS DE LA MÉDUSE

Au large du Sénégal, La Méduse mange un banc de sable et s’échoue en 1816. Une année plus tard, grâce à deux témoignages de rescapés, Théodore Géricault va mettre en œuvre son formidable tableau, symbole également des ses propres démons. C’est l’histoire de cette gigantesque toile (5 m x 7 m) qui nous est contée et l’appropriation par l’artiste d’un fait-divers qui marqua un tournant pour la marine coloniale française puisque le capitaine de la frégate fut rendu responsable de ce drame qui couta la vie à près de 150 personnes.

« Le roman s’écrit aussi en bande dessinée » clame Casterman. L’éditeur a diablement raison pour cet ouvrage au long cours aux tons pastels. On en apprend aussi davantage sur un événement que l’imaginaire commun connaît par le titre mais pas forcément par le contenu dramatique.

Écrit par Jean-Christophe Deveney et Jean-Sébastien Bordas
Dessiné par Jean-Sébastien Bordas
Édité par Casterman

NAINS – T. 19 : TAGDAR DES ERRANTS

Tel est pris qui croyait prendre. Le crew de Tagdar le futé s’est fait eu par un nécromancien. Si bien que lorsque les deux mages elfes blancs viennent récupérer leur dû, la petite équipe de hors-la-loi, qui voyait là une bonne occasion de se faire un max de talions, se trouve dans l’incapacité d’honorer son marché. Pire, un attentat dont on les accuse tue un des deux mages. Cela part immédiatement en cacahuètes. Tagdar, Damn, Lygdr, Wal et Akab sont victimes d’une chasse aux nains. Au gré de leurs péripéties, des armées d’orcs et une cité-état se joignent à cette hallali.

C’est le plus joyeux des trois tomes sortis le 21 octobre dont on parle dans cette chronique. Le plus rigolo aussi avec cette bande de pieds nickelés qui ne peut s’empêcher de provoquer toutes les catastrophes et, surtout, d’en rire. Ne rien prendre au sérieux et fermer des bouches à coup d’armes bien tranchantes et solides, c’est leur philosophie (Amel Bent valide).

Écrit par Nicolas Jarry
Dessiné par Jean-Paul Bordier
Édité par Soleil

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