On a fait le tri (n°8)

On a fait le tri (n°8)

Parce qu’on n’a malheureusement pas le temps de vous parler en détail de tous les bouquins qui sont passés entre nos mains, ‘On a fait le tri’ revient sur les dernières sorties sur la planète Comics.

 

501 BIKINI ATOLL[BD].inddOn commence par les opus d’une collection qui redémarre. Ça à le goût du comics, ça à l’odeur du comics, ça ressemble à du comics mais ce n’est pas du comics. C’est de la bd bien de chez nous. Oui madame ! Couverture souple, récit horrifique et histoire en noir et blanc, on aimerait faire penser à The Walking Dead qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Le terme « comics » fait vendre et ce marketing grossier dessert des récits qui se révèlent être de très bonne qualité en explorant différentes facettes de l’horreur.

 

On débute avec notre chouchou, Bikini Atoll, qui nous conte les mésaventures d’un groupe de vacanciers décidé à explorer les atolls perdus ayant servi de terrain pour des essais atomiques. Pourchassés par un requin mutant et un autochtone revanchard, les citadins vont passer un agréable séjour. Écrit par Christophe Bec et dessiné par Bernard Khattou, voilà un slasher tout ce qu’il y a de classique dans la mise en forme. Un groupe, du sexe, un drame sorti du passé, des monstres, du gore et des personnages bien caractérisés. Bikini Atoll pourrait être l’adaptation comics d’un film d’Alexandre Aja (tendance La Colline a des yeux et pas Cornes s’il vous plaît). Malgré un début un peu poussif dû à des dialogues trop chargés, Bikini Atoll trouve son rythme et fait son petit effet dès l’arrivée des protagonistes sur une île. Récit très bien construit, on suit les mésaventures jusqu’au bout. Bernard Khattou connaît sa partition jusqu’au bout des doigts et arrive même à nous surprendre avec des personnages qui dépassent certains clichés.

 

501 SONAR[BD].inddAvec Le Signe, on entre dans une toute autre ambiance. Avec un héros romancier, un cadre réaliste, une plongée dans le quotidien et de la magie, on se croirait dans un bouquin de Stephen King. Pour ne rien cacher, on pense beaucoup à la nouvelle Vue imprenable sur jardin secret dans laquelle un écrivain perdait peu à peu la raison. Dans la bd de Philippe Thirault et Manuel Garcia, le héros, Alex Morsen, a du mal à retrouver l’inspiration pour un nouveau roman et va focaliser sa frustration sur une voisine musicienne. Un bon dessin, une bonne atmosphère et une ambiance qui devient de plus en plus glaçante, Le Signe fonctionne bien jusqu’à une fin qu’on aurait voulu plus développée.

 

Ce souci, on le retrouve avec Sonar de Sylvain Runberg et Chee Yang Ong. Toutefois, malgré des dernières cases qui auraient gagné à être plus étoffées, le récit reste une excellente réinterprétation de créatures mythiques. Là encore, les personnages sont très bien écrits et caractérisés et l’ambiance est bien installée. On notera surtout une montée croissante de l’horreur offrant des scènes déjà bien flippantes et malsaines et qui débouchent sur un final incroyablement sanglant. En définitive, et malgré quelques réticences nourries par un marketing mensonger, la collection Flesh & Bones offre des récits solides.

 

Bikini Atoll – Écrit par Christophe Bec et dessiné par Bernard Khattou
Le Signe – Écrit par Philippe Thirault et dessiné par Manuel Garcia
Sonar – Écrit par Sylvain Runberg et dessiné par Chee Yang Ong

 

daredevil-redemption-comics-volume-1-tpb-hardcover-cartonnee-246482Daredevil – Redemption

Profitant de la diffusion de la deuxième saison de Daredevil et de la récente mise en avant du travail de Michael Gaydos (notamment via une récente exposition), Panini sort de ses cartons une mini-série datant de 2005. Écrite par David Hine, l’histoire fut publiée alors que Brian Bendis commandait à la destinée de l’avocat aveugle, toutefois le récit se passe sept ans dans le passé. Inspiré par l’affaire des West Memphis Three, Daredevil – Redemption nous raconte comment Matt Murdock va s’occuper de la défense de trois adolescents accusés du meurtre d’un enfant. Condamnés d’avance par une population locale qui voit d’un très mauvais œil l’arrivée d’un avocat de la ville, les présumés coupables seront au centre d’un récit très dur. Ceux qui avait apprécié l’histoire Come Home dans la série Jessica Jones – Alias retrouveront ici cette même atmosphère lourde et terrible commune à beaucoup de petite ville et amplifiée par l’horreur de la situation et des personnages pervers, tragiques et terrifiants. En mettant en avant Matt Murdock dans son rôle d’avocat, David Hine construit un récit noir et glauque à la conclusion terrible.

Comprend les épisodes US de Daredevil- Redemption #1 à #6– Écrit par David Hine et dessiné par Michael Gaydos

 

damnedDamned

On termine avec la réédition de Damned chez Delcourt. Publiée initialement en France il y a dix ans chez Kymera, cette mini-série en quatre épisodes est l’œuvre du duo Steven Grant/Mike Zeck, soit les compères qui lancèrent la machine Punisher en 1986 avec la première mini-série consacrée au personnage. On ne s’étonnera donc pas que ce récit contant les mésaventures d’un ex-taulard soucieux d’honorer une promesse sente bon le polar et la testostérone. Récit classique qui n’étonne en rien, Damned est correctement exécuté et démontre le talent des vieux de la vieille. Ça se lit sans déplaisir, l’intrigue est bien ficelée, quelques retournements bien pensés et Mike Zeck assure toujours.

Comprend les épisodes US de Damned #1 à #4. Écrit par Steven Grant et dessiné par Mike Zeck

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