On a lu… Ajin (T. 3) de Gamon Sakurai

On a lu… Ajin (T. 3) de Gamon Sakurai

Note de l'auteur

9782344007464-GPlus on avance dans Ajin et plus on est charmé par son ton et son ambiance singulière. A partir d’un concept assez simple, Gamon Sakurai parvient à nous tenir en haleine grâce à une mise en page ciselée et un dessin parfaitement maîtrisé et d’une grande finesse. A peine trois tomes et déjà accroc, pas étonnant qu’Ajin soit un gros hit au Japon. Retour sur le dernier en date.

 

L’éditeur, Glénat, a eu une excellente idée lorsqu’il a décidé d’ajouter Ajin à son catalogue. Avec ce titre adulte et sombre, il met une nouvelle corde à son arc, déjà bien garni. Le principe d’Ajin est, de prime abord, assez basique. Les «ajins» sont des hommes et des femmes immortels qui s’ignorent. Effectivement, il faut faire l’expérience de la mort pour découvrir son immortalité. Depuis leur apparition, ils sont recensés et étudiés par les gouvernements mondiaux. Certains d’entre eux finissent comme cobayes et subissent les pires atrocités afin d’analyser et exploiter cette immortalité. Kei Nagai, un jeune lycéen, est de ceux-là… Il s’est découvert «ajin» après s’être fait écraser par un bus. D’abord en cavale, il se fait rapidement attraper par une organisation gouvernementale qui le torture jusqu’à plus soif. Le tome deux se clôturait sur l’opération de sauvetage de Kei, menée par Sato, le premier «ajin» et ce troisième tome reprend exactement là où on s’était arrêté. Même si Kei est reconnaissant envers Sato, il se rend vite compte que ce dernier est en fait un terroriste aux motivations encore troubles. En trois tomes, le mangaka a réussi à installer Sato et, dans une moindre mesure, Tanaka comme des bad guys crédibles. Sato est aussi stratège et intelligent qu’il peut être violent et ce tome le montre parfaitement.

 

ajin2Kei, quant à lui, bien qu’il résiste plutôt bien, subit quelque peu l’action. Ne maîtrisant pas encore toute la palette de possibilités qu’offre le fait d’être un «ajin», il se retrouve à fuir. L’apprentissage se fait petit à petit mais le jeune homme a en tout cas bien assimilé son immortalité ainsi que la maîtrise de la douleur, n’hésitant plus à se couper des doigts pour tendre un piège, par exemple. La seconde partie de ce tome ouvre le champ des possibles concernant la suite. Sato montre toutes ses capacités de manipulation et son plan impliquant les médias et les réseaux sociaux, trouve un écho particulier dans notre société moderne. Du début à la fin, ce nouvel Ajin parvient à capturer toute notre attention et franchement, on en redemande. La lecture est fluide grâce à un bon découpage et une mise en page soignée mais surtout grâce à un excellent trait qui évoque celui de Katsuhiro Ôtomo. Toujours aussi précis et travaillé, il restitue parfaitement les mouvements et la palette d’expressions des personnages, tous très réussis. Bref, pour le moment, c’est du tout bon. Avec son ambiance dark, ses personnages complexes et son monde très réaliste d’où surgit le fantastique, Ajin rappelle Death Note, tout du moins la première partie. Ce nouveau titre de Glénat va, à coup sur, s’imposer en France. En tout cas, ces trois premiers tomes (critiques tomes 1 et 2) sont un très bon démarrage ! « Pourvu que ça dure ! », comme dirait l’autre.

 

Ajin de Gamon Sakurai, aux éditions Glénat

Partager