On a lu… Ajin (T. 6) de Gamon Sakurai

On a lu… Ajin (T. 6) de Gamon Sakurai

Note de l'auteur

ajin-6-glenatÀ chaque tome, Gamon Sakurai rappelle que s’il est un titre à lire depuis quelques mois, c’est bien Ajin. Sa chasse aux immortels, sous forme de thriller fantastique dark et tourmenté, ne baisse ni en qualité, ni en intensité. Bien au contraire, le seinen ne cesse de nous surprendre par ses choix scénaristiques et ses incroyables qualités graphiques. Ce tome ne déroge pas à la règle et prend le temps d’approfondir encore certains personnages tout en poursuivant son récit avec toute la maestria dont il fait preuve depuis le début. On s’incline…

 

Le jeune Kei s’est bien endurci depuis le premier tome. Accompagné de Koh, un autre Ajin (ces êtres immortels), il a décidé de faire front commun avec Tosaki, le chef du comité de gestion des Ajins, pour stopper la folie meurtrière du terroriste Satô, sorte de Magneto psychopathe, bien décidé à faire valoir l’existence de ses congénères immortels. Si l’auteur n’avait pas hésité à mettre de côté son personnage principal pendant un bon tome et demi, voilà qu’il le remet au premier plan et entend bien montrer les changements et le chemin parcouru depuis le premier tome. Sa capture, les tortures qu’il a subies, sa cavale et son isolement, ont fait de lui un jeune homme taciturne, qui ne semble plus croire en grand-chose. La seule chose, ou plutôt personne, qui le fait sortir de sa retraite, n’est autre que son ancien mentor, Satô, devenu un gourou illuminé terrorisant les populations à grand renfort de sorties médiatiques. C’est finalement autour de cet axe principal que se développe tout Ajin, auquel vient se greffer tout un tas de personnages passionnants.

 

ajin_04Ici, Gamon Sakurai s’attarde sur l’énigmatique Yōko, l’assistante de Tosaki. Si l’on sait depuis le début, qu’elle est elle-même un Ajin, on ne connaissait rien d’elle jusqu’ici. Ce tome lève le voile sur son background familial sordide, la découverte de son immortalité, ainsi que sur sa rencontre avec son supérieur. Le personnage prend alors une tout autre dimension et trouve une place nouvelle au sein d’un récit dans lequel elle semblait jusqu’ici spectatrice. La fin de ce sixième tome est aussi l’occasion de revoir un protagoniste dont on avait perdu la trace depuis quelques tomes. C’est le retour de ce bon vieux Kai, ami d’enfance de Kei, qui l’avait aidé à fuir dans le premier opus. Le voici désormais en prison, mais compte tenu des relations qu’il s’y est fait, il n’aura, à coup sûr, aucun mal à s’en évader. Ce sixième tome est une nouvelle fois dense et parfaitement construit. Même s’il semble délaisser certains personnages de temps à autre, Gamon Sakurai ne lâche jamais sa ligne directrice de vue et déroule implacablement son histoire. Toujours sur le fil, tendue et profondément noire… Voilà des qualificatifs qui s’appliquent aussi bien au scénario qu’aux dessins. C’est d’ailleurs cette symbiose entre le fond et la forme qui rend Ajin aussi savoureux. La finesse et le réalisme du trait crédibilisent complètement le propos et lui apportent une force graphique saisissante. Les fulgurances esthétiques sont légion et le lecteur reste fasciné par la minutie du travail de l’artiste. Bref, Ajin est définitivement entré dans la catégorie des mangas dont on veut lire les nouveaux tomes dès qu’ils sortent. Ce truc est carrément addictif !

 

Ajin (T. 6) de Gamon Sakurai, aux éditions Glénat

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