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On a lu… All You Need Is Kill (T. 1 & 2) de Takeshi Obata et Ryôsuke Takeushi

On a lu… All You Need Is Kill (T. 1 & 2) de Takeshi Obata et Ryôsuke Takeushi

Note de l'auteur

all-you-need-is-kill-manga-volume-1-simple-78799Au commencement, il y eu le bouquin de Hiroshi Sakurazaka, illustré par le grand Yoshitoshi ABe (Serial Experiment Lain, Lucika Lucika), sorti en 2004. Puis très vite, Hollywood se jeta dessus afin d’en faire un film à la gloire de Tom Cruise avec Edge of Tomorrow de Doug Liman (toujours en salles). Pour finir, le livre revint sur sa terre natale afin de se voir adapté en manga par les soins du dessinateur de Death Note, le talentueux Takeshi Obata. En résulte une œuvre en deux tomes, sombre et tourmentée, un excellent seinen en somme.

 
Publié en France chez Kazé, l’histoire se penche sur Keiji Kiriya, nouvelle recrue de la FDU (Forces de Défense Unifiées) plongée au sein d’une guerre qui le dépasse. En effet, des extraterrestres nommés Mimics ont débarqué sur notre petite planète et sèment chaos et destruction. A l’aide de combinaisons robotisées, sortes d’exosquelettes, les soldats se lancent sur le champ de bataille sans aucune certitude de survivre face à de tels monstres. Parmi eux, se trouve la meilleure, la crème de la crème du super-soldat, la «Full Metal Bitch» comme tout le monde l’a surnommé, Rita Vrataski. Keiji va croiser sa route dans des circonstances troublantes puisque lorsque celui-ci meurt sur le front, il se réveille la veille de la bataille, encore et encore. Prisonnier d’une boucle temporelle, Keiji se voit mourir de toutes les manières possibles et imaginables et revit à sa façon son «Jour de la Marmotte» (comprendra qui voudra) en mode trashy. Il va alors tout faire pour comprendre les rouages des boucles temporelles et en sortir. Sur ce concept de base, Obata et Takeushi vont développer un récit sombre et quelque peu cynique sur l’absurdité de la guerre. Le manga se veut le plus fidèle possible au bouquin et prend le parti d’aborder les événements à travers les prismes de Keiji et Rita et de leurs réflexions personnelles.

 

Le premier tome se focalise sur Keiji et la manière dont il va faire face à sa prison temporelle tandis que le second se penche sur Rita et ses aptitudes hallucinantes au combat. Dans un premier temps, totalement déstabilisé par cette anomalie dont il est victime, le jeune homme va tenter de lui échapper par tous les moyens (désertion, suicide…) mais va vite se rendre compte qu’il ne peut échapper à son éternelle résurrection. Il va alors radicalement changé d’optique et va utiliser les boucles comme une manière de progresser au combat. En prenant à bras le corps le problème, Keiji va devenir beaucoup plus fort mais il va également se renfermer sur lui-même et devenir également plus cynique face à sa propre mort. Prenant pour modèle, Rita, la guerrière à la combinaison rouge, il va perfectionner ses techniques afin de pouvoir dézinguer un maximum de Mimics. Entre son admiration et ses sentiments naissants pour la «Fullmetal Bitch» et son désir profond de quitter sa boucle, Keiji va devoir faire des choix drastiques et s’endurcir. De son côté, Rita est une jeune fille douce et fragile qui a été obligée, compte tenu des circonstances, de devenir une véritable machine de guerre, armée d’une hache King Size. Elle n’a qu’une idée en tête: éradiquer les créatures jusqu’à la dernière.

 

Couv_218468Le récit colle ses personnages au plus près, empreintant au livre certains passages ainsi que son point de vue subjectif. L’ambiance fonctionne à merveille et les dessins de Obata sont de toute beauté. Le mangaka nous avait habitué à du très grand niveau avec Death Note et Bakuman, mais là, il va plus loin, l’histoire lui permettant plus de folies visuelles. Les planches sont extrêmement fouillées et bourrées de détails tandis que le trait est quand à lui, plein de finesse, permettant une vision globale claire. Alors, oui, il est vrai que parfois l’action paraît légèrement brouillonne, mais le découpage réussit malgré tout à la restituer au mieux. All You Need Is Kill parvient, en deux tomes, à nous faire vibrer et à nous plonger en pleine apocalypse temporelle, avec une certaine maestria. On peut toutefois regretter que la série ne compte pas un ou deux tomes supplémentaires, ce qui aurait permis de développer encore mieux le récit. Mais on ne fera pas la fine bouche et on restera pleinement satisfait du final, qui clôture le manga de manière intelligente et radicale. N’hésitez pas, c’est du tout bon!!!

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