On a lu… American Vampire – Tome 4 : Course contre la mort

On a lu… American Vampire – Tome 4 : Course contre la mort

Note de l'auteur

American Vampire – Tome 4

Bon, les marraines sorcières et les nuits d’Halloween light, c’est bien gentil mais faudrait voir à ne pas trop s’habituer. Car il s’agirait de ne pas être démuni quand on tombe nez à nez avec des vrais suceurs de sang. De ceux qui hantent les pages d’American Vampire dont le quatrième tome vient tout juste de sortir sous nos latitudes.

 

Nous avions laissé Pearl Jones, son mari Henry et Skinner Sweet après un combat dantesque dans le Pacifique durant la Seconde Guerre Mondiale. Avec ce quatrième tome, Course contre la mort, qui regroupe les épisodes #19 à #27 de la série, nous faisons un bond de quelques années pour nous retrouver en 1954. Changement d’époque et changement d’atmosphère donc, le rock’n roll débarque et avec lui son lot de rebelles en cuir.

 

Le premier sentiment qui nous étreint à la fin de la lecture de ce tome est la déception. Aussi incroyable que cela puisse paraître après trois tomes d’aventures incroyables qui revisitent la mythologie du vampire, ce nouvel opus nous frustre plus qu’il nous enthousiasme. La raison est simple : alors qu’on désire suivre les pérégrinations de Skinner Sweet et de Pearl Jones, ces épisodes préfèrent se focaliser sur d’autres personnages. Même si présents dans ces pages, nos deux vampires américains ont plus un second rôle qu’autre chose.

 

Travis Kidd

Frustration donc mais ce sentiment ne dure pas longtemps. Passée la barrière de la déception, force est de reconnaître que le récit est toujours aussi prenant et que les nouveaux personnages font le job plus que correctement. En fait, seul un nouveau personnage fait son apparition, il s’agit du jeune Travis Kidd chasseur de vampires de son état et bien décidé à faire la peau de Skinner. Lunette noire, blouson de cuir et moto, cette tête brûlée est l’archétype des jeunes de son époque tel qu’on les imagine aujourd’hui dans l’inconscient populaire.

 

Calvin gentil

Snyder arrive très vite à nous faire adhérer à ce nouvel adhérent. Il a de la gouaille, un bon sens de la répartie et sa hargne qui en font un personnage vraiment intéressant. On n’a qu’une hâte, c’est de voir comment il va interagir avec les personnages que nous connaissons déjà. Si Travis est le personnage principal des épisodes #22 à #25 de la série, les épisodes suivants se focalisent sur Calvin Poole, un personnage avec qui nous avions fait connaissance dans les opus précédents et qui s’avère être le troisième vampire américain de la série.

 

Contrairement à Sweet, Calvin n’est pas un enfant de salaud et à l’inverse de Pearl, il n’a pas décidé de mener une petite vie tranquille. En rejoignant les vassaux de Venus, Poole décide de consacrer sa vie à combattre les non-morts. Les épisodes qui lui sont consacrés permettent de développer un personnage qui s’avère très intéressant dans sa façon d’observer les choses et les gens. Dans un certains sens, cet arc renforce l’idée que ce tome est une transition entre deux grandes sagas de la même manière que les années 50 étaient une marmite bouillonnante sur le point d’exploser et de laisser libre court à toutes les revendications sociales des minorités.

 

Calvin moins gentil

Là encore, on a vraiment hâte de voir nos personnages préférés évoluer durant les années 60. Travis et Colin sont passionnants mais punaise, on veux Skinner et Pearl. Ne soyons pas injuste toutefois, Skinner est bel et bien présent dans les premiers épisodes de ce tome. Il s’agit cependant d’épisodes flash-back nous racontant une période de la vie du futur vampire. Situés en 1863 et 1871, ces épisodes nous éclairent un peu plus sur la personnalité de ce personnage hors du commun bien avant qu’il ne se fasse mordre. C’est également l’occasion de voir les liens que Sweet entretenait avec d’autres personnages de la série.

 

Si ces épisodes sont intéressants, il n’en reste pas moins qu’on désire avant tout connaître la suite de la saga. Cependant, le charisme des nouveaux protagonistes, le sens du rythme de Scott Snyder, les dessins toujours aussi excellents de Rafael Albuquerque et les rebondissements finaux de l’histoire font qu’on verra le verre à moitié plein (allez, même aux ¾) et qu’on profitera encore une fois d’une des meilleures histoires actuelles de vampire. Mais fait gaffe Scott, pour le prochain, je veux voir Pearl et Skinner à toutes les pages.

 

 

American Vampire (Vertigo Classique, Urban Comics, Vertigo) comprend les épisodes #19 à #27.

Écrit par Scott Snyder

Dessiné par Jordi Bernet (#19 à #21), Rafael Albuquerque (#22 à #25), Roger Cruz (#26) et Riccardo Burchielli (#27)

Prix : 17,50 €

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