On a lu… Arbos Anima (T. 1) de Kachou Hashimoto

On a lu… Arbos Anima (T. 1) de Kachou Hashimoto

Note de l'auteur

arbos-anima-manga-volume-1-simple-258742Après son monde post-apocalyptique rempli d’insectes mutants géants, la mangaka Kachou Hashimoto revient, toujours chez l’éditeur Glénat, avec un titre assez atypique. Avec son nouveau shônen, l’auteure plonge dans le bain de la botanique, dans une aventure exotique et fantastique. N’ayez crainte, Arbos Anima n’a pas pour objectif de vous apprendre l’art de la bouture ou du coup de sécateur, mais plutôt de vous embarquer dans un récit plein d’humour avec un premier tome sympathique, sortant des sentiers battus.

 

Nous voilà plongés au XIXe siècle, en Asie du Sud-Est, en compagnie de Noah, jeune botaniste amoureux des plantes. Faisant partie de la lignée des Lescott, il possède le pouvoir de lire dans les souvenirs des végétaux à travers leurs racines. Accompagné de Rudyard, un ancien pirate reconverti en garde du corps, il se voit confier une mission : mettre la main sur un lys unique en son genre en Europe. Traversant des contrées sauvages et verdoyantes, Noah, va se retrouver confronté à des collectionneurs peu scrupuleux pour qui les plantes et autres fleurs sont juste un moyen de s’enrichir auprès de hauts dignitaires européens. Avec Arbos Anima, Kachou Hashimoto explore une période méconnue de l’Histoire et relate l’engouement de certaines personnes de l’époque pour les végétaux et, plus particulièrement, pour les orchidées. En effet, ces plantes étaient alors extrêmement prisées et se revendaient à des prix exorbitants. Ce premier tome utilise donc ces événements en toile de fond pour dérouler son récit. La mangaka introduit ses personnages en nous livrant un minimum d’informations, mais ne dévoile aucunement les enjeux de son histoire. À ce stade, il paraît bien compliqué de prévoir ou d’anticiper les tenants et aboutissants du titre.

 

arbos-anima-visual-4Cependant, même si ce premier tome n’esquisse pas vraiment de ligne directrice, il n’en reste pas moins agréable et plaisant à lire. Tout d’abord, le sujet, assez inédit pour un shônen, apporte une réelle fraîcheur et nous donne à découvrir une œuvre assez différente de ce à quoi nous sommes habitués. Loin d’un énième shônen de baston misant sur la surenchère, Arbos Anima se présente plutôt comme un titre d’aventures mettant en scène un héros assez discret dont la seule particularité est de parler aux plantes. Nous sommes donc bien loin d’un Ichigo ou d’un Luffy et c’est clairement un bon point pour le titre, qui ne cherche aucunement à répéter ad nauseam le même schéma narratif que ses illustres aînés. Noah partage cependant avec ses prédécesseurs le même goût pour l’aventure. En outre, son côté intrépide et légèrement tête brûlée semble également le caractériser. Sa faculté de converser avec les plantes, à partir d’une racine ou d’une graine, donne lieu à de belles séquences, remarquablement mises en scène et une fois encore, bien que l’on ne sache pas vraiment quel sera le fil rouge et comment sa compétence sera exploitée, on ne peut qu’être agréablement surpris par le postulat de base. Moins sombre que le précédent titre de l’auteure, le très bon Cagaster, Arbos Anima se révèle, pour le moment, plus léger et plus humoristique. La relation qu’entretiennent Noah et son acolyte dévoué, Rudyard, donne lieu à des scènes comiques pleines de fraîcheur aux nombreux traits d’humour. Mais on sent également poindre un background plus douloureux concernant le poids de l’héritage de la famille Lescott et, à n’en pas douter, celui-ci refera surface dans les tomes à venir.

 

Côté dessin, on retrouve avec plaisir le trait qui nous avait plu dans la précédente série d’Hashimoto. Son graphisme fin et délicat embrasse le genre shônen et met en valeur un récit sans réel temps mort. Le découpage bien pensé permet une lecture fluide et le souci du détail apporté aux décors exotiques est l’occasion d’admirer certaines planches très réussies. Ce premier tome d’Arbos Anima fonctionne donc assez bien et remplit le contrat en termes d’introduction d’univers et de personnages. Toutefois, il est compliqué de se projeter afin d’anticiper sur les événements à venir. Pour le moment, ce nouveau titre du catalogue Glénat conserve une grande partie de ses secrets et il faudra lire les prochains tomes pour se faire une vraie opinion. On attend donc le second avant de se prononcer complètement. N’en demeure pas moins une introduction plutôt réussie qui, sait-on jamais, vous donnera peut-être envie de vous mettre au jardinage. Pourquoi pas…

 

Arbos Anima (T. 1) de Kachou Hashimoto, aux éditions Glénat

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