On a lu… Avengers vs X-men – Bilan

On a lu… Avengers vs X-men – Bilan

Couverture de Jim Cheung

Dans notre article précédent nous nous étions attardés sur les premiers épisodes de l’événement Avengers vs X-men. Avec la sortie du dernier numéro de la revue du même nom et de la fin de cette histoire, il nous a semblé judicieux de revenir sur ce bouleversement de l’univers Marvel… jusqu’au prochain.

Nous avions donc laissé nos super-slips divisés comme d’habitude en deux camps. D’un coté les X-men dirigés par les Phénix Five, ces cinq X-men (Cyclope, Emma Frost, Colossus, Magie et Namor) détenteurs du pouvoir du Phénix qui veulent changer le monde, et de l’autre les Vengeurs qui sont traqués pour s’être opposés aux X-men. Si la balance semble pencher pour les mutants, la découverte que la force Phénix se répartie sur les autres détenteurs en cas de mort de l’un des cinq x-men, apporte de l’espoir aux Vengeurs qui ont dans un même temps décidé d’entraîner Hope pour un ultime combat.

C’est un peu dans l’indifférence générale que se conclut cet événement qui allait tout bouleverser dans l’univers Marvel blablablablabla, vous connaissez le topo. Cette indifférence on la ressent autant dans l’accueil du public au fur et à mesure des numéros que chez les auteurs de plus en plus en mode automatique. Néanmoins sur la palanquée qui écrivirent ces douze numéros certains tirèrent leur épingle du jeu, on pense avant tout à Jason Aaron et Ed Brubaker qui ont su faire ressortir certains personnages au milieu de la grandiloquence de l’histoire. Avec un épisode comme celui où Spider-Man explique à Hope ce que c’est qu’être un Vengeur ou bien le passage où Captain America et Wolverine s’expliquent avec les poings, ces deux scénaristes nous montrent qu’ils ont bien compris la nécessité de mettre en avant des personnages afin qu’ils puissent servir d’ancre aux lecteurs et garantir une forte implication émotionnelle.

 

Avengers vs X-men #9

Car l’émotion fait partie des manques d’Avengers vs X-men et on ressent rarement quelque chose face aux événements et drames qui ponctuent l’aventure. C’est malheureusement un défaut récurrent des grands events que l’on retrouve ici et qui consiste à ne jamais bien imposer de figure forte tout du long de l’histoire. Car c’est une chose de vouloir faire des grandes batailles, et c’en est une autre de lui donner le souffle épique nécessaire par le biais d’icones héroïques. Tolkien l’avait bien compris en racontant Le seigneur des anneaux du point de vue des Hobbits ; on aurait espéré que la bande à Bendis aurait su reproduire la formule surtout pour un événement censé boucler une longue période commencée avec House of M.

C’est d’autant plus regrettable car après une première partie ennuyeuse, Avengers vs X-men a connu un regain d’intérêt avec l’émergence des Phénix Five et un Cyclope encore plus terrible à leur tête. Le soufflé retombe pourtant très vite car jamais les auteurs n’ont vraiment su exploiter le potentiel dramatique de leur histoire. On le perçoit pourtant quand, dans le numéro final, un Cyclope totalement rongé par le phénix noir croit apercevoir le temps de quelques secondes Jean Grey son amour de toujours. Tout comme le retour des mutants par le biais de la force Phénix et de la Sorcière Rouge (celle qui éradiqua les pouvoirs des mutants à la fin de House of M) qui arrive comme un cheveu sur la soupe, le parallèle avec la Saga du Phénix Noir n’est jamais vraiment exploité tout du long de l’histoire diminuant alors de beaucoup la mort de Charles Xavier.

De manière générale on sent dans Avengers vs X-men une envie de proposer des scènes chocs et des idées fortes mais celles-ci ne sont pas appuyées par une écriture solide. Au final le lecteur referme sa bd avec un sentiment de frustration : tout cela pour ça serait-on tenté de dire ? Il ne manquait pourtant pas grand chose pour faire de cette histoire un grand moment. Malgré la qualité des dessinateurs, il aurait peut-être fallu qu’un seul artiste soit sur la série afin d’apporter une cohérence graphique sur l’ensemble. On l’a déjà dit dans notre premier article mais le fait de reporter les combats dans des séries annexes appauvrit également l’histoire, mais au final on se demande si cet event ne paye pas les conséquences d’une mauvaise écriture des personnages et de certaines séries depuis des années. Le cas de la Sorcière Rouge passant de responsable d’un génocide à sauveur ultime d’un coup de baguette magique est révélateur des errances scénaristiques d’un éditeur dont on aimerait qu’il arrête d’être la Maison des idées pour (re)devenir la maison des personnages.

Malgré tous ces fabuleux aspects, Internet a ceci de fâcheux qu’il agit comme caisse de résonance sur l’impatience des consommateurs de produits culturels plus prompts à commenter les projets à venir que les œuvres venant de se terminer. C’est un phénomène pervers qui n’épargne d’ailleurs personne et dont les sociétés du divertissement usent et abusent afin de faire toujours parler d’elles. Ainsi l’événement Avengers vs X-men perd rapidement le faible intérêt qu’il avait du simple fait que Marvel l’ait relégué au rang de gros prologue de Marvel Now, la relance des titres Marvel

 

Hope Summers alias Le Phénix

Au terme d’Avengers vs X-men et du retour de la population mutante dans le monde, Captain America décide de ré-organiser les équipes des Vengeurs afin d’inclure des X-men. C’est un nouveau départ et l’occasion pour Marvel de faire un jeu de chaises musicales et de mettre de nouvelles équipes créatrices aux commandes d’anciennes et nouvelles séries. Brian Bendis, l’homme qui présida à la destinée des Vengeurs durant de nombreuses années cède sa place à Rick Remember et Jonathan Hickman, et va s’occuper des X-men ainsi que des séries cosmiques (Nova, Les gardiens de la galaxie) avec en tête le prochain film des Vengeurs.

A notre niveau on s’intéresse aussi à la manière dont Panini va gérer ce nouveau départ. Les premières annonces à ce sujet et les quelques infos qui traînent semble faire penser que l’éditeur va changer aussi sa politique éditoriale face au succès de celle d’Urban Comics. On espère par exemple voir des revues kiosques plus accessibles (dans la logique de leur gamme Classic) allant de pair avec une offre librairie proposant des séries récentes. Avec le succès des versions cinématographiques et la preuve par Urban qu’il y a une véritable demande pour un nouveau public si on sait l’adapter, Panini a toutes les cartes en main pour nous offrir de superbes moments de lectures. Déconne pas l’italien, je veux mon Captain America par Remender et Romita Jr !

 

Marvel Now

 

 

Avengers vs X-men, épisodes 1 à 6 (Revue Avengers vs X-men, Panini Comics, Marvel)

Ecrit par Brian M. Bendis, Jason Aaron, Ed Brubaker, Jonathan Hickman et Matt Fraction

Dessiné par Olivier Coipel et Adam Kubert

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