On a lu… Batman – Silence de Jeph Loeb et Jim Lee

On a lu… Batman – Silence de Jeph Loeb et Jim Lee

Batman – Silence

Cela a beau être l’année de Superman, on ne va pas pour autant laisser de coté le chevalier noir de la ville de Gotham surtout qu’avec Silence, le scénariste Jeph Loeb et le dessinateur Jim Lee nous offrent un véritable blockbuster de la chauve-souris.

L’homme qui a écrit le fameux Batman – Un Long Halloween s’associe au célèbre dessinateur des X-Men et de WildCATS pour un run de douze numéros sur un des plus célèbre personnage de la bande dessinée. Sur le papier le projet fait saliver et à l’arrivée le plaisir est bel et bien là malgré quelques défauts un brin agaçants.

Publié dans la série Batman à partir du numéro #608, Batman – Silence raconte la bataille que livre le chevalier noir de Gotham contre un adversaire mystérieux qui est arrivé à manipuler ses différents ennemis afin de le déstabiliser au plus haut niveau. Dans le même temps Batman va entamer une liaison avec Catwoman qui deviendra de plus en plus sérieuse puisqu’il lui avouera son identité secrète.

Ce qui est frappant à la lecture de cette saga qui s’inscrit dans la continuité d’une série composée de plus de 600 numéros c’est l’ingéniosité avec laquelle Loeb arrive à nous faire rentrer de plein pieds dans cette univers dense et à la galerie de personnage foisonnante sans que l’on soit une seule minute perdus. Si elle n’atteint pas les sommets qualitatifs d’autres grand runs (tel que celui de Miller ou de Morrison), Silence a pour elle la grande qualité d’être totalement accessible pour un nouveau lecteur et d’être une très agréable lecture pour un connaisseur de Batman.

 

La galerie des vilains

Le parti-pris de Loeb et Lee est simple : faire de ces douze numéros un véritable blockbuster sur papier. Construit sur la base d’une intrigue policière somme toute classique et portée par une raison personnelle (Batman voulant venger la mort de son ami d’enfance Thomas Elliot), Silence propose des épisodes passionnants et denses dans lequel notre héros croise la grande majorité de ses ennemis et de ses amis. Quasiment tout le monde est là : Catwoman, Poison Ivy, Killer-Croc, Double-Face, Harley Quinn, le Joker, l’Homme-Mystère et l’épouvantail coté tarés congénitaux et Robin, Nightwing, Jim Gordon, Alfred, Oracle, Huntress et Superman coté alliés. Sur le fil du rasoir se trouve Catwoman dont on ne sait si elle est l’alliée de Batman ou bien si elle joue un double jeu. Enfin comme souvent à cette époque le fantôme de Jason Todd (le deuxième Robin dont Batman se reproche la mort survenue dans l’histoire Un deuil dans la famille ressortie récemment chez Urban) traverse toute la saga.

Une saga illustrée de main de maître par un Jim Lee au sommet de son art. L’homme qui a magnifié les X-men offre ici des planches remarquables qui mettent en valeur Batman et toute la galerie de Gotham. Jouant parfaitement entre la lumière et les ténèbres, Lee retranscrit parfaitement le scénario d’un Jeph Loeb qui sait aussi bien faire combattre Batman dans les profondeur de la ville que mettre en lumière un Bruce Wayne dans les rues de Metropolis. A ce sujet l’apparition de Superman est également un régal tant on ressent la complicité baignée de respect entre les deux super-héros. Là aussi Jim Lee magnifie l’homme d’acier à tel point qu’on se demande encore comment il a pu rendre un travail aussi fade peu de temps après dans Superman – Pour Demain.

Les héros prêts au combat

Les grandes qualités de Silence sont, malheureusement, aussi ses défauts. En prenant le parti d’en faire une sorte de best-of de la chauve-souris, Loeb n’évite pas un certain automatisme dans l’apparition des personnages. Pour un peu on en arriverait à en extraire un schéma : Batman est sur un lieu, un ennemi classique de ce dernier apparaît, le combat et notre héros gagne, le tout appuyé par des monologues nous expliquant les origines de l’ennemi, ses motivations et son rôle dans l’intrigue actuelle. Bien qu’étant l’idéal pour une personne ne connaissant pas l’univers de Batman, ce procédé n’en devient pas moins lourd au bout de la quatrième ou cinquième fois.

On regrettera également une conclusion trop rapide ainsi que certaines révélations assez étranges tant elle semble sortir de nulle part. Pour autant Batman -Silence reste un excellent run, de ceux à mettre dans toutes les mains sans crainte de ne rien y comprendre. Loeb et Lee ont réussi leur pari de faire un véritable blockbuster de la chauve-souris en offrant plus d’action et de Batman dans ces pages que dans l’intégralité de la récente trilogie cinématographique.

 

 

Batman -Silence (Urban Comics, DC Comics)

Ecrit par Jeph Loeb

Dessinée par Jim Lee

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