On a lu… Billy Bat (T.7)

On a lu… Billy Bat (T.7)

Note de l'auteur

L’attente entre chaque tome est longue, interminable, voire douloureuse, et pourtant quand je tiens un nouveau volume de cette série entre mes mains, je n’ai pas envie de le commencer trop vite… Comme pour repousser le moment fatidique où j’arriverai à la fin et tournerai la dernière page.

 

Le tome 7 de Billy Bat est sorti il y a quelques jours et j’ai attendu tant que j’ai pu, c’est à dire pas très longtemps. Une fois ma lecture terminée, j’ai senti, comme à chaque fois, un état de manque. Ce titre me rend complètement dingue, et tel un vrai junkie, j’en veux toujours plus. Je vous en parlais il y a peu, sur les pages du Daily Mars et vous avais mis en garde contre l’addiction engendrée par cette série des talentueux Naoki Urasawa et Takashi Nagasaki, éditée chez Pika Editions.

 

Pour ceux et celles qui auraient la flemme de lire ma première chronique sur le sujet (vous avez tort !), je vais m’efforcer de vous faire un debrief succinct: Kevin Yamagata, jeune Japonais résident aux USA, est l’auteur de la BD à succès, Billy Bat, mettant en scène une chauve-souris détective, façon vieux polar hollywoodien. Petite particularité, sa création de papier, qui n’est pas vraiment la sienne (allez lire la 1ère chronique, quand même, je vous assure) prend un jour forme dans la réalité et le jeune homme peut même converser avec elle. À travers ses apparitions, la chauve-souris tente d’influer sur le Destin. Mais Kevin n’est pas le seul à avoir le privilège de communiquer avec elle : bien des personnes peuvent ou ont pu la voir à travers l’histoire de l’humanité. De la crucifixion du Christ jusqu’à l’alunissage, en passant par la naissance du Ku Klux Klan, le personnage ailé est présent lors de tous les grands événements…

 

Au fur et à mesure que les différents protagonistes se croisent et se rencontrent, les pièces du puzzle se mettent en place. Malgré tout, on est loin de connaître tous les tenants et aboutissants de l’histoire et bien des parts d’ombre demeurent. Ici, les auteurs nous décrivent les jours et heures précédant un attentat célèbre (JFK, ça vous dit quelque chose?). Avec une maîtrise du suspense et une maestria assez remarquable, ils multiplient les pistes, ferment les portes et en ouvrent d’autres. La tension est présente à chaque case, sur chaque planche, et le lecteur, plongé en pleine guerre froide, est totalement happé, intrigué et manipulé. De manipulation, il n’est d’ailleurs question que de ça dans Billy Bat. De manipulation et de paranoïa ! Lecteurs ou personnages, tout le monde se fait joyeusement balader et c’est simplement jouissif. Les deux mangakas, à l’instar de leur énigmatique chauve-souris, maîtrisent le cours des événements et tous les éléments de l’histoire.

 

Les personnages se débattent et tentent de déjouer le destin, mais rien n’y fait, tout est déjà écrit (ou dessiné pour le coup). L’Histoire est en marche, les pions sont placés sur l’échiquier et chacun a son rôle à jouer. Si pour certains, celui-ci est évident (pauvre Oswald), pour la majorité, il reste très obscur. Une tonne de points d’interrogation flottent encore sur le récit et on sent qu’Urasawa et Nagasaki ont encore pas mal de cartes à abattre.

 

La drogue, c’est pas bien, à part si elle s’appelle Billy Bat ! Dans ce cas-là, ne résistez pas : vous allez connaître l’extase !

Partager