On a lu… Bleach (T. 70) de Tite Kubo

On a lu… Bleach (T. 70) de Tite Kubo

Note de l'auteur

9782344017425_cgTremblez lecteurs ! Ce nouveau tome de Bleach propose certainement l’un des combats les plus « what the fuck?! » qu’on ait eu l’occasion de voir dans la série. La fin approchant, Tite Kubo lâche tous les chevaux sous le moteur et chaque tome est l’occasion pour lui de faire absolument tout et n’importe quoi. Après avoir fait revenir une pléiade de personnages de nulle part juste pour un dernier baroud d’honneur, voilà qu’il nous balance une scène de fight complètement incroyable et invraisemblable. En un sens, hallucinant…

 

Bon, oui, je ne le répéterai jamais assez, ça fait un bail que le shônen de Tite Kubo tourne à vide. Trop de personnages, trop de level-up dans tous les sens et surtout trop d’intrigues inégales. Bref, arrivé au soixante-dixième tome, on est plus que rôdé et les attentes ont été sérieusement revues à la baisse. Toutefois, une des grandes et principales qualités de Bleach reste son dessin somptueux. Le mangaka, très certainement l’un des plus doués de sa génération, a atteint un niveau graphique sans commune mesure et nous gratifie tome après tome, d’un trait d’une incroyable finesse et d’une parfaite maîtrise. Heureusement me direz-vous, car c’est très certainement ce qui fait tenir beaucoup de lecteurs, dont votre humble serviteur. Nous sommes donc en plein arc final, opposant Shinigami et Quincy, l’occasion pour Kubo de jeter ses dernières forces dans la bataille. Après une ribambelle de combats plus ou moins inspirés, voilà qu’il nous balance pour ce tome 70, une scène de baston assez lunaire dans laquelle le Capitaine Mayuri Kurotsuchi se bat contre le bras gauche du Roi Spirituel, Pernida Parnkgjas. Et quand je dis « bras gauche », ce n’est pas une figure de style comme quand on parle du bras droit de quelqu’un. Non, non, ici, il s’agit littéralement du bras gauche du Roi Spirituel. Un bras géant, surmonté d’une main toute aussi géante, sur laquelle se trouve un œil à deux pupilles, lui aussi géant. Vous voyez le tableau… ?!

 

imagesQui de mieux que ce taré de savant fou de Kurotsuchi pour affronter une telle monstruosité ? Son personnage a toujours été l’illuminé de la bande, fan d’expérimentations en tout genre et de modifications génétiques éthiquement contestables. Le Capitaine voit en Pernida, un sujet unique qu’il compte bien récupérer pour l’étudier dans son labo du petit chimiste. C’est donc parti pour un face à face improbable comme seul Tite Kubo en a le secret. Ne reculant devant rien en termes de chara-design, l’auteur s’éclate visiblement comme un petit dingue. Comme souvent, le combat a de la gueule et nous en met plein la vue, à ce niveau-là, aucun problème. Malheureusement, bien incapable qu’il semble l’être à gérer de front tous ses personnages, Kubo compartimente son récit, délaissant à chaque tome, un grand nombre de protagonistes qui se retrouvent un peu perdus dans la nature, à l’image de Ichigo, que l’on n’a pas vu depuis pas mal de temps déjà. Résultat, on finit par oublier le récit dans sa globalité ainsi que ses enjeux. Ce manque de visibilité se traduit par un désintéressement total pour l’histoire, qui passe au second plan. On suit le parcours des différents protagonistes dans un va-et-vient chaotique où l’on ne sait plus vraiment qui est où, qui fait quoi et qui est avec qui. Et on serait presque tenté de dire qu’on s’en fout tant que c’est beau…

 

Un bien triste constat pour un titre qui a fait les grandes heures du Jump et de Glénat, son éditeur français. Plus que quelques tomes et on pourra dire au revoir à Bleach. Des adieux qui sonneront comme un soulagement pour beaucoup, tant la série s’est perdue dans les méandres de sa propre mythologie. N’en demeure pas moins que Bleach est et restera l’un des très gros hits des années 2000. Les critiques a son égard sont légions et pourtant, une poignée d’irréductibles lecteurs, dont je fais partie, sont toujours présents. Et aussi masochiste que cela puisse paraître, ils le seront jusqu’au bout. Ce tome 70 est donc le dernier virage avant la ligne droite et autant vous dire qu’il est assez dingue. Et que l’on y soit réceptif ou pas, une telle démesure force tout de même un peu le respect. Rendez-vous au tome 71…

 

Bleach (T. 70) de Tite Kubo, aux éditions Glénat

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