On a lu… Cagaster (T.1) de Kachou Hashimoto

On a lu… Cagaster (T.1) de Kachou Hashimoto

Note de l'auteur

cagaster-t1Japan Expo oblige, j’ai fait le plein de titres en tous genres et après avoir rencontré Kachou Hashimoto, je me suis décidé à me lancer dans le premier tome de Cagaster publié chez Glénat. Je dois l’avouer, je n’étais pas forcément emballé par le pitch de base et pourtant, force est de constater que cette première incursion dans l’univers de Cagaster m’a bien plu.

 

Commençons par son développement, très particulier. Contrairement aux autres titres, Cagaster n’est jamais passé par la case éditeur au Japon. La mangaka Kachou Hashimoto, en autodidacte avisée, a travaillé pendant de nombreuses années sur son bébé, sans l’aide d’éditeurs, ni même d’assistants. Une somme de travail énorme mais qui est assortie d’une totale liberté à tous les niveaux. Quand on connaît un temps soit peu le système éditorial nippon en ce qui concerne les mangas, on se rend compte du chemin de croix qu’il s’est évité. Car la route pour voir son titre sous forme de tomes est longue, et souvent douloureuse et éreintante. Entre la pression des grosses maisons d’édition, les votes des lecteurs qui tombent régulièrement et qui influent sur la durée de vie d’une série et le rythme effréné qui impacte fortement la santé, on se dit que Kachou Hashimoto a fait le bon choix. Alors certes, c’est au détriment des possibilités promotionnelles et le manga ne pourra jamais connaître la carrière d’un Bleach ou d’un One Piece, mais il faut saluer le choix de l’auteure. Du coup, Cagaster est en libre accès sur le Net mais c’est bien des tomes qui débarquent chez nous. C’est lors du Comiket (abréviation de Comic Market), la plus grande convention manga et anime du monde, à Tokyo, que Glénat a déniché le manga de Kachou Hashimoto et ils ont décidé de le ramener dans leurs valises pour une sortie pile-poil pendant la Japan Expo.

 

cagaster-t1 (1)A la fin du XXIème siècle, une étrange maladie nommée Cagaster décime les deux tiers de l’humanité. Les porteurs de la maladie se transforment en quelques minutes en insectes géants cannibales. Le continent eurasiatique est scindé en deux: à l’est, la vie tente de subsister, les survivants vivent dans des villes en ruines remplies d’orphelins, de piliers de bar et de voleurs à la sauvette mais ils essayent de rebâtir une nouvelle civilisations. A l’ouest, les insectes se sont confectionné des nids géants dans les villes abandonnées, qu’on appelle «cages». Kidow est dératiseur d’un nouveau genre, il est un exterminateur, sorte de mercenaire super-entraîné qui dégomme de la termite géante à tout va. Il va tomber sur Ilie, une jeune fille qui vient de perdre son père et qui va devoir faire face à un monde trop violent pour elle mais heureusement, Kidow accepte de la prendre sous son aile. Sur cette base post-apocalyptique, Cagaster offre un premier tome convaincant à défaut d’être totalement innovant. L’univers semble solide et pensé et les personnages sont bien introduits et intéressants, avec quelques seconds rôles comme Mario, le barman travesti, qui valent le détour. On explore de manière succincte les différentes zones géographiques avec à chaque fois des problématiques différentes. Kachou Hashimoto trouve le juste équilibre entre enjeux majeurs et sous-intrigues sans jamais s’éparpiller, de même qu’elle arrive à injecter de l’humour dans un titre plutôt sérieux. On a bien droit à une ou deux scènes d’action réussies avec une montée progressive dans la violence, tout en restant dans la retenue. Sous ses airs de shônen, Cagaster lorgne gentiment du côté du seinen et c’est tout à son honneur.

 

Au niveau du graphisme, c’est propre et agréable bien qu’un peu rétro. On peut reprocher aux planches de ne pas être toujours très détaillé mais ça ne gâche pas la lecture, d’autant que le découpage est dynamique et pallie les quelques petits défauts. Plaisant à lire, riche d’un univers solide et de personnages attachants, ce premier tome de Cagaster est une réelle surprise. Jusqu’ici, bonne pioche pour Glénat.

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