On a lu… Cagaster (T.2) de Kachou Hashimoto

On a lu… Cagaster (T.2) de Kachou Hashimoto

Note de l'auteur

cagaster,-tome-2-502700Le premier tome avait été une bonne surprise et ce second tome confirme tout le bien que je pense du titre de Kashou Hashimoto. La lutte des hommes contre les insectes se poursuit et apporte son lot de surprises. Prenez votre bombe anti moustiques, vous en aurez besoin!

 

Petit rappel des faits: A la fin du XIIème siècle est apparu Cagaster, un étrange virus qui transforme les hommes en insectes géants. La majeure partie de l’Extrême-Orient a dû être abandonnée et est devenue le territoire des bestioles qui y ont construit leurs nids, appelés «cages». L’armée doit travailler main dans la main avec les Exterminateurs, devenus experts dans l’art de tuer les cafards king-size. Kidow est l’un d’entre eux, certainement le meilleur et lors d’une mission, il sauve la jeune Ilie et la ramène dans son village. Alors qu’à la base, soyons francs, on ne misait pas grand chose sur ce titre avec ses airs de shônen basique, force est de constater que Cagaster est plus profond que l’on aurait pu imaginer. Ce second opus se focalise sur les relations troubles entre les Exterminateurs et l’armée ainsi que sur le passé de Kidow. Dès les première page, ce dernier se retrouve face à un tueur d’un genre un peu particulier puisque il est mi-homme/mi-insecte. Alors que l’on sait qu’il ne faut pas plus de vingt minutes pour que la mutation soit complète, ce mystérieux personnage semble s’être stabilisé à un stade intermédiaire. Plus totalement humain (il a quand même de grosses papattes qui lui sortent du corps), il est encore doué de raison et parvient à parler. Kidow s’en retrouve complètement déstabilisé et manque de se faire réduire en charpie. Le lecteur est quand à lui ébranlé et remet en question les bases posées lors du premier tome.

 

cagaster-visual-5Très rapidement, on entrevoit des parcelles de ce qui semble être un complot à grande échelle. Kachou Hashimoto gère jusqu’ici parfaitement son récit et elle semble avoir une ligne conductrice. Elle élargit son univers en y incorporant des enjeux bien plus importants dans une intrigue à tiroirs et très franchement, on ne s’en plaindra pas. D’autant que le lecteur n’était pas préparé à ce que le titre s’éloigne de sa route principale, en raison de la durée de la série plutôt courte (9 tomes). La mangaka prend le temps de développer ses personnages, même les secondaires et met en scène, ici, une douloureuse histoire de rédemption et de pardon. Une fois encore, elle vient nous secouer au moment le plus inattendu, avec une scène choc et déchirante qui tire clairement le titre vers le haut. De shônen plutôt sage, elle pousse son manga vers du seinen plus mâture et une fois de plus, c’est une excellente chose.

 

Dans le dernier tiers du tome, elle revient donc sur le passé de Kidow, à travers un long flash-back. Bien que ce procédé narratif soit très redondant dans le manga, ici il ne sert pas juste à mieux connaître un personnage puisqu’il nous donne des informations sur les prémices des affrontements avec les infectés. A travers des questions comme «à partir de quand peut-on considérer qu’un être n’est plus humain?» ou «quelle est la frontière entre la survie et le meurtre?», Kashou Hashimoto élève le propos et nous renvoie à notre propre humanité. On découvre la jeunesse de Kidow, les horreurs auxquelles il a dû faire face et les raisons qui l’ont poussé à devenir aussi taciturne. Alors qu’on aurait pu croire que ce second tome serait un cran en-dessous du premier, on ne peut être que agréablement surpris de voir que ce n’est pas le cas. Jusqu’ici, c’est un quasi sans fautes et on espère de tout cœur que la suite sera de la même trempe.

Retrouvez la critique du tome 1 ici.

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