On a lu Castillon (juillet 1453), Champs d’honneur de Gloris, Parma et Fogolin

On a lu Castillon (juillet 1453), Champs d’honneur de Gloris, Parma et Fogolin

Note de l'auteur

Bataille décisive, Castillon marque la reconstitution du royaume de France. Ou comment apprend-on à devenir français par le sang et les armes en 1453. Deuxième rendez-vous de ce pentagramme historique.

L’histoire : À quoi la domination anglaise sur une partie historique du royaume de France a-t-elle tenu à la moitié du XVe siècle ? À Castillon, pas la plus connue des victoires françaises, mais assurément une des plus importantes. Un succès qui marque aussi l’avènement d’un nouvel art de la guerre et la (re)naissance d’un pays jusque-là perdu dans ses luttes intestines.CHAMPS DHONNEUR CASTILLON_INT.indd

Mon avis : Deuxième tome de la série historique « Champs d’honneur », après Valmy, Castillon permet de mieux appréhender l’histoire de notre pays où nos ancêtres ne sont pas tous gaulois. Castillon, c’est aussi le combat final en mano a mano entre la dynastie des Valois et celle des Plantagenêt. Une bataille en conclusion d’une guerre qui dura cent ans entre le royaume de France et Albion, perfide par définition.

On y est et on la vit cette période troublée où Charles VII unit son pays sur l’autel des armées. Bouter l’Angloys hors du continent, le renvoyer dans son île, c’est la mission confiée à la Pucelle d’Orléans et aux maréchaux de Lohéac et de Culant et à l’amiral de Bueil. Jeanne d’Arc montrera la voie et son sacrifice ne sera pas vain. 22 ans plus tard, Talbot et ses sbires sont renvoyés par-delà la Manche après la reconquête de la Normandie puis de la Guyenne. Mais au détour d’une traîtrise gasconne et donc bordelaise, l’envahisseur revient sur le sol national. S’en suit la victoire sise au sud de la Belle endormie.

C’est une victoire défensive, une victoire tactique. On força les Goddons à se montrer hardis et on les punit. Grâce aux nouvelles armes de destruction massive des frères Bureau. Ils introduisirent l’artillerie sur les champs de bataille. Les Anglais furent criblés de plomb, leurs armures totalement défaillantes. C’est un succès, peu chevaleresque, mais diablement important.

L’unification du royaume de France fut acquise. Les armées de Charles VII furent vues comme des libératrices. Au contraire de celles d’Henri VI. Le sentiment national, l’envie de vivre dans les mêmes frontières et de mourir ensemble pour les défendre étaient constitués. Un récit plaisant et également prenant. Mission réussie.

CHAMPS DHONNEUR CASTILLON_INT.inddSi vous aimez : L’Art de la guerre de Sun Tzu et l’Histoire de France, des Capétiens aux Bourbons en passant par les Valois.

En accompagnement : Une bonne encyclopédie pour resituer cette période lointaine de notre roman national.

Autour de la BD : Thierry Gloris est un habitué de la BD historique, il est fidèle à son talent et à ses précédentes œuvres. Au crayon, c’est cette fois Gabriele Parma qui s’y colle après Emiliano Zarcone pour Valmy. La fibre italienne demeure. On se régale du réalisme de son dessin.

Extraits : « Une guerre ne se gagne pas sur un champ de bataille. Certes, le combat est un mal nécessaire. Mais il ne permet en aucun cas de conquérir les cœurs d’un peuple. La victoire finale appartient à celui qui réussit à imposer la paix. Pour cela, il est essentiel de rassembler tous les partis autour de soi. » Charles VII, roi de France.

Sortie : 31 août 2016, Delcourt, collection Histoire et Histoires, 64 pages, 15,50€.

 

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