On a lu… Chicagoland de Fabrice Colin et Sacha Goerg

On a lu… Chicagoland de Fabrice Colin et Sacha Goerg

Note de l'auteur

chicagoland_1Bienvenue dans le Chicago des années 50, son atmosphère pluvieuse, ses femmes émancipées, son machisme et ses meurtres dans ce one-shot adapté d’un récit de R.J. Ellory.

L’histoire : Maryanne a perdu sa sœur. Elle a été étranglée. Aujourd’hui, c’est le jour où son meurtrier doit passer sur la chaise électrique. Oui, mais est-ce vraiment lui qui a tué Carole ?

Mon avis : Il s’agit d’un récit en triptyque. Trois points de vues s’affrontent et se font face pour savoir : qui est le meurtrier ? Et dans ce cas, qui est le responsable ? La première partie est celle donnant le point de vue de Maryanne, entourée de nuances de bleus et de gris, suivie de celle de Robert, l’enquêteur responsable de l’arrestation de l’assassin, Lewis. C’est ce dernier qui clôt le récit, et donne une plus grande coloration au récit, avec l’apparition franche du rouge, dans une veste, du sang, des murs… Cette couleur est le vrai fil de l’album, celui du rouge à lèvre préféré de Carole et cela même si c’est le blanc qui clôt l’histoire.

chicagoland_4Nous voici dans une enquête mais aussi un roman d’atmosphère qui, une fois lu, laisse encore des questions en suspens. L’atmosphère pluvieuse et lourde est très bien rendue par le dessin en aquarelle de Sacha Goerg, connu aussi pour son travail sur la bande dessinée collective Les autres Gens. La division en trois histoires qui représentent aussi trois instants différents, permet de donner un peu de punch à un récit somme toute assez mélancolique. Carole reste morte. Le tableau dessiné est triste comme un jour de pluie, toute en emmenant son lecteur jusqu’à la fin. On a envie de savoir : pourquoi Carole est-elle morte. Un petit polar, sur un crime qui peut sembler banal, après tout, elle n’était qu’institutrice, mais qui parvient à toucher son lecteur.

C’est l’histoire d’un procès, de vies touchées. C’est joli comme une image de Polaroïd.

Si vous aimez : Les pluies fines qui trempent jusqu’à l’os.

Autour de la BD : L’ouvrage a déjà été pré-publié cet été dans Le Parisien magazine.

En accompagnement : Un bon vieux morceau de Billie Holiday.

Extrait : « -Pressez juste mon bras. Je vous sortirai d’ici.
– Ça n’arrivera pas.
– Je vous demande pardon ?
– Moi, vous serrant le bras ? Aucun risque. Parce que je veux voir cet homme crever, vous comprenez ? Je veux qu’il crève pour de bon.
– D’accord, Mademoiselle Shaw.
– Je me sens tellement seule. »

Sortie : le 9 septembre 2015, éditions Delcourt/ Mirages, 128 pages, 15,95 euros.

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