On a lu… Clone – Tome 1 : Première Génération

On a lu… Clone – Tome 1 : Première Génération

Note de l'auteur
Clone - Tome 1

Clone – Tome 1

On continue avec Delcourt aujourd’hui. Après les histoires du corbeau vengeur, plongeons-nous maintenant dans Clone, un thriller fantastique qui ne paye pas de mine au premier abord avec son pitch peu original mais qui pourtant révèle énormément de qualités à la lecture.

 

Faisons simple, faisons bref. Ecrit par David Schulner (scénariste et producteur pour la télé avec notamment Desperate Housewives et The Event) et dessiné par Juan José Ryp, Clone est une des dernières créations d’Image mais surtout du studio Skybound à qui l’on doit quelques titres confidentiels tel qu’Invincible et Walking Dead. Oui en effet, là tout de suite ça devient un peu plus intéressant. A priori on a confiance et ça fait envie. Pourtant la lecture du pitch refroidit quelque peu les ardeurs.

 

Un chouette job, une belle maison, une adorable épouse enceinte… La vie en apparence parfaite du docteur Taylor vire au cauchemar quand un double de lui-même débarque chez lui, agonisant, pour lui apprendre qu’il n’est qu’un clone parmi tant d’autres. Il lui révèle également que des hommes du gouvernement sont après lui, sa femme et leur futur enfant. Qui sont-ils ? Et lui, qui est-il réellement ?

 

On le voit l’idée de base de cette nouvelle série est tout ce qu’il y a de plus classique. « Je ne suis pas moi, je suis un clone » on a beau compatir (même si sexuellement cela peut ouvrir quelques perspectives intéressantes, me susurre ma charmante épouse) on pourrait rétorquer à Luke qu’il n’est pas le premier à vivre ce genre de choses. Hé ho t’es mignon Luke mais Arnie¹ a déjà eu ce genre de problème alors va falloir que tu gères.

 

Comme souvent c’est le traitement qui fait la différence. Car si l’histoire de Clone ne part pas sur une idée originale, celle-ci est embellie par une multitude de petites et bonnes idées qui transforment l’ensemble en un récit sinon original, au moins totalement passionnant.

 

« Je suis Luke »
« Non mon gars. Si tu es Luke, alors qui suis je ? Tu es Serge. Tout le monde ici est Serge. Ils sont tous moi. Je ne suis pas eux »

 

Clone #1

Clone #1

Première idée à mettre au crédit de la série : il n’y a pas un clone mais beaucoup, beaucoup plus. Schulner et Ryp ont d’ailleurs beau nous montrer (via trois cases disséminées dans le récit) la multitude des clones, on ne peut être certain que d’une chose : il y en encore beaucoup plus. Ces clones aussi nombreux que les éléments de langage d’un homme politique, permettent aux auteurs de disposer d’un vivier quasi-inépuisable de personnages.

 

Ainsi on peut découvrir dans les cinq premiers épisodes qui composent ce tome non seulement Luke le héros de l’histoire, mais également Foster qui va lui faire découvrir la vérité sur sa naissance. Il fait partie d’un groupe secret aidant les différents clones à survivre à la traque d’une agence du gouvernement, emmenée notamment par Patrick un autre clone bien décidé à tuer tous ses frangins

 

"et après on en fait du Soleil Vert"

« et après on en fait du Soleil Vert »

Au fur et à mesure de la lecture on prend conscience de la solidité du récit, notamment par son excellent dosage entre une histoire globale composée de complots, de scènes d’action et de manigances politiques, et une histoire plus intime qui nourrit l’ensemble et nous permet d’apporter un fort ancrage émotionnel. C’est par exemple la femme et le tout jeune bébé de Luke qui se font kidnapper, et qui sont la raison qui pousse Luke à se jeter à corps perdu dans la bataille. C’est également le dilemme du vice-président du pays qui doit faire le choix de voter une loi contre les travaux sur les manipulations génétiques sachant que sa propre fille, atteinte de la maladie de Parkinson, pourrait guérir grâce à ces travaux.

 

Cet équilibre donne à la série une ambiance très particulière et appréciable. On sent vraiment que c’est l’homme commun comme vous et moi (enfin surtout comme vous) qui est concerné. Le dessin de Ryp participe également à cette atmosphère, il arrive notamment à créer des personnages féminins très crédibles sans jamais verser dans la représentation sexy à outrance. On peut également noter sa capacité à personnifier les différents clones via leurs postures, leurs vêtements, leur façon de parler etc etc.

 

Récit très rythmé, sans réel temps morts et qui ne prend pas trois plombes dans son introduction, Clone a de plus un tel potentiel encore inexploré qu’on espère voir exploité à son maximum. Voilà donc une excellente surprise que Delcourt nous propose ici.

 

 

 

 

Clone – Tome 1 : Première génération (Contrebande, Delcourt, Image) comprend les épisodes de Clone #1 à #5

Ecrit par David Schulner

Dessiné par Juan José Ryp

Prix : 15.95 €

 

 

 

¹ Comment ça plus personne ne se souvient d’A l’aube du sixième jour ?

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