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On a lu… Daytime Shooting Star (T. 1 & 2) de Yamamori Mika

On a lu… Daytime Shooting Star (T. 1 & 2) de Yamamori Mika

Note de l'auteur

A l’occasion de la Japan Expo, l’éditeur Kana en a profité pour sortir les deux premiers tomes du nouveau shôjo, Daytime Shooting Star. Au programme : un peu d’humour, un collège, un quatuor amoureux et de grands yeux tout kawai… Une lecture pas désagréable, voir sympathique mais sans grandes surprises, ni même de valeur ajoutée.

 

A tout juste 15 ans, Suzume Yosano, quitte sa campagne natale, un peu contrainte et se retrouve hébergée par son oncle dans la capitale nippone. Loin de sa petite bourgade où tout le monde la connaît, elle se heurte à la foule compacte et la frénésie de Tokyo. C’est alors qu’elle fait la rencontre de Shishio, son nouveau prof principal. Le jeune homme attentionné envers ses élèves et apprécié de tous, trouble quelque peu la jeune fille. Suzume doit alors composer avec sa nouvelle vie, ses nouveaux amis Mamura et Yuyuka et surtout elle doit faire face à la déferlante de sentiments qu’elle ressent en présence de Shishio. Daytime Shooting Star est une chronique adolescente sur la quête d’identité et les premiers émois. Bien entendu, le titre s’adresse en priorité aux jeunes filles et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne m’a pas vraiment touché ou parlé.

 

Cependant, le titre n’est pas mauvais et propose une approche classique mais plutôt bien menée de la rom-com collégienne. Suzume ne tombe pas dans le cliché de la jeune fille en fleur quelque peu décérébrée. Elle est submergée par beaucoup de changements et tente de faire face à une nouvelle vie bien plus chaotique que l’ancienne. L’auteur parvient à rendre compte des questionnements et des états d’âme de l’adolescente, en restant au plus près d’elle. Jamais il ne la quitte et c’est réellement elle qui guide le récit. Autour d’elle, gravite donc Shishio, un bellâtre comme on en retrouve dans tous les shôjo, c’est-à-dire, un beau gosse faussement cool et parfaitement lisse. Le personnage peine franchement à exister en dehors du regard enamouré de Suzume et on se demande finalement ce qu’elle lui trouve. De leur côté, ses camarades de classe, Mamaru et Yuyuka servent à rajouter une complexité toute relative à ces amourettes déjà compliquées. Mamaru est un collégien énigmatique et très renfermé qui peu à peu s’éprend de Suzume tandis que Yuyuka, est une gentille méchante, qui est elle-même, éprise de lui. Bref, c’est le bordel au collège de cœurs (bientôt) brisés !

Mamura_and_Suzume

Ce qui est assez étrange et plutôt drôle, c’est qu’à la lecture de Daytime Shooting Star, j’ai pensé à un autre titre, également édité chez Kana et dont les deux premiers tomes sont sortis en début de mois. Je les ai d’ailleurs chroniqué ici. Il s’agit de Lesson of the Evil. Au rang des similitudes, le milieu scolaire, un prof très proche de ses élèves et trop parfait pour être honnête, une relation interdite et les difficultés de vivre son adolescence. Mais la grosse différence, c’est que l’un est un shôjo destiné aux jeunes filles tandis que l’autre est un seinen relativement dark et tordu pour jeunes adultes. Daytime Shooting Star est la face rose bonbon, plus introspective et poétique de Lesson of the Evil. Peut-être n’y aura t-il que moi pour faire cette comparaison mais pourtant, ça m’a sauté aux yeux. Inutile de vous dire lequel de ses deux titres m’a le plus parlé.

 

Sur la forme, le dessin colle aux canons du genre. Le trait est fin et épuré, les lignes sont claires et bien que ce type de graphisme ne soit pas ma tasse de thé, l’ensemble est soigné. Le chara-design reprend les codes du shôjo, les filles ont de grands yeux surdimensionnés et les garçons ont tous un côté androgyne, bref rien de bien nouveau. Mais ce qui me saoule le plus finalement dans ce genre de titre, c’est la quasi absence de décors en fond. La majorité des cases ne possède pas de fond car celui-ci est remplacé par des formes sensées évoquer le ressenti et les émotions des personnages. Du coup, on se tape des effets à base de scintillements ou de petites bulles qui flottent. J’ai, pour ma part, toujours trouvé ça parfaitement niais et plutôt paresseux mais bon, encore une fois, je ne suis pas le public visé. En fin de compte, ces deux premiers tomes de Daytime Shooting Star sauront certainement trouver leur cible. Malgré le classicisme de l’histoire et ses personnages très archétypaux, ce nouveau titre du catalogue Kana reste sympathique et peut, sait-on jamais, réserver quelques surprises. On verra bien…

 

Daytime Shooting Star de Yamamori Mika, aux éditions Kana

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